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jeudi 15 novembre 2012

Romanée Conti 2005 à 18 000 euros!

Vu aux Galeries Lafayette Gourmet à Paris:

Romanée Conti 2005 à.... 18 000€! Du n'importe quoi!

Pourquoi pratiquer un tel prix? Pour être sûr de ne pas la vendre, certainement...

N'oublions pas que le vin reste et restera une boisson de raisins fermentés et le rêve ne peut et ne doit pas atteindre ces sommets de bêtise.

A bon entendeur...

dimanche 14 octobre 2012

In vino satanas!

Que ça fait du bien de lire un livre qui va à l'encontre de la pensée hygiéniste et moralisatrice dominante actuellement en France dans le monde du vin.

Je vous invite à lire l'ouvrage de Denis Savérot et Benoist Simmat "In Vino Satanas!" (Edition Albin Michel - 16€ TTC).

Ce livre nous fait déambuler gaiment dans les coulisses du monde du vin en distillant quelques vérités sur notamment les conflits d'intérêts entre les organismes de statistique sur le vin en France et les organismes qui luttent contre l'alcoolisme.

Outre le démontage classique du chiffre de 50 litres de vin consommé par an et par français (ce chiffre ne comprenant pas tous les touristes qui consomment du vin sur notre territoire chaque année ou même le commerce trans-frontalier), on apprend également que les statistiques des accidentés de la route pour cause d'alcool pourraient être aussi sciemment manipulées (un accident de la route impliquant un véhicule avec un passager en état d'ébriété, deux passagers et le conducteur sobres comptera pour 4 victimes de la route pour cause d'alcool au volant!).

Mais outre une critique documentée des pratiques actuelles de destabilisation d'une culture millénaire, Denis Saverot nous offre une très belle ode hédoniste des plaisirs de la dive bouteille. Et c'est là le plus important. On retrouvera un certain réconfort de voir que nous sommes potentiellement très nombreux à partager et défendre la culture du vin authentique et partagé en bonne compagnie.



dimanche 20 mai 2012

Les biocarburants démystifiés

Pour faire face à la diminution rapide des réserves en énergie fossile de la planète et pour lutter plus efficacement contre l’effet de serre, un mot est sur toutes les lèvres : « biocarburant ». Que ce soit du biodiesel (fabriqué à partir de colza, tournesol…) ou de l’éthanol (issu de la canne à sucre, du maïs ou de la betterave), il serait dangereux de voir dans ces agrocarburants la solution miracle. Explications.

La France dotée d’un fort lobby agricole s’est lancée activement dans les productions des biocarburants depuis 2005 avec des objectifs chiffrés à l’horizon 2015 (10% des carburants). Si il est vrai qu’ils offrent une nouvelle débouchée aux agriculteurs de l’Hexagone qui voient leurs subventions diminuées comme peau de chagrin, les premiers effets néfastes de cette culture pourraient se faire ressentir à court terme :

- Les biocarburants sont une source d’énergie non durable : surconsommation d’eau, pollution par l’usage accrue de pesticides, épuisement des sols par diminution des jachères, réduction des émissions de CO2 non prouvées, accélération de la déforestation, impact sur la biodiversité.

- Les biocarburants pourraient aussi avoir des effets économiques pervers en augmentant le coût des matières premières des éleveurs bovins, qui retranscriront inéluctablement cette hausse aux consommateurs.

- Les biocarburants posent enfin un sérieux problème éthique : comment peut-on brûler des sources de nourriture dans un monde où encore 850 millions de personnes souffrent de malnutrition chronique.

Une fois de plus, il serait sage de ne pas mettre la charrue avant les bœufs et de réclamer un moratoire avant que les premiers dégâts fassent la une des journaux.

jeudi 17 mai 2012

Après les OGM voici les… OAM !

Bienvenus dans le monde des nanotechnologies et des Organismes Atomiquement Modifiés (OAM) !

Si la recherche dans le monde du millionième de millimètre n’est pas franchement nouvelle (les premières percées datent des années 80), les applications industrielles s’accélèrent : crème solaire, peinture, encre d’imprimante, matériaux ultra-résistants... Sans le savoir nous baignons désormais dans les nanoparticules et leur flux de poussière sub-microscopique, non sans risques.

La science de l’infiniment petit abat les frontières de la chimie, physique et biologie. Le cœur des nanotechnologies est la modification des structures moléculaires « à façon » donnant naissance à des matériaux aux propriétés inédites. C’est l’approche inverse au processus manufacturier classique: partir du plus petit pour aller vers le plus grand.

Nanotechnologie et macrorisques

Un rapport de février 2007 du Comité Consultatif National d’Ethique et la Foire Eco Bio d’Alsace (17-21 mai) posent une vraie série d’interrogations.

Sur le plan sanitaire et environnemental, les nanopoussières de par leur petite taille pourraient franchir les barrières biologiques (peau, sang-cerveau), contaminer la chaîne alimentaire et déverser une nouvelle classe de produits non biodégradables et ce d’autant plus que le développement des outils de détection (la nanométrie) est à la traîne.

Sur le plan économique, une fracture nanotechnologique se profile au profit de quelques géants industriels toujours plus verticalement intégrés.

Sur le plan éthique, ces technologies furtives pourraient ouvrir la porte à une dérive de surveillance accrue du citoyen à son insu.

Sans un organisme de contrôle international et une plus grande transparence sur la recherche fondamentale aux mains des lobbys industriels, le risque est trop grand de continuer à diffuser des applications pour seulement ensuite les étudier et en débattre. En comparaison, le scandale de l’amiante pourrait s’avérer nanoscopique !

vendredi 4 mai 2012

La guerre de l’eau douce et le cynisme de M. Peter Brabeck…

A l’heure du réchauffement climatique planétaire qui voit l’avancée des déserts sur les zones habitables et l’assèchement rapide des sources d’eau douce, une guerre sans précédent de l’accès à l’eau potable est à nos portes.

C’est dans ce contexte et grâce à l’excellent documentaire «We feed the world» d’Erwin Wagenhofer (2005), qui vient de sortir en salle, que j’ai appris à mieux connaître M. Peter Brabeck, président directeur général du groupe Nestlé®.

Archétype de l’homme d’affaire qui n’a d’autre dieu que celui du marché tout puissant, M. Brabeck ose qualifier «d’extrême» la position défendue par les ONG et de nombreux gouvernements qui revendiquent l’accès à l’eau potable comme un droit inaliénable exempt de toute logique commerciale.

Doté d’un cynisme sans égal, interviewé dans son bureau doré de Vevey, le leader maximo de Nestlé prétend préserver les maigres réserves d’eau potable de la planète en en faisant un bien de consommation courante, avec un prix fixé librement par l’offre et la demande. Selon ses dires, c’est seulement en se rendant compte de la valeur d’un bien, que l’homme gérera au plus juste cette denrée rare.

Comment bien sûr ne pas y voir une nouvelle main mise du géant suisse sur un futur marché très juteux, abandonnant à leur propre sort des populations jugées peu rentables. Après le scandale du lait en poudre vendu à prix fort dans les pays en voie de développement dans les années 1970 en place et lieu du lait sain de la mère, certains industriels de l'agroalimentaire, bien loin de se racheter une conduite, continuent dans sa quête aveugle de profits records pour ses actionnaires.

A l’heure des «colères saines», nos gouvernements devraient lancer un message fort aux dirigeants de ces multinationales pour rappeler que la planète ne restera pas impunément leur aire de jeux.

http://www.le-marche-de-la-faim.fr

lundi 16 avril 2012

Alsace et Viticulture Bio: je t'aime, moi non plus !

L'Alsace n'a pas fini de me dérouter. D'une part, l'Alsace est à la pointe de la viticulture bio (5% de ses surfaces viticoles contre 3% au national), est dotée du seul centre de formation sur la biodynamie et est le berceau d’associations bio majeures (Tyflo, Vignes Vivantes). D'autre part, l'Alsace est à la pointe des recherches OGM sur la vigne. L'INRA de Colmar est le seul centre en France à poursuivre de telles recherches. Alors que les OGM sont massivement rejetés par l'opinion publique française, j'ai voulu en savoir plus.

Les OGM à Colmar

Dans le cadre de la recherche de méthodes de lutte contre les viroses de la vigne, l'INRA de Colmar a repris ses expérimentations « en plein champs » de vignes OGM. Celles-ci sont situées à seulement deux kilomètres de l'aire AOC.

Ces recherches ont débuté en 1994. Suite à un mouvement général de contestation, elles ont dû être arrêtées en 2000. Après des concertations contestées, des porte-greffes OGM ont été replantés en juin 2005. L'INRA se défend qu'il n'y aucun risque de contamination car les vignes OGM sont sous haute surveillance et hors du vignoble historique.

Les OGM décortiqués...

Le principe est de faire exprimer un gène, dit gène d'intérêt, hors de son contexte : du monde animal vers le monde végétal, d’un organe source à un organe cible par la modification de signaux, véritables interrupteurs entourant le gène, le rendant actif ou dormant.

C'est ainsi que dans le cas de la vigne, le virus du court-noué a été injecté à des souris. Après avoir extrait le gène responsable de la production des anti-corps de la souris, il a été transféré à des cellules de porte-greffe de vigne par l'intermédiaire d'agrobactères (des bactéries ayant la capacité de transférer son matériel génétique dans la cellule hôte et de le faire se reproduire), ou par bombardement d'un canon à microbilles contenant le gène.

Et le principe de précaution?

De telles manipulations pour se défaire de millions d’années d’évolution vont inévitablement engendrer de nouveaux problèmes. Non seulement le virus du court-noué est un problème peu répandu dans le vignoble alsacien, mais il n'existe pas dans la vigne à l'état sauvage.

Il est temps d'appliquer le principe de précaution avant de poursuivre des expérimentations in situ ou plus cachées (comme celles sur les levures OGM). Bien sûr, il est très difficile de faire arrêter la recherche mais la viticulture doit défendre une agriculture bio, seule voie pour produire de grands vins de terroir.

jeudi 5 avril 2012

Le riesling slovaque ne m'a pas convaincu... le restaurateur non plus !

Petite escapade gourmande au restaurant "R", grand' rue à Strasbourg. Après avoir refusé une première proposition "indécente" (Aligoté de Dugat-Py à 55€ !), non sans réticence je me suis laissé tenter par un Riesling slovaque. Grave erreur !

Riesling Château Bela (propriété d'Egon Müller) 2006

La catastrophe ! Un nez réduit archi dominé par la levure de bière, la poussière et un long carafage n'a pas pu déstabiliser la bête ! La bouche a quant à elle une attaque marquée par les sucres avec un perlant largement excessif (à la limite du défaut). Certes, la fin de bouche finit sèche sur une belle acidité rectiligne avec quelques timides notes d'agrumes, mais les notes de levure persistent désespérément aussi en bouche. Autant vous dire que l'on a pas pu finir la bouteille...

Jai signalé au patron mes doutes sur la santé de cette bouteille (qui j'ose espérer n'est pas représentatif de ce que peut faire Egon Müller) et je lui ai même fait sentir le vin dans mon verre. Il s'est empressé de s'éclipser en disant vaguement que "ça va passer !".

Alors pour 45€ prix sur table alors que l'on trouve ce vin pour 15€ chez les cavistes et pour un gérant qui se dit passionné de vins (il a effectivement beaucoup de références prestigieuses, un amateur d'étiquettes), c'est du vol ou au mieux un snobisme délirant. L'image du restaurateur n'en sortira pas grandie. Halte aux coefficients abusifs en restauration. Vive la démocratie dans le vin !

samedi 25 février 2012

Droit de Réponse: Domaine Olivier Père et Fils

Après une rencontre désastreuse avec le domaine bourguignon Olivier Père et Fils sur la Salon de Vignerons Indépendants de Strasbourg (lire ici), je me suis empressé de faire un courrier détaillé à Antoine Olivier (le fils), gérant du domaine.

C'est avec surprise et satisfaction que j'ai reçu aujourd'hui un email d'Antoine. Dans sa réponse détaillée, il a su faire part de professionnalisme et même de compassion. Les détails de l'échange resteront bien sûr confidentiels (je ne conçois Internet comme un lieu pour régler ses comptes dans les moindres détails), mais sachez que l'image du domaine en sort grandie. La nouvelle génération a les pieds bien sur terre et a décidé à s'engager dans la "rupture" (un mot décidemment à la mode !) avec une certaine image arrogante et ancienne garde de la Bourgogne.

Esperons que ces bonnes résolutions soient mises en pratique dès l'année prochaine en faisant représenter dignement le domaine par Antoine.

mercredi 15 février 2012

Salon des Vignerons Indépendants de Strasbourg 2008

C'est le salon que tous les alsaciens attendent avec impatience chaque année et je ne pouvais pas manquer ce rendez-vous. Une sélection de vignerons en poche (merci à la Revue des Vins de France et Bourgogne Aujourd'hui), j'ai affronté les hordes de passionnés pour vivre quelques moments d'échanges avec des vignerons engagés. Récit de rencontres souvent heureuses....

J'ai commencé le vendredi par une série de blancs.
  • Ne voulant pas râter 2006 en Val de Loire, je me suis fait la bouche au Domaine Laroche sur un Savennières Roche aux Moines très floral et élancé. Sans plus attendre je suis allé retrouver Claude Papin et sa charmante épouse (domaine Pierre Bise. Quel crescendo de puissance et concentration minérale entre le simple Anjou blanc Le Haut de la Garde 2006, le Savennière Clos de Coulaine, Clos de Grand Beaupréau et enfin la Roche aux Moines).
  • J'ai fait ensuite un malheureux détour en Bourgogne par le Domaine Olivier Père et Fils pour son Santenay Blanc Le Bievaux 2006. Ne vous trompez pas, le vin est excellent mais le personnage est insupportable et je pèse mes mots. Le patriarche du domaine m'a vite fait comprendre qu'il était là pour "faire du chiffre" et qu'il ne répondrait à aucune question. Il n'avait qu'un mot en tête "alors combien vous en prenez?". Je prenais cela pour de l'humour au début mais il n'a pas bougé de cette position ridicule. Ce monsieur n'a rien à faire sur un salon. C'est lamentable et m'en vais de ce pas faire un courrier au domaine. Ce sera sans doute inutile, mais si par chance son fils tombe dessus...
  • Oubliant vite cette fâcheuse rencontre, je me suis refait de mes émotions négatives au Domaine Leccia avec un beau Patrimonio (100% Vermentino, tout en longueur sur l'amertume) 2006 et j'ai fini "dans les bras" des Jurançons secs et moelleux du Domaine Cauhapé. Quel régal de minéralité et de fraîcheur. Le petit manseng possède une trame acide remarquable et apporte gras et ampleur à ces vins exceptionnels. Un domaine à découvrir de toute urgence
Le lendemain samedi j'étais fidèle au poste dès l'ouverture à 10h. C'est parti pour un festival de rouge.
  • Tout d'abord avec une belle découverte en Val de Loire: le Domaine du Rochouard avec un superbe Saint Nicolas de Bourgueil 2005 Cuvée Les Argiles à Silex Vielles Vignes à 9€. Tout est là dans ce vin, concentration, tanins, texture veloutée. Un vin à garder précieusement en cave 5 ans. Dégustation également au Domaine Mesliand où la plénitude du Touraine Mesliand 2003 m'y avait conduit

  • S'en est suivi un festival de Bourgogne rouge: Huguenot (quel accueil et quel ouverture au dialogue. Génial !), Tortochot (domaine toujours aussi sympathique et aux prix raisonnables), Cachat-Ocquidant (un peu surpris du changement de tournure du domaine qui se lance dans des cuvées 90% de bois neuf et qui défend coûte que coûte sa machine à vendanger. J'ai peur que l'apogée du domaine est derrière nous). Et enfin, les monuments du Domaine Michel Magnien: là encore quel crescendo dans les Morey Saint Denis et les Gevrey avec deux gros coups de coeur (attention au porte-feuille avec des 1er cru à 40 €):Morey Saint Denis 1er Cru Chaffots 2005 (40 €) et Gevrey Chambertin 1er Cru Goulots 2005 (45 €) à la longueur phénoménale. Des vins pour la très longue garde (20-30 ans)
Conclusion: un salon qui reste incontournable pour déguster de belles choses. A condition de se lever tôt et d'éviter les quelques vignerons peu regardants qui ne sont pas là pour parler avec passion de leur métier. Espérons que le salon ne grandisse plus davantage car avec ces 500 exposants actuels, on a déjà atteint la surcharge.