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mardi 4 décembre 2012

Barolo (et Barbaresco)

La dictature du nebbiolo

Dans le Piémont italien, à l'ouest de la région des Langhe, l'appellation Barolo et sa cousine Barbaresco s'étirent sur les plissements alpins, riches en alluvions et sédiments. Nul terroir ne sied mieux au cépage nebbiolo, qui règne ici en maître.

La géographie
Située à l'ouest de la région des Langhe, non loin d'Alba, à 50 km au sud-est de Turin, en Italie, l'appellation piémontaise Barolo et sa proche cousine, Barbaresco, composent un paysage mouvementé de vallées étroites et de collines parfois escarpées.

Culminant à 600 mètres d'altitude, la base se situant à 200 m environ -, celles-ci accueillent des villages coiffés d'imposants châteaux médiévaux. La formation du bassin du Piémont date de dix millions d'années seulement. Constitué de sédiments calcaires et de dépôts alluviaux, le système des collines intermédiaires appartient au Miocène. Outre les plissements alpins, la dérivation du cours du Tanaro, un affluent du PÔ, il y a 150 000 ans, a donné naissance à un réseau hydrographique au pouvoir érosif considérable. Largement supérieures à 30 %, les pentes les plus raides sont concentrées autour des communes de Castiglione Falletto, sur la formation géologique dite de Diano d'Alba, et, dans une moindre mesure, de Serralunga d'Alba avec, dans les deux cas, des pentes moyennes supérieures à 20 %. Au contraire des zones de Verduno, Berri et Vergne, bien moins pentues. Les orientations qualitatives vont du sud-est au sud-ouest, les crus étant protégés du vent du nord. L'altitude et l'exposition - qui conditionne largement la rétention en eau des sols sont déterminantes pour la maturité du nebbiolo.

« Sur Barolo, l'aire comprise entre les communes de La Morra, Castiglione Falletto et Barolo enregistre les minima, tandis que les maxima sont observés aux confins sud-ociddentaux de la zone».
Qualifié de "freddo temperato", le climat du Piémont se traduit par des hivers rigoureux et des étés chauds.
La température moyenne annuelle est de 12,4 0 C, avec un effet de foehn hivernal assez net en mars. Les températures moyennes relevées sur Barbaresco sont un peu plus élevées que pour Barolo, avec une semaine de décalage de maturité en moyenne.
En septembre, mois crucial de fin de maturation, la zone délimitée par les communes de Castiglione Falletto, Serralunga et Monforte d'Alba semble favorisée en termes de températures moyennes.
Les précipitations annuelles atteignent environ 820 mm sur la période 1929-2000 (La Morra), avec une très grande variabilité d'un millésime à l'autre. D'où une hésitation, au plan pluviométrique, à classer la zone en climat tempéré ou méditerranéen. On constate deux pics, l'un en automne (septembre), l'autre au printemps

La puissance et la finesse de leurs vins, Barolo et Barbaresco les tirent de leurs sous-sols où alternent marnes, marnes argileuses, avec parfois des lentilles de gypse, et arènes sableuses.

Très largement "argilo-calcaires", les sous-sols de Barolo (et Barbaresco) se déclinent en marnes et autres marnes argileuses.
Élément déterminant, outre la proportion d'argile: le sable. Sa présence, sous forme de "poches", est souvent synonyme de finesse pour les vins. Sur les formations dites de Lequio, ces sables ou arènes sableuses alternent avec de minces bancs marneux (0,5 m à 1 m d'épaisseur).
On les rencontre sur la plus grande partie de Serralunga, au sud et à l'est de Monforte d'Alba, au sud-ouest et à l'est de Diano d'Alba.

Substrat plus ancien, les marnes et marnes argileuses dites de Santa-Agata Fossili. Les arènes de Diano d'Alba sont elles aussi composées de sables, avec quelques marnes; les sols, à la granulométrie élevée, y sont très filtrants. Au contraire de ceux issus des marnes de Santa-Agatha, sur Barolo ou sur La Morra. Pourvue des sols les plus profonds, La Morra est aussi la plus précoce. Alcalins à calcaires, les sols présentent des textures plutôt fines allant de franco - c'est-à-dire avec un bon équilibre entre sables, limons et argiles - comme sur les arènes de Diano d'Alba, à franco-argileux (marnes de Santa Agata), en passant par franco et franco-limoneux (formations de Lequio), voire franco-limono-argileux.

On rencontre quelques zones "marno-gypseuses", constituées de marnes argileuses incluant gypse, sur La Morra et Verduno notamment.
Une grande partie de Barbaresco (communes de Barbaresco, Neive) s'apparente au 'Tortoniano", réputé plus léger, comme sur La Morra; la commune de Treiso, en revanche, ressemble davantage à la formation de Lequio ("Elveziano"), comme sur Serralunga.
Les terroirs et leurs crus
Monforte d'Alba, à l'extrême sud de l'appellation Barolo, produit les crus parmi les plus puissants. Situés pourtant à 50 m de distance, exposés respectivement sud et sud-est, à 300 m et 280 m d'altitude, le Sori Ginestra (Conterno-Fantino) très calcaire, argileux et Vigna del Gris (avec plus de veines sableuses) produisent des vins différents: t out en puissance, avec des tanins agressifs, pour le premier; plus élégant, pour le second. Les vins de Serralunga sont durs et tanniques. (Elio Altare)
Autres vins très puissants : ceux produits sur Castiglione Falletto, aux arômes souvent réglissés. Parmi les meilleurs crus, il faut retenir Monprivato.

« L'Arborina serait le pommard du Piémont, tandis que le Brunate en serait le musigny »
Aux antipodes de ces vins: les crus de La Morra, tout en finesse, en souplesse et d'évolution plus rapide. Le Brunate provient d'un terroir de marnes bleues avec pas mal de sable et de l'argile, exposé sud-sud-est entre 280 et 350 m d'altitude. Moins sableux, son Arborina (230-300 m d'altitude), donne des vins plus puissants. Roche dell'Annunziata (Roberto Voerzio) terroir plutôt sableux qui donne un vin équilibré, aux tanins très fins, Cerequio, exposé sud-sud-est, aux sols moins pentus et plus profonds dominés par l'argile, plus puissant et aux tanins plus présents.

Synthèse entre la finesse des vins de La Morra et la puissance des crus de Serralunga
Les vins de Barolo. Le sous-sol est un mélange de Tortoniano et d'Elveziano, cette fusion des terroirs est visible sur la colline de Cannubi, le célèbre Cannubi Boschis (Luciano Sandrone) est orienté sud sud-est à 250-270 m d'altitude, sur une forte pente. Argileux, avec une petite proportion de calcaire et de sable, le terroir est assez léger.

Des études ont montré que le Nebbiolo est directement apparenté au Freisa alors que le Freisa, pour sa part, est un descendant du Viognier.
Seuls les vins 100 % nebbiolo ont droit à l'appellation Barolo ou Barbaresco. Souvent comparé au pinot noir bourguignon, le nebbiolo est un cépage rustique et délicat. Son très long cycle végétatif le conduit à maturité deux semaines après la barbera et jusqu'à quatre semaines après le dolcetto. Très casanier, il affectionne les automnes doux et ensoleillées des Langhe, les vendanges ayant rarement lieu avant la mi-octobre.
Raisin de la nebbia (le brouillard), le nebbiolo ne subit pas les effets de ce dernier, qui stagne en fond de vallée. Le nebbiolo se plaît, ici, entre 250 et 450 m d'altitude, l'idéal se situe autour de 300 m, il faut le planter à mi-pente, car il est sensible au vent et à l'évapotranspiration. Autre facteur capital: la régularité des apports hydriques.
Acidité naturelle, extractibilité tannique, extrait sec: le nebbiolo est le cépage de tous les superlatifs. Instable, sa couleur évolue assez rapidement, sa pellicule est dure mais fine, comme celle du pinot noir. Les polyphénols totaux sont peu élevés, mais de qualité. L'amertume naturelle de ses tanins exige cependant une maturité optimale.

Les vinifications
Le style des Barolo et des Barbaresco a beaucoup évolué en 25 ans. Extractions à haute température, pré fermentations à froid, bois neuf, etc. Ici, tout ou presque a été expérimenté. Aujourd'hui, on raccourcit les cuvaisons. Elio Altare, pratique des macérations ne dépassant pas deux à quatre jours pour son Arborina, contre six à huit jours pour son Brunate. Certains vinificateurs utilisent des cuves autopigeantes avec pales rotatives, favorisant une extraction maximale en douceur. Élevés un an (Barbaresco) ou deux dans de vieux foudres de 3 000 ou 6 000 litres, les vins passent également en barrique, avec une proportion de bois neuf très variable: 15 à 25 % pour Luciano Sandrone (fûts de 600 1), 30 à 40 % pour Roberto Voerzio. Voire 100 % pour Conterno-Fantino, dans les grands millésimes.

Le travail des hommes
Les rangs de vignes épousent les courbes de niveau, afin de 'limiter l'érosion sur ces sols légers - enherbés en totalité.
Autre intérêt, en orientation sud: éviter l'exposition directe des grappes et les arômes de "cuit". Les densités tournent autour de 4 200 à 6 000 pieds/ha, avec des rangs séparés de 2,20 à 2,40 m environ permettant le passage de petits chenillards. Un doublement de la densité de plantation permettrait de limiter les rendements mais interdirait toute mécanisation. Le palissage grimpe jusqu'à 3 m afin d'optimiser la surface foliaire, gage d'une bonne maturité phénolique.

En quoi le cépage nebbiolo est-il autant lié aux terroirs de Barolo et de Barbaresco ?
La nature des sols, l'altitude et le microclimat sont autant d'éléments constituant les terroirs de Barolo et de Barbaresco. Combinés, ils conditionnent le cycle végétatif du nebbiolo et répondent parfaitement aux caractéristiques de ce cépage particulièrement exigeant.
L'une des "astuces" consiste à ne pratiquer aucun remontage pendant un à deux jours après le pressurage: le nebbiolo libérant très facilement ses anthocyanes, et ces derniers s'oxydant facilement, on retarde leur extraction jusqu'au moment où un peu d'alcool s'est formé dans le moût. Celui-ci a un rôle de solvant vis-à-vis des tanins, qui se lient aux anthocyanes et les stabilisent.
Le recours à la barrique contribue à renforcer et à stabiliser la couleur dans le temps, via une oxygénation ménagée favorisant la liaison tanins-anthocyanes.

PIERO BALLARIO, Œnologue-conseil, notamment pour le domaine Roberto Voerzio
Source : LA REVUE DU VIN DE FRANCE. NOVEMBRE 2005

http://www.kobrandwine.com/maps/index.php, http://www.torinopiemontevideobank.it/fr, http://www.corderodimontezemolo.com/, http://www.vinissimo.lu/, http://fr.wikipedia.org/wiki/Nebbiolo

mardi 23 octobre 2012

Dégustation: Pio Cesare Barolo D.O.C.G. 2001

Nom du vin : Pio Cesare Barolo D.O.C.G. 2001

Cépage: Nebbiolo
Producteur: Pio Cesare
Millésime: 2001
Région: Piémont
Pays: Italie
Catégorie: Rouge
Alcool %: 14.0
Date de dégustation: 2008/10
Prix: 80.29$ CAN
Ce vin est disponible au Nouveau Brunswick. (Millésime 2003)
Cup: 8014629010014

La note d’appréciation Le Tire Bouchon : 95


Notes de dégustation: Un vin qui figurait dans le Top 100 du Wine Spectator en 2006. J'avais eu la sagesse d'en acheter quelques bouteilles et j'ai ouvert celle-ci durant le long congé de l'Action de Grâce. Après avoir bu ma première bouteille, je me suis résigné à attendre après 2011 pour ouvrir les prochaines. Un vin structuré, complexe et charpenté.

Au nez les arômes de réglisse, de confiture de mûres s'entremêlent avec des notes florales de violettes et de clou de girofle.

En bouche, une explosion de saveur qui enrobe le palais avec des tannins puissants qui peuvent encore résister aux années. Un goût sec et un peu austère dans sa jeunesse mais il va offrir beaucoup de plaisir en vieillissant.


Accord mets et vins: Escalope de veau, osso buco ou encore un bon steak de filet mignon. À découvrir avec des fromages un peu relevés.

jeudi 7 juin 2012

Une verticale Barolo et Brunello

Pour les amateurs de vins italiens, le séminaire présenté mercredi soir (6 juin) à l’Hôtel Paulin aura été à la hauteur de la réputation de ces grands vins. Animé par le sommelier d’Alcool Nouveau-Brunswick, cet événement de la 11e édition du Festivin valait chaque dollars des 45 dollars qu’il fallait débourser pour y participer. Plus d’une trentaine de personnes ont donc savouré ce moment historique au Nouveau-Brunswick. Même notre sommelier, qui est en poste depuis plus de 5 ans, n’avais jamais eu l’occasion de boire ces vins dans une même soirée, puisque plusieurs vins en étaient à leur première apparition dans la province.

Pour ajouter à ces plaisirs gustatifs, la chef Karen Mersereau de l'Hôtel Paulin avait préparée des plats pour soutenir ces vins et pour nous refaire le palais. Dans notre groupe de dégustation il y avait un lot d’intéressés dont plusieurs sommeliers notamment Claude Mercier de la région d’Edmundston, Paul Leblanc de la région de Shédiac, Alain Lanteigne de Caraquet et quelques sommeliers de la Nouvelle-Écosse et St-John au Nouveau-Brunswick.

Verticale de Brunello

1-Orcia Brunello di Montalcino #8016760000374
$93.25 (Riserva 1998)
Un nez très puissant avec des arômes de torréfaction. La maturité des tannins est beaucoup plus palpable que les 4 autres vins. La finale est perceptible pendant de longues secondes

2-Antinori Pian delle Vigne Brunello #8001935001621
$65.81 (2000)
Une robe plus violacée que le Orcia. Une belle acidité pour un rouge. Arôme de café et de chêne. Riche, opulent avec un bel équilibre pour un vin de ce jeune âge.

3-Fuligni Brunello di Montalcino #726452007786
$75.83 (2000)
Nez de casis, fraise et mures, le fût de chêne très présente, les tannins sont un peu trop carrés en bouche et concentrés. Il va certainement profiter dans le cellier.


4-Poggio Antico Brunello di Montalcino #8032697880056
$74.70 (2000)
Intense arôme de mures, cerises et de bois. Les tannins laisse entrevoir un raffinement en progression, mais n’a pas encore atteint son potentiel. Un peu terreux encore mais la méthode traditionnelle demeure meilleure pour le moment que celle de son grand frère Altero qui utilise le nouveau style à l’américaine.



5-Poggio Antico Brunello di Montalcino Altero #8032697880063
$74.70 (2000)
Cerises plein le nez et arôme vanillé, avec une longue finale en bouche. Néanmoins le corps du vin est encore trop marqué par des tannins abondant à cause de fût de chêne utilisé pour sa conception. Un goût de café noir un peu amer. Donnons-lui du temps!



Commentaire généraux de la dégustation de Brunello:
Les Brunello démontrent vraiment la puissance de ces vins qui font la réputation de la Toscane. On peux pratiquement dire que la Toscane est le Bordeaux de l’Italie. Sur ces 5 produits le premier Brunello soit le Riserva 98 était plus mature et semblait s’attirer la préférence de la majorité des gens dans la salle.

Pour ma part en comparant les différents millésimes de 2000 qui gagneront certainement en souplesse au niveau des tannins avec les années, je crois que le vin d’Antinori se rapproche davantage de mes goûts. Il est moins dispendieux mais demeure une valeur sure. Avec la nourriture, ceux qui ont le plus changé en bouche sont les numéros 3 et 5. À ce chapitre le Poggio Antico Altero (no 5) est devenu mon favori…ce qui est vraiment un bel exemple de la différence entre consommer son vin avec ou sans nourriture.

Mes préférences dans l’ordre sans la nourriture: 1-2-4-3-5

Les plats du chef Karen Mersereau

Lièvre et caille vin rouge, aux herbes et à l’ail accompagné de pommes de terre sautées.

Casserole à l’espagnole; jambon, queue de bœuf, saucisse de proc boudin et gourganes.

Filet de bœuf bio avec poireaux grillés, échalotes et beurre d’olives

Mes préférences dans l’ordre avec la nourriture: 5-1-2-4-3

Verticale de Barolo :
Les Barolo sont plus secs en bouche que les Brunello. Fabriqué à base du cépage nebbiolo, ce vin du Piemont s’inscrit davantage dans un style qui se rapproche des grands vins bourguignons. Au pays du Nutella et des truffes blanches d’Alba, le Barolo est considéré comme le vin des rois, ce que les gens de Toscane revendique aussi pour le Brunello.


1-Batasiolo Barolo #632738100013
$39.93 (2002)
Un nez vraiment absent, un goût faiblard pour un vin digne de porter le nom de Barolo.
Ça manque de sérieux. Un vin à petit prix pour un Barolo, mais c’est tout de même dispendieux pour un vin produit en gros volume. Le millésime 2002 est aussi un indicateur, ce fût la pire année pour les Barolo en Italie depuis fort longtemps.


2-Bongiovanni Barolo #726452005805
$60.98 (1999)
Un vin offre davantage de maturité que les autres, mais il faut dire que le millésime y ait pour beaucoup. On y retrouve des arômes de champignons, beaucoup de fruits en bouche et très certainement encore plus d’équilibre avec la bouffe.


3-Bongiovanni Barolo Pernanno #726452006475
$70.07 (2000)
Un nez truffé avec des notes de violettes. Une attaque en bouche intense qui se développe plus soyeusement avec l’arrondissement des tannins. Certainement mon préféré du lot sans la nourriture. Une finale racée et raffinée. À conserver encore pour quelques années au cellier.


4-Einaudi Barolo #726452007694
$70.07 (2001)
Les deux derniers vins de la soirée, le régulier d’Einaudi et son riserva (Cannubi) offrent sensiblement les mêmes caractéritiques au nez avec le goudron et la violette. Néanmoins le régulier est plus velouté au niveau des tannins. Toutefois il faut avouer que pour 32 dollars de plus,, le riserva promet d’être tout un vin avec le temps.



5-Einaudi Barolo Cannubi #726452007670
$102.7 (2001)
Un grand vin, un beau vin encore un peu râpeux à cause de la forte présence des tannins. Le savoir-faire d’un des plus petit et plus vieux vignoble de Barolo d’Italie. Un délice avec la nourriture, mais un peu carré encore. Le Wine spectator donne un 91 pour le riserva autant que pour le régulier, mais je suis persuadé qu’il va marquer encore des points en vieillissant. À suivre…



Mes préférences dans l’ordre sans la nourriture: 3-4-5-2-1

Les plats du chef Karen Mersereau

Pavée de polenta grillés avec champignons sauvages de Caraquet et copeaux d’asiago

Langue de bœuf frite servie avec sauce tomate maison


Brochettes d’agneau épicées à la méditerranéenne sur couscous aux noix de pin grillées


Mes préférences dans l’ordre avec la nourriture: 2-5-3-4-1




En terminant je dois dire que ce fût une belle soirée et selon les organisateurs, la demande de ce séminaire dépassait largement le nombre de places disponibles. Il aurait été possible de former un 2e groupe. Chapeau au partenariat entre Alcool NB, le Festivin et l'Hôtel Paulin.

dimanche 3 juin 2012

Mon Fab Four d'Italie

En fin de semaine s’amorce le Festivin de Caraquet, plusieurs convives ayant assisté à l’événement de dégustation Prestige à l’Hotel Paulin ont été impressionné par la qualité des vins présentés par le sommelier d’Alcool Nb, Robert Noël.

Les gens ayant déboursé plus de 100 dollars pour s’offrir cette soirée haut de gamme ont certe fait une bonne affaire avec le lot de vins en dégustations, dont quatre qui se démarquent comme ce que je peux qualifié de Fab Four d’Italie. Trois de ces quatre vins sont ce que nous appelons des supers toscans.

Du nombre de ces vins de grandes renommées, il y avait l’un des vins que je préfère c'est-à-dire le Sassicaia. Le succès de ce vin a été préparé par un jeune italien étudiant à Pise, Mario Incisa de la Rochetta. Il rêvait de créer un vin qui serait aussi prestigieux que les grands vins de Bordeaux. Il a donc introduit des cépages bordelais pour parvenir à atteindre son rêve soit du Cabernet, ce qui était un peu à l’encontre des pratiques toscanes et piémontaises avec le Sangiovese et le Nebbiolo.

Sassicaia signifie "zone très caillouteuse" et c'est cette particularité qui définit la zone de l'appellation Bolgheri. Les premières années de production furent difficile, mais le temps a fait son oeuvre et on s’apperçu que ce vin possédait des qualités de vieillissement incomparables.

Mario Incisa a réussi a élever son vin au rang des plus grands au fils des année:

1972 "Meilleur Cabernet sauvignon" parmi 33 vins de 11 pays 1982 "Meilleur vin italien" 1982 "Vinarius" du vin de l'année 1985 "Plus grand Cabernet du monde"


Le millésime 2002 dégusté samedi à l’Hotel Paulin n’est pas le meilleur des dernières années mais il n’en demeure pas moins qu’il se distingue par la constance de sa qualité. Le Wine spectator lui offre une note de 87 comparativement à un 92 points pour le 2003, un 94 pour le 2001 et 93 points pour une bouteille de 2000.


Le 2002 est décrit de cette façon :

Cépages: Cabernet Sauvignon (85%) & Cabernet Franc (15%)
Affinage : 18 mois en barriques de chêne français.

D'une robe rubis profond avec des reflets violacés et rouges, le millésime 2002 exprime des arômes de fruits rouges bien mûrs, vanille, épices et légèrement poivrons rouges grillés. En bouche, il offre des tanins élégants avec une note de fraîcheur et une structure équilibrée qui sont toujours la grande force de cette superbe appellation

C'est un grand vin avec de l'élégance et de la finesse.
Potentiel de garde actuel: 15 à 20 ans


Le Solaia 2002 est aussi un vin de grande renommée. J’ai moi-même reçu une de ces bouteilles il y a deux ans, un millésime supérieur soit de l’année 2001, et que je conserve précieusement dans mon cellier pour célébrer mon 50e anniversaire…ouf ce n’est que dans dix ans! Ce vin haut de gamme aussi présenté à l’Hotel Paulin samedi est vraiment un délice. Il aura passé cependant plusieurs heures dans un décanteur avant de se révéler un peu en finesse.

Le 2002 offre un nez complexe avec des arômes de cerises noires, du corps à revendre et de la vigueur. Des tanins marqué d’un grand potentiel, très long et profond. Une finale une peu chaude et torréfiée. Le temps en fera certainement une grande bouteille dans 4 à 5 ans. Le Wine spectator lui donne un 87, mais à mon goût à moi, le Sassicaia du même millésime devance la signature d’Antinori.


Le 3e vin qui m’a épaté est très certainement le Brunello di Montalcino Poggio Antico 1999. Ce vin récolte 95 points dans le Wine spectator. En dégustation ce vin offre des arômes intenses de mûre, de cerise et de viande légèrement boisés. Bouche corsée, tanins ultra fins et finale longue et caressante. Un vin délicat, séduisant et raffiné. Toutefois comme la majorité des vins italiens, il s’exprimerait certainement mieux avec un bon repas qu’en dégustation seule.

Pour terminer mon Fab Four Italien,

Le Barolo Cannubi Luigi Einaudi 2001. Ce vin est issu d’un cépage populaire en Italie, soit le Nebbiolo. Ce cépage est représenté par trois variétés : michet, lampia et rosé. Il est rarement planté au-delà de 250 ou 300 mètres d'altitude sous peine de ne pas mûrir. Dans le cas de ce Barolo provenant de la région de Dogliani situé entre Turin et Gênes, soit au cœur du Piedmont.


En bouche, les tannins sont serrés et il offre une certaine acidité . Les vins peuvent être servis avec des plats relevés, venaisons, viandes rouges, plats truffés, etc. Doté d’une couleur rubis avec reflets grenat et d’un nez aux notes de liqueur de cerise et de chocolat, est soutenu par des nuances balsamiques. Ample, souple et assez veloutée, la bouche offre une structure tannique ferme, de bonne finesse. Les saveurs de cerise, d’épices, balsamique, ainsi que des nuances de truffe ressortent en fin de bouche.


Voilà pour ce fab four, j’aurais pû évidemment ajouter le Tignanello pour complèter ce tableau, mais il n’était pas en dégustation à l’Hotel Paulin. J’aurais le privilège de vous parler plus en détail de d’autres barolo et brunello jeudi prochain alors que j’aurais assisté à un séminaire qui se déroulera la veille à l’hotel Paulin. Bon Festivin à tous!

jeudi 12 avril 2012

L’Italie envahit les tablettes de la SAQ et ANBL


L’économie italienne a beau traîner de la patte, la popularité des vins de ce pays de l’ancien monde conserve toujours son lot d’adeptes inconditionnels.  L’Italie produit des vins parmi les plus prisé des collectionneurs.  Chianti,  Brunello di Montalcino, Baroloet plusieurs supers-toscans font l’envie des amateurs qui veulent de ces bouteilles de rêve pour garnir leur cellier.  

Des maisons de réputation internationale comme Antinori, Gaja, Pio Cesare, FontanaFredda , Castello Banfi, Frescobaldi et Casanova di Neri représentent des choix judicieux lorsque vient le temps de choisir une bouteille de qualité.  Les vins deToscane et du Piémont arrivent bons premiers dans le cœur « des connaisseurs » car ces vins ont d’excellentes propriétés de conservation. 

Les italophiles du vin seront heureux de voir de nouveaux arrivages de ces belles bouteilles chez nous dans certains magasins urbains d’Alcool Nouveau-Brunswick et aussi à la Société des alcools du Québec.

D’abord au Nouveau-Brunswick, disons que le Piémont et la Toscane sont à l’honneur avec plus d’une douzaine de nouveaux vins dont une sélection intéressante de Brunello, Chianti Classico, Brunello et Barbaresco.

Piémont
FontanaFredda Barbaresco Coste Rubin  2007 -  39.78$  (8000174300526)  RP 93 WS 92
Marcarini Barolo Brunate 2007 - $56,29   (726452010670)             WS 92    RP 94
Pio Cesare Il Bricco Barbaresco DOCG  2007 - $86,98 (8014629170015)    WS 93
Pio Cesare Ornato Barolo DOCG 2007  - $86,98  (8014629020013)              RP 95
Bersano Mantico Barbaresco DOCG              2008 - $33,49 (8000192001306)

Toscane
Bottega Brunello DOCG 2006 -  $49,49      (8005829230906)
Braccesca Nobile di Montepulciano Antinori 2008 - $31,99  (8001935001133)
Brancaia Chianti Classico 2008 - $39,49 (8031822010085)                          RP 91
Brancaia Il Blu 2007  - $81,79 (8031822020077)                                          RP 94  WS 94
Costanti Brunello Di Montalcino 2006 - $76,49 (726452010700)                 RP 95
Querciabella Camartina Toscano IGT 2007 - $104,28 (8031481002339)
Frescobaldi Castelgiocondo Brunello 2006  - $50.79 (8002366069266)      WS93
Frescobaldi Lamaione IGT 2007  $60.79 (8002366079326)                          WS 90                      

Au Québec dans le réseau des succursales Sélection de la SAQ, au moins une quinzaine de produits retiennent l’attention notamment sur le site officiel du monopole d’état.  Ces vins sont également en vedette dans le numéro de printemps du magazine Cellier qui suggère pas moins de 45 nouveautés.  Certaines bouteilles sont disponibles dans des formats plus gros, c’est le cas du toscan Le Volte Orneillaia à 75$ en magnum ou 150$ pour un 3 litres.  Le Ornellaia Bolgheri Superiore 2009 à 180$ en format 750 ml est disponible en magnum pour 450$.  Pour ceux qui ont les goussets garnit, un 750 ml d’Antinori Solaia 2008 à 247$  passe à 571$ en version magnum.

Enfin parce que l’Italie c’est aussi la gastronomie, il y a toujours de la place à table avec un bon vin provenant du pays à la forme d'une botte sur la carte du monde.   Outre les pâtes, on pourra savourer le steak à la florentine, mais aussi du poulet, pintade, porc, et des gibiers également très populaires dans la cuisine italienne.  Un braisé au Barolo, le lièvre en civet, un traditionnel osso bucco et le large éventail de fromages des différentes régions de l’Italie sont aussi à considérer.  Buon appetito, alla vostra !

Pour votre information:
WS: Pointage du Wine spectator
RP: Pointage de Robert Parker