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lundi 10 décembre 2012

5 ans plus tard, le blogue le Tire-bouchon…

Le blogue Le Tire-bouchon a eu 5 ans le 18 novembre dernier.  Ce projet de blogue a été initié en 2006 alors que je venais à peine de cesser l’écriture d’une chronique sur le vin appelée Quelques octets de vins à partir du site Acadie.Net. Plusieurs personnes qui avaient l’habitude de me lire par le truchement du web me demandaient alors si c’était possible de continué à recevoir des suggestions par courriel. C’est à ce moment que m’était venu l’idée de lancer un blogue avec un nom significatif associé au vin. Le blogue Le Tire-bouchon devenait le premier blogue au Nouveau-Brunswick à se consacrer aux vins.  Ce projet me permettait d’avoir un horaire plus flexible plutôt que de me restreindre qu’à une seule chronique chaque semaine, et ainsi poursuivre ma passion au rythme que je souhaitais.  Depuis 2006, c’est plus de 520 messages ou articles qui auront été publiés sur le blogue Le Tire-bouchon.  Annuellement plus de 25 000 visiteurs provenant de plus d’une centaine de pays viennent consulter le blogue, dont plus de 50% du Canada et près de 30% de la France.

Plus encore, ce projet m’aura amené à me dépasser davantage, car sur mon parcours j’aurais également concrétisé la publication de deux livres.  Lors du 3e anniversaire du blogue, je lançais le premier guide des vins consacré aux consommateurs du Nouveau-Brunswick soit Le Tire-bouchon Griffin 2010.  Ce premier ouvrage publié à 2000 copies aura été un best-seller en Acadie avec près de 1800 copies écoulées.  Le 2 octobre dernier, je lançais la 2e édition de ce guide encore unique au Nouveau-Brunswick. Tiré à 2500 exemplaires, le guide Le Tire-bouchon Griffin 2012 a déjà dépassé les 1000 copies vendues depuis son lancement.  C’est aussi la première fois que le guide est distribué par le biais de 17 magasins participants d’Alcool Nouveau-Brunswick.

L’idée d’un blogue a donc contribué à faire connaître davantage le monde des vins au Nouveau-Brunswick mais il a aussi été pour moi une opportunité de partager à grande échelle une passion qui m’anime depuis près de deux décennies.  À l’occasion du 5e anniversaire du blogue Le Tire-bouchon je tiens à remercier mes fidèles visiteurs et les lecteurs de mes deux livres.  Je tiens à également à souligner la contribution de mes commanditaires sans qui ces projets ne sauraient exister.

Merci de votre appui à tous et à toutes. 
Mario Griffin

mardi 16 octobre 2012

Château Talbot : au cœur de l’appellation Saint-Julien


Cette magnifique propriété de 150 hectares est en plein cœur de l’appellation Saint-Julien qui est aussi connue pour être le point le plus élevé de cette dernière.   Le Château Talbot est aujourd’hui dirigé par une quatrième génération de Cordier.  En 1917,  ce domaine acquis par Désiré Cordier, l’un des plus importants marchands de vin de la place de Bordeaux, a été à l’origine de l’ascension de la renommée du château, déjà fier de son rang de 4e grand cru du classement de 1855.  Désiré Cordier avait aussi fait l’acquisition en 1917  du Château Lafaurie-Peyraguey et du Château Gruaud-Larose.
Château Talbot bientôt centenaire sous le règne des Cordier

C’est cependant à un chef de l’armée royale anglaise, John Talbot, que le Château Talbot doit son nom.  C’est au XVe siècle que le connétable John Talbot viendra notamment camper en ces lieux avec ses troupes. Ce commandant de l'armée royale a été défait et tué en 1453 durant la Guerre de Cent Ans, lors de la bataille de Castillon.  C’est cependant  la famille du marquis d'Aux de Lescout qui va développer le domaine viticole pendant près de deux siècles.

La visite avec le directeur général

Lors de mon passage au Château Talbot, avec ma conjointe et notre photographe Gilbert Guillou-Martin, nous avons eu la chance d’être reçus par le directeur général de Talbot, soit Monsieur Jean-Pierre Marty.   Nous sommes d’abord allés prendre connaissance de l’étendue du vignoble.  Bien que la propriété soit de 150 hectares, c’est 110 hectares de vignes qui sont en production dans ce vignoble d’un seul tenant, voisin de non-moins prestigieux domaines comme Château Latour, Château Pichon Baron et la Comtesse de Lalande. Talbot borde également le domaine frère de Gruaud-Larose.  La propriété de Talbot possède 106 hectares en rouge et 4 en blanc avec la Gironde qui passe à proximité. L’appellation Saint-Julien fait près de 900 hectares qui appartiennent à 23 producteurs dont 80% de l’appellation est représentée par 11 grands crus classés.  Pour les cépages en rouge du Château Talbot, plus du deux tiers sont plantés en Cabernet sauvignon (68%),  près du tiers en Merlot (28%) et une faible quantité de Petit verdot (4%).   La proportion des cépages en blanc est dominée à 80% par le Sauvignon blanc, versus 20% pour le Sémillon. 

La visite s’est poursuivie dans les installations intérieures du domaine avec M. Marty.  Nous avons de même visité l’endroit consacré à la réception des vendanges. Cette période de l’année nécessite de 150 à 200 personnes pour récolter le raisin.   On fait appel à des équipes de façon progressive en fonction de la maturité et des différentes parcelles lors de cette période cruciale à la fin de l’été.   On va trier les raisins à plusieurs reprises et même carrément laver ces derniers.  Une sélection va donc se faire par flottaison alors que les moins bons raisins et ceux abîmés ne seront pas conservés.  On pourra ainsi réduire de 5 à 10% la quantité de raisins récoltés, ce qui n’est pas une pratique que plusieurs châteaux favorisent.  Notre visite au cuvier nous a donné l’opportunité de voir cet immense fût de bois que l’on utilise pour une grande partie de la vinification.

Des travaux dans l’air pour le 100e anniversaire

Le vin est vinifié dans un cuvier en bois traditionnel mais on utilise aussi un cuvier en inox notamment pour les assemblages.   On va d’ailleurs détruire bientôt la partie la plus ancienne du cuvier de bois, pour reconstruire des fûts plus modernes.  On favorise le bois chez Talbot, car cela offre moins de compactage à l’intérieur et produit une meilleure extraction et une meilleure homogénéité en comparaison avec l’inox.  Nous allons ensuite visiter le chai à barrique qui abrite des barriques provenant de près de huit différents tonneliers.  Au moment de notre passage, le millésime 2011 n’était pas entreposé au même endroit, car on procède aussi à des travaux sur la propriété.  Pour célébrer sous peu les cent ans de l’acquisition de Talbot par la famille Cordier, on a entrepris la construction d’un nouveau chai moderne. Nous avons eu la chance de voir une portion du résultat et quel style impressionnant!  Le vieux chai va être détruit et remplacé par une cour d'honneur. Les travaux amorcés en 2010 s'effectuent étape par étape et devraient se poursuivre jusqu'aux vendanges de 2014.
La modernité s'implante dans les chais

Soulignons que le grand vin du Château Talbot est élevé en fût de chêne de 14 à 15 mois en utilisant près de 50% de fûts neufs et l’autre moitié avec des barriques d’un vin.   Pour le  second vin appelé Connétable Talbot, le vin sera élevé seulement 12 mois en barrique, et avec seulement 15% de fûts neufs.  J’ai eu la chance de consommer ces vins à quelques reprises dont le Connétable 2005 que j’avais acheté il y a quelques années de cela chez Alcool Nouveau-Brunswick.

Le bonheur du blanc

Après notre visite, nous fûmes conviés par Monsieur Marty à faire une petite dégustation des produits du Château Talbot.  C’est alors que nous avons connu un pur moment de bonheur avec la dégustation d’un rare blanc produit dans le Médoc par  une propriété figurant au rang des grands crus classés.  Georges Cordier, le grand-père des actuels propriétaires, aimait beaucoup les vins blancs et il a été l’un des premiers à planter des vignes blanches en Médoc. Depuis plus d’une semaine, mon épouse et moi avions dégusté que des vins rouges et c’est pour cela que nous étions si heureux de changer un peu de registre gustatif.   J’ai alors fait la découverte du Caillou Blanc 2011.  Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’acheter quelques bouteilles de ce vin d’un millésime plus âgé durant notre séjour.  Ce vin vinifié en barrique, avant d’être élevé sur lies pendant neuf mois, se vend autour d’une vingtaine d’euros à sa sortie en primeur.

Le plaisir des rouges
Une belle dégustation pour débuter la journée!

Enfin, nous eûmes la chance de déguster le Château Talbot et son second, le Connétable, chacun dans le millésime 2008.  Le second vin fut lancé dans les années soixante et c’est d’ailleurs l’un des tout premiers seconds vins du Médoc. Avec le grand vin, on est en présence d’un rouge à la fois fin et robuste, appuyé d’une trame aromatique également puissante. On pourra le boire relativement jeune, soit de 5 à 7 ans, mais il prendra encore beaucoup d’élégance avec l’âge car c’est aussi un champion de la longue garde.  L'œnologue Jacques Boissenot et le consultant Stéphane Derenoncourt, apportent leur touche aux vins de Talbot. 

Nous quittons le Château Talbot et l’appellation Saint-Julien pour notre prochain rendez-vous dans la région voisine de Pauillac alors que nous sommes attendus au Château Lynch-Bages.  Une fin de journée qui s’annonce plutôt bien avec ensuite un retour dans Saint-Julien pour la visite de Château Pichon Longueville.  La vie est belle sous le ciel du Médoc. 

dimanche 14 octobre 2012

Lilian Ladouys : une Québécoise dans les vignes de St-Estèphe


Le monde du vin réserve parfois des surprises et ce n’est pas toujours dans les bouteilles que les découvertes se font.  Lors de notre séjour dans le Médoc, nous sommes allés au Château Lilian Ladouys et là, dans cette propriété de l’appellation Saint-Estèphe, nous avons le plaisir d’être accueillis par Nadine Poudrier, Carmagnac par alliance, une Québécoise responsable de la qualité.

Le Château Lilian Ladouys dans Saint-Estèphe
Elle-même étonnée d’entendre nos accents acadien et québécois, s’est portée volontaire pour nous servir de guide en l’absence de la responsable des visites. Elle nous apprend qu’elle n’est pas la seule Canadienne d’origine à travailler et vivre dans l’appellation St-Estèphe, car il y en aurait une autre chez Montrose.

C’est donc dans une ambiance détendue que nous suivîmes notre Québécoise expatriée. Tout au long de cette visite, avec son petit accent français, elle nous fait mieux connaître Lilian Ladouys. Elle a aussi élaboré un peu sur  les caractéristiques du Château Pédesclaux qui appartient à la famille Lorenzetti, fondateur du Groupe Foncia.  Nous voulions visiter ce château de Pauillac, mais étant donné des travaux de rénovations majeurs qui ne seront pas finis avant les vendanges de 2014, nous nous sommes vus redirigés vers Lilian Ladouys. C’est l’architecte Jean-Michel Wilmotte, ayant conçu les chais modernes de Cos d’Estournel, qui a reçu le mandat de dessiner les nouveaux chais de cette propriété de Pauillac.

Passons aux vignobles et châteaux

Le Château Lilian Ladouys fut longtemps connu sous le simple nom de Ladouys. En fouillant dans l’histoire, on découvre que ce dernier tient son nom de la langue gasconne signifiant «la source», d’où sa proximité d’un ruisseau et du lac du Château Lafite Rothschild.  D’ailleurs, l’histoire de ces deux châteaux est liée, car lors de la construction du Château Ladouys au 16e siècle, par Jacques de Bercoyan, la bâtisse faisait office de dépendance du Château Lafite.   Au 18e siècle, Ladouys fut séparé de Lafite et vendu. Dès lors, on vit apparaître les premiers vins « Ladouys » sur le marché.  En ce qui concerne l’ajout de Lilian dans le nom, cette explication est plus récente. Le nom a été ajouté en 1989 par le propriétaire de l’époque, en hommage à sa femme d’origine suisse, Lilian. 

Avec les difficultés de la première moitié du 20esiècle, dont la crise et les guerres,  le domaine peine à survivre et les parcelles sont pratiquement toutes vendues pour honorer des dettes.  Il faudra attendre le début des années 80 pour voir renaître le Château alors que l’entrepreneur œnophile Christian Thiéblot et son épouse Lilian se lancent dans le rachat de parcelles et font des investissements significatifs dont la reconstruction des chais et des  bureaux en 1987.  On verra naître le premier millésime de ce renouveau, soit avec le 1989. Les Thiéblot doivent malheureusement vendre pour des raisons financières et c’est la banque Natexis qui va devenir  propriétaire des lieux en 1996.  

L’histoire récente du Château Lilian Ladouys passe par la famille Lorenzetti qui fera l’acquisition de la propriété en 2008, et l’année suivante, ils achèteront aussi le Château Pédesclaux, un 5e cru classé du Médoc dans l’appellation Pauillac.


Nous avons visité le cuvier et les chais du Château Lilian Ladouys avec notre guide de souche québécoise.  Elle nous a expliqué que les 120 parcelles du domaine représentent une superficie de 42 hectares en production.  De plus, avec son titre de Cru Bourgeois depuis 2003, le domaine apporte un soin à la sélection des raisins sans être totalement en méthode parcellaire. Pour sa part, Pédesclaux possède 42 hectares dont 36 en production pour l'appellation Pauillac.
Le chai de vieillissement en fût de chêne

Chez Ladouys, on utilise des barriques dites «transport»  pour le vieillissement des vins.  Les barriques de type château sont très jolies avec  des cercles de châtaigniers qui les décorent, mais il en coûte au moins 75 euros par barrique, uniquement pour l’esthétisme. Malgré ce désir d’offrir un look agréable aux barriques, on mise davantage sur la qualité du vin chez Lilian Ladouys.   Pour ce qui a trait au choix des tonneliers, on opte pour un type de chauffe bourguignonne  avec son fournisseur principal, le tonnelier François Frère qui produit une chauffe très longue et à cœur. Ceci représente environ 75% du parc de barriques. Un autre type de tonneau est utilisé, soit Taransaud,  un autre leader charentais de la tonnellerie. Le remplacement de l’ensemble des barriques se fait tous les 3 ans. Le vin principal du Château Lilian Ladouys passe de 16 à 18 mois de vieillissement en fût de chêne.   Le château produit trois vins, soit Château Lilian Ladouys, La Devise de Lilian et La Rousselière.

Chez Lilian Ladouys, l’encépagement est constitué de Cabernet-sauvignon (60%), Merlot (35%) et Cabernet franc (5%) et l’âge moyen des vignes est de 40 ans.  Chez Pédesclaux, cette proportion est de 50% de Cabernet Sauvignon, 45% de Merlot et 5% de Cabernet Franc.   On y produit aussi trois vins, soit le Château Pédesclaux, la Fleur de Pédesclaux et le Haut-Médoc de Pédesclaux.

Il importe de spécifier que les raisins de Lilian Ladouys ne sont pas récoltés en cagettes mais plutôt dans des bacs plastiques de 6 kilogrammes.  Quant à Pédesclaux, on opère davantage de manière parcellaire avec des cagettes et en pratiquant la technique de la gravité.

La dégustation 

Les vins du Château Ladouys
Pour terminer cette journée, et notre visite du Château Lilian Ladouys, nous avons été appelés à déguster du millésime 2009 de Lilian Ladouys mais aussi du Château Pédesclaux.  Du bonheur en bouteille pour cette fin d’après-midi du lundi 27 août.  Fait à souligner en regardant les bouteilles de plus près, vous constaterez la présence d’un liseré bleu.  C’est que le propriétaire, Monsieur Lorenzetti, appartient aussi un club de rugby, soit le du Racing Metro 92, et le bleu est donc un rappel de son appartenance à ce sport et de l'unité du groupe.


Le jour suivant, nous avons une belle programmation alors que nous visiterons successivement les châteaux de Talbot, Lynch Bages et Pichon Longueville avant de mettre le cap sur la région de Saint-Émilion. 

lundi 1 octobre 2012

Pontet Canet : des vins dans le respect du terroir et de l'environnement


Classé cinquième grand cru dans la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855, le Château Pontet Canet est situé dans l’appellation Pauillac. La propriété n'a connu que trois différentes familles de propriétaires durant toute son histoire soit les Pontet, les Cruze et les Tesseron.

C’est d’abord  Jean-François de Pontet, grand écuyer du roi devenu gouverneur du Médoc, qui rassemblera au début du 18e siècle, plusieurs parcelles de terres situées à Pauillac. Ses descendants y ajouteront par lasuite les vignobles mitoyens du lieu dit Canet.  La famille de Pontet est restée propriétaire jusqu'en 1865 et c’est elle qui va donc donner naissance à un des plus vastes domaines viticoles du Médoc.
Des bouteilles d'un 5e cru qui valent leur pesant d'or

Herman Cruse acquiert Pontet Canet donc 10 ans après que le fameux classement de 1855 intègre le vin à l’élite de la viticulture médocaine.  La famille Cruse était une riche famille de négociants bordelais. Ils possédaient plusieurs propriétés prestigieuses comme le château Rauzan-Ségla ou le château Giscours.  À la fin du 19e siècle, la famille Cruse modernise les installations et le processus de vinification et restera propriétaire du domaine jusqu'en 1975.   

Après 110 ans de règne sur la propriété, la famille Cruse vendra Pontet Canet à un autre négociant venu de Cognac, soit Guy Tesseron.  Ce sont d’ailleurs ses descendants, son fils Alfred et ses nièces Mélanie et Philippine, filles de Gérard Tesseron, qui possèdent le domaine.  Après plus de 37 ans de présence en Pauillac, la famille Tesseron a entièrement restructuré le vignoble au fils des années, de même que rénové l’outil technique et les bâtiments d’exploitation.  Nous avons eu la chance de partager un moment unique de dégustation avec Monsieur Alfred Tesseron qui s’est même prêté à une entrevue que je vous invite à visionner en suivant ce lien.

Au cœur de Pauillac l’expression du Cabernet sauvignon

Notre accueil à Pontet Canet diffère de la majorité des endroits que nous avons visités depuis le début de notre périple dans le Médoc.   Nous sommes conviés à monter à bord d’une voiturette de golf électrique qui nous permet de parcourir le vignoble et prendre connaissance des différentes caractéristiques de son relief, ses sols et ses différentes parcelles.  Cette gentille demoiselle va donc nous guider sous ce magnifique soleil du mois d’août à travers ces rangs de vignes qui s’alignent comme des soldats qui attendent la revue militaire par un supérieur.  Les terres du Château Pontet-Canet se situent au cœur de l’appellation Pauillac, au sud des vignobles de prestigieux voisins soit Mouton Rothschild et d’Armailhac. Le vignoble de Pontet-Canet fait plus de 80 hectares avec une forte présence de cabernet sauvignon (62%), un cépage signature des grands vins de Pauillac. Il est assemblé avec du merlot et du cabernet franc, et parfois du petit verdot en fonction des millésimes.

Quand le terroir est une passion

C’est Alfred Tesseron qui a insisté fortement pour y établir une sévère politique de gestion parcellaire. Grâce à cette vigilance exercée depuis des années, Pontet Canet s’est développé avec une philosophie affichée qui consiste d’intervenir le moins possible, mais le plus naturellement possible dans le vignoble en adoptant une approche biodynamique.  C’est ainsi que l’on en est venu à bannir tout désherbant chimique et favoriser la protection de l’environnement et l’intégrité de la vigne,  en pratiquant une gestion extrêmement rigoureuse.   Depuis quelques années, on a assisté à un retour du travail assisté par des chevaux dans le but de cultiver la vigne et éviter le compactage du sol.  C’est maintenant plus de 24 hectares du vignoble qui sont cultivés au cheval sans intervention de tracteur. Aux dires de son propriétaire qui caresse l’objectif d’étendre cette pratique à 100% du vignoble n’est pas pour le folklore pour favoriser un rapprochement à la nature et permettant aussi d’être encore plus conséquent envers le respect des ceps de vigne et du terroir.  D’ailleurs, il faut voir cet homme aux yeux bleus comme le ciel qui s’exprime avec un amour inconditionnel lorsqu’il parle de ce vignoble.  


La gravité : une ancienne tradition vinicole

Construit au XIXe siècle, un cuvier à étage permet de descendre la vendange dans les cuves de chêne, par gravité naturelle, sans pression ni pompage. Les extractions se font lentement, ce qui permet d’extraire seulement les meilleurs tanins. En s’inspirant de ce modèle exemplaire, Alfred Tesseron a fait construire sa version moderne en 2005.  On a donc mis en place un nouveau cuvier sur ce principe, dont chacune des 32 cuves tronconiques en béton pèsent 9 tonnes, et possède une capacité de 80 hectolitres chacune.  Phénomène assez visible dans le Médoc, il  y a de plus en plus de châteaux qui reviennent à cette pratique traditionnelle de l’utilisation de la gravité, afin de respecter le raisin et ses qualités optimales.  Les travaux de plus de 30 millions d’euros au Château Cos d’Estournel dans St-Estèphe constituent l’exemple le plus évident.
Les nouvelles cuves en béton depuis 2005

C’est n’est d’ailleurs pas un geste à l’aveuglette chez Pontet Canet, car ce projet a été  piloté par Alfred Tesseron de concert avec l’œnologue Michel Rolland, l’architecte Christophe Massie, et le régisseur du Château, Jean-Michel Comme qui ont contribué à cette réflexion et sa mise en œuvre.  

Bien que notre visite se soit déroulée en présence de notre guide, nous avons été rejoint par Monsieur Tesseron pour la dégustation au deuxième étage.   Avec une vue imprenable sur le vignoble nous avons dégusté le millésime 2011.  Monsieur Tesseron visiblement fier de ce vin, qui sera commercialisé seulement qu’à la fin de l’été 2013, décrivait ce millésime en rendant hommage à ceux qui ont rigoureusement besogné pour  obtenir ce résultat.  Tel un père fier de ses enfants, il avait des étincelles dans les yeux à chaque gorgé qu’il prenait. C’est ni plus ni moins une manifestation de l’amour du métier.  D’ailleurs ce succès est d’autant plus significatif car depuis 2010,  le château Pontet-Canet est le seul domaine parmi les grands crus classés du Médoc à être certifié agriculture bio, et par surcroit en agriculture biodynamique.

Après une telle fin de journée et une rencontre inoubliable avec un homme de terroir, nous quittons la région de Pauillac en préparation d’une journée plus tranquille avec deux châteaux au programme pour finir notre première semaine dans la région de Bordeaux.  Avis aux intéressés, je vous parle de Montrose et Beychevelle dans mes prochains reportages.

jeudi 27 septembre 2012

Giscours et du Tertre, visite de deux Grands Crus de Margaux


Notre marathon des visites dans le Bordelais en ce jeudi 23 août 2012 s’est poursuivi dans la région de Margaux où deux châteaux appartiennent à l’homme d’affaires de nationalité néerlandaise,  Éric Albada-Jelgersma. C’est grâce à notre rencontre à Las Vegas au printemps dernier avec le directeur général du Château Giscours et Château du Tertre, Monsieur Alexander Van Beek, que nous avons eu le privilège d’être reçus à ces deux propriétés de l’appellation Margaux.  En fait, nous étions au Grand Tasting Tour du Wine Spectator en mai quand nous avons fait un arrêt à la table de Monsieur Van Beek.  Après lui avoir laissé une copie de mon livre et quelques échanges par courriel, nos visites furent confirmées.

L’histoire de deux crus
L’histoire de Giscours remonte aussi loin que le XIVe siècle, mais c’est à partir de 1552 que la maison  « Guyscoutz » fût fondée par un vaste domaine et la plantation des toutes premières vignes, avec l’acquisition de Pierre de Lhomme, un riche drapier bordelais.  C’est cependant au XIXe siècle, sous l’impulsion des Promis, des Pescatore et autres Cruse que Giscours se transforme en palais néoclassique agrémenté d’un parc aux essences rares conçu par le paysagiste Eugène Bülher.  De nombreux propriétaires se succèdent au XXe siècle, jusqu'au rachat de Giscours par Nicolas Tari en 1952.  Ce dernier sera remplacé en 1970 par son fils Pierre qui poursuivra la modernisation.
L'imposant Château Giscours

Au début de l'année 1995, la direction de l'exploitation est assurée par Eric Albada Jelgersma qui a aussitôt investi dans la rénovation du vignoble et des bâtiments d'exploitation. Il s'est entouré d'une équipe renouvelée qui dirige aujourd'hui
Giscours et s'inscrit dans la continuité des générations de viticulteurs qui ont fait de ce domaine un troisième Grand Cru classé de renom. 

L’histoire du Château du Tertre,  situé à Arsac en Gironde, diffère un peu.  Classé cinquième grand cru dans la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855,  son histoire débute au moment où Thomas de Montaigne épouse Jacquette d’Arsac et devient en 1590 « seigneur des Maisons Nobles d’Arsac et du Castéra et autres en Médoc ».  Bien que le château lui-même soit construit seulement vers 1736,  plusieurs propriétaires s’y succéderont.  C’est Henri de Koenigswater qui en sera propriétaire au XIXe siècle, alors que le château accède au rang de grand  cru du bordelais. 

En 1925, le château du Tertre est acheté par Achille de Wilde, négociant belge, et conservé dans la famille jusqu'en 1952.  En 1997, Eric Albada Jelgersma rachète ce domaine où il réalise d’importants investissements afin d’en restructurer l’ensemble.

Giscours et ses caractéristiques
Lors de notre passage à Giscours, Michael Sanders sera notre guide pour l’occasion.  Il nous permettra de visiter le cuvier, le chai et nous donnera aussi plusieurs détails concernant l’élaboration des vins. Le vignoble de Giscours est composé de 60 % en Cabernet sauvignon, 32%  de Merlot, 5% de Cabernet Franc et 3 % de Petit Verdot.  Exploité sur un peu plus de 80 hectares de graves réparties sur quatre croupes distinctes, le vignoble sert à produire le grand vin du domaine et son second, La Sirène de Giscours.   
Notre guide m'explique l'importance du choix des barriques

Les vins de Giscours sont vinifiés dans des cuves en inox et en béton.  C’est toutefois à l’assemblage des cépages et dans le choix des tonneliers que l’art de l’élevage va se mettre en œuvre comme se plaît de nous l’indiquer notre guide.   Au moment de notre passage, on était sur le point d’acheminer le millésime 2010 pour la commercialisation suite à sa mise en bouteille en juillet dernier.  En fait, le cahier de charge de l’appellation Margaux autorise la commercialisation à partir du 1er septembre.   Nous avons pu admirer les barriques du 2011 qui se retrouveront en bouteille au courant de l’année prochaine et qui se retrouveront à leur tour sur le marché en septembre 2013.   Près de 1500 barriques du millésime 2011 dorment tranquillement dans le chai.  Le grand vin du domaine séjourne dans du fût de chêne français dont 50% dans du neuf, tandis que le second en utilise seulement 20%, ce qui fait en sorte qu’il y a renouvellement complet des barriques à tous les 4 ans.

Le 2011 n’est pas encore assemblé.  Il repose dans les barriques cépage par cépage et aussi en respectant les différentes parcelles du domaine.  Le choix des tonneliers est une étape aussi très importante en prévision de l’assemblage. 
Dans la salle de dégustation de Giscours

Chez Giscours, comme dans plusieurs propriétés du Médoc, on fait appel à 8 tonneliers avec des chauffes particulières.   Cette sélection est importante afin de favoriser le développement des arômes tertiaires qui vont naître et évoluer dans les barriques et ensuite en bouteilles.
Selon les types de chauffes des différents tonneliers, on obtiendra des arômes fumés, boisés,  grillés, toastés ou même aux parfums de chocolat, de clou de girofle, noix de coco, de cannelle, de torréfaction et autres.   Une équipe de 5 personnes sera impliquée dans l’élaboration du vin et dans son assemblage.   Deux œnologues, le maître de chai, le directeur et le propriétaire auront leur mot à dire dans le produit au final.   L’œnologue du Château Giscours est Éric Boissenot, tandis que Denis Dubourdieu agit comme œnologue et consultant externe.

Lors de notre visite à Giscours, nous avons été en mesure de déguster quelques millésimes du grand vin et son second.  Nous avons dégusté du 2006 et du 1998 de Château Giscours, ainsi que son second, La Sirène de Giscours, soit un 2003 et un 2005. Nous avons également été en mesure de déguster le 2005 du Château Duthil qui est vinifié par l’équipe de Giscours, mais dont le vignoble de 5 hectares est situé sur la commune du Pian Médoc, au coeur de l’appellation Haut-Médoc.  


Une visite écourtée au Château du Tertre

Les vins du Château du Tertre
Enfin, nous avions prévu une visite au Château du Tertre mais notre horaire assez chargé durant cette journée nous obligera à faire une visite beaucoup moins élaboré à cet endroit.  Notre gentille hôtesse nous a guidés, lors d’un tour éclair, dans le vignoble, dans le cuvier et dans les chais, pour ensuite nous amener à l’étape de la dégustation de ce 5e cru classé et son second vin,  soit Les Hauts du Tertre.   Nous avons goûté le Château du Tertre 2006 et son second du millésime 2003.  

Bien que nous ayons apprécié les vins présentés plus tôt au Château Giscours, je dois avouer que le style plus fin des vins du Château du Tertre m’a plu davantage.  Comme on dit, il n’y a pas de mauvais vins, surtout dans le bordelais, il y a simplement des goûts différents.

Nous quittons la région de Margaux et le Château du Tertre vers 15 h 35,  car nous avons un dernier rendez-vous en cette journée du 23 août.  Notre destination finale nous mènera vers la région de Pauillac pour une visite très attendue de Pontet Canet.  Comme le dit si bien l’une de mes bonnes amies, la misère est vraiment optionnelle. 

mardi 7 août 2012

Sur la route des crus de Bordeaux


Comme vous pouvez le constater, le blogue Le Tire-bouchon est pas mal en mode vacances depuis le début de l’été!  C’est évidemment une période idéale pour recharger un peu le niveau d’énergie avant l’automne.   À partir de la mi-septembre vous pourrez profiter d’un peu plus d’activités sur mon blogue car j’aurais effectué la visite de plusieurs vignobles dans une région que je n’avais pas encore eu la chance de visiter soit Bordeaux.

Ce voyage qui va se dérouler du 20 août au 4 septembrepromet d’être un pèlerinage que je décris comme la Mecque du vin.  Bordeaux et ses crus représente un attrait unique pour tout amateur de vin avec les crus du classement de 1855 du Médoc.  J’aurais l’opportunité de rencontrer des artisans du vin et je partagerais des entrevues et montages vidéo à partir de mon blogue.

Pontet-Canet, Pichon Longueville, Montrose,  Margaux, Cos d’Estournel, Rauzan-Ségla,  Lascombes,  Giscours, Beychevelle, Talbot, Lynch-Bages et Palmer figurent sur mon itinéraire sur la rive gauche.   Évidemment un séjour dans Bordeaux ne serait pas complet sans visiter quelques grands domaines de la rive droite avec la région de St-Émilion. Encore une fois je serais privilégié de visiter quelques grands domaines de renom comme Cheval Blanc, Angélus, Figeac, Troplong-Mondot et Faugères.  Enfin, je vais me permettre une petite excursion en Gascogne pour visiter le Château du Tariquet qui célèbre son 100eanniversaire en 2012.   Les produits de ce beau domaine de la famille Grassa se retrouvent à nouveau sur les tablettes d’Alcool Nouveau-Brunswick après quelques années d’absence. 

Voilà pour cette petite mise à jour estivale. Préparez-vous pour l’automne, car je m’en vais boire Bordeaux et je vous en reparle en détails sous peu.  

jeudi 31 mai 2012

Les vins primés du FestiVin 2012


Depuis plusieurs années, l’organisation du FestiVin profite de l’occasion pour décerner des prix pour les meilleurs vins de l’événement.  Ce concours permet aux consommateurs d’orienter leur achat durant le week end des grandes dégustations, mais aussi aux agents de ces produits d’avoir une bonne visibilité et d’obtenir des succès de vente.  Les vins primés reçoivent aussi une attention particulière dans les magasins d’Alcool Nouveau-Brunswick avec la mention « Vin primé du FestiVin »  pour des fins de marketing.

La cuvée des vins primés de 2012 a été soumise à une dégustation  à l’aveugle auprès d’un panel mixte d’amateurs et d’experts.  La meilleure moyenne des résultats des juges permet de déterminer les gagnants dans les différentes catégories.  La cuvée 2012 a été jugée le 23 mai dernier à l’Auberge de la Baie de Caraquet sous la supervision du sommelier du FestiVin, Allain Lanteigne. 

J’étais à nouveau présent à titre de juge au concours des vins primés et je vous divulgue aujourd’hui la liste des vins gagnants de la 16e édition du FestiVin.  Au total 22 vins blancs, 32 rouges et un rosé ont été soumis au palais des panelistes.   Sur un pointage de 100 points, les critères d’évaluation portaient sur la couleur, la clarté, l’acidité, l’astringence des vins, ainsi que la texture, les arômes, les saveurs, la finale et l’impression générale.

Voici donc les gagnants 2012


Vins mousseux;
1er - Pierre Sparr Crémant d’Alsace Brut Réserve   (France)
2e  - Hungarovin Grande Cuvée                 (Hongrie)
3e  - Las Moras Sparkling Viognier-Shiraz    (Argentine)

Vins blanc moins de $15;
1er - Norton Barrel Select Sauvignon Blanc   (Argentine)
2e  - Relax Riesling            (Allemagne)
3e  - Pelee Island Gewurztraminer      (Canada)

Vins blanc $15 et plus;
1er - Bonterra Organic Chardonnay  (États-Unis)
2e  - Ménage à Trois White   (États-Unis)
3e  - Donnafugata Anthilia   (Italie)

Vins rouge moins de $15;
1er  - Illuminati Riparosso DOC    (Italie)
2e   - Labouré Roi Hommage aux Acadiens Pinot Noir  (France)
3e   - La Chamiza Amateur Cabernet Sauvignon             (Argentine)


Vins rouge $15 et plus;
1er -  Empson Chianti DOCG   (Italie)
2e - The Peoples Pinot Noir   (Nouvelle-Zélande)
3e  - Prince Mircea Merlot  (Roumanie)

jeudi 12 janvier 2012

Cinq résolutions 2012 pour l’amateur de vin

La nouvelle année est bel et bien amorcée et j’ai profité des derniers jours de 2011 et des premiers de cette nouvelle année pour me recharger les batteries. Ce qui explique le fait que j’ai été pour le moins silencieux sur le blogue le Tire-bouchon durant cette période.
Une nouvelle année est le moment propice d’adopter des résolutions pour améliorer un aspect de notre vie qui nous satisfait un peu moins ou encore pour modifier un comportement. Dans mon travail de conseiller en vin comme celui du sommelier, il est pertinent également de faire une petite introspection et revoir les façons de faire. Pour ma part, j’ai opté pour une seule résolution concernant le monde du vin et c’est celle de prendre encore plus mon temps pour déguster soit d’observer, de sentir et d’analyser ce qu’il y a dans mon verre avec encore plus de rigueur.
Quelles sont vos résolutions quant à la consommation de vin? Permettez-moi de vous suggérer quelques pistes d’amélioration comme consommateur de vin; voici cinq résolutions, libre à vous de choisir l’une d’elles ou l’ensemble si vous vous sentez d’attaque.
1.       Prenez des notes sur ce que vous consommez.
Bien souvent, les gens boivent du vin sans noter le nom du vin qu’ils consomment.  Il est difficile à ce moment-là de faire des comparaisons sur vos préférences.   Par surcroît, vous aurez tendance à rester dans vos zones de confort en consommant les mêmes vins semaine après semaine. De plus, il est aussi agréable de noter les harmonies avec vos mets préférés et ainsi votre propre répertoire des accords mets et vins.
2.       Ne vous laissez pas rattraper par le syndrome des vins de 90 points et plus.
Beaucoup de consommateurs, un peu plus avertis, se laissent séduire par l’achat de vins ayant obtenu une appréciation de plus de 90 points par les analyses de la presse spécialisée comme Robert Parker ou Wine Spectator. Trop souvent, plusieurs personnes lèvent le nez sur des vins qui récoltent des notes de 88 ou 89 points. La marge est mince entre un vin de 88 points et 90 points. Faites votre propre jugement, et amusez-vous sans prendre ces pointages au pied de la lettre.
3.       Utilisez les bons outils pour déguster vos vins.
Pour profiter pleinement des plaisirs du vin, il est primordial d’avoir de bons verres à vin. Il n’est pas nécessaire d’y aller avec les produits haut de gamme des dégustateurs. Il suffit de se doter d’un ensemble de bons verres pour le vin rouge et le blanc qui est accessible dans plusieurs boutiques spécialisées. La gamme des produits des compagnies Riedel, Spiegelau et Eisch sont les plus populaires. Un bon tire-bouchon est également nécessaire. Évitez les gadgets de tout genre, allez-y avec l’outil par excellence du sommelier avec un type limonadier, soit un modèle de tire-bouchon intégrant un décapsuleur. La marque Laguiole est parmi les plus reconnues. Enfin, l’achat d’une bonne carafe permettra une meilleure oxygénation de certains vins.
4.       Essayez de découvrir la diversité du monde des vins
Le monde vinicole n’est plus réservé aux vins de France ou d’Italie. Le vignoble mondial est en plein essor et il est devenu facile de se procurer des vins provenant de différents pays et certaines régions qui gagnent en popularité, grâce à une amélioration des techniques de vinification à travers le monde entier.  Comme vous le savez probablement si vous avez lu mon plus récent livre Le Tire-bouchon Griffin 2012, je suis un adepte des vins du Canada. La réputation de piquette des vins canadiens n’a plus sa raison d’être, car nous avons d’excellents produits même en dehors du giron des Icewine. Mission Hill, Clos Jordane, Tawse, Osoyoos,  Inniskillin, Sumac Ridge, Jackson-Triggs, Cave Spring et plusieurs autres se démarquent à bien des niveaux. Enfin des pays comme le Chili, l’Argentine, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et le Portugal produisent de merveilleux résultats.  À vous le plaisir de voyager à travers le monde par le biais de ces bouteilles.
5.       Laissez-vous séduire par les vins blancs
Depuis mes premières gorgées, j’ai toujours eu un faible pour les vins blancs.  Je sais que le marché de la consommation du vin est davantage dominé par les vins rouges.  Toutefois, je sais que plusieurs personnes n’osent pas sortir de leur zone de confort en prétextant qu’ils aiment mieux le rouge et que les blancs n’ont pas d’intérêt pour eux.  
Élargissez vos horizons et osez sortir de votre zone de confort. Certaines attitudes frisent le snobisme et vous vous privez ainsi de profiter pleinement de certaines harmonies à table. Lorsque vous serez en présence de fruits de mer, faites au moins l’effort de boire un petit verre de blanc. Je ne vois pas l’intérêt de consommer un homard nature avec une shiraz d’Australie. On a beau dire qu’il est bien de consommer le vin qu’on aime, mais il y a aussi de la place pour faire progresser ses goûts. Rappelez-vous lorsque vous étiez enfants, vous aviez probablement horreur des brocolis, oignons ou autres, mais aujourd’hui vos gouts ont certainement évolué.
Il y a tellement de diversités dans les arômes et saveurs des différents cépages en blancs. Viognier, cortese, sauvignon blanc, roussanne, grüner veltliner, riesling, chardonnay, silvaner, catarratto, gewurztraminer et plusieurs autres figurent parmi cette longue liste de choix.
Le mot de la fin
Bon, c’est une nouvelle année de découvertes qui s’offre à vous, alors saisissez ces occasions et profitez des bons côtés de la dégustation et des plaisirs d’explorer le monde des vins. Vous verrez, ce n’est pas la fin du monde quoiqu’on en dise… Bonne année 2012!