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dimanche 11 mars 2012

Château Margaux; Prooftag pour contrer la fraude

Les malfaiteurs ne se contentent pas seulement de faire circuler de faux billets de banques, des imitations de Rolex ou de faux tableaux.  De nos jours même l’industrie du vin est frappée par des gens sans scrupule qui n’hésite pas à introduire une bouteille d’un Grand Cru et d’une grande valeur pour substituer le contenu par un vin bon marché en faisant croire qu’il s’agit d’un grand vin d’exception.   Que ce soit un 6 litres de Cheval Blanc 1947 vendu à près de 300 000 dollars ou d’un Impérial de Pétrus 1961 vendu à gros prix, les arnaqueurs s’en donnent à cœur joie en s’appropriant facilement les dollars, en profitant d'une duperie auprès d’acheteurs fortunés.  

Il se rappeler que le collectionneur de bouteilles William Koch avait déposé une plainte en justice l’an dernier, estimant avoir été floué dans une vente de vins rares chez Christie's. Le milliardaire avait alors déposé une poursuite devant un tribunal de New York, jugeant que l'organisateur d'enchères n'avait pas été attentif en proposant des bouteilles de Bordeaux falsifiées dans les années 1980.

Il y a toutefois une lueur d’espoir pour les collectionneurs et acheteurs comme en témoigne un récent article dans le magazine britannique spécialisé dans le monde des vins, soit le Decanter.  En effet, pour combattre la fraude, le fameux Château Margaux a décidé de prendre les grands moyens pour protéger ses bouteilles de la fraude et conserver la confiance des acheteur de ce 1er cru classé de Bordeaux.  Ayant eu la chance de déguster ce vin à quelques reprises dans des millésimes comme le 1989 et 1997,  il est certainement rassurant pour l’acheteur  qui a déboursé des centaines de dollars de savoir que ce qui se trouve dans la bouteille est authentique. 

Le Château Margaux utilise le système Prooftag qui est un sceau de protection qui est fixé sur la bouteille et qui s’étend sur la bouteille en allant vers la capsule métallique de protection du bouchon.   Ce sceau de protection est numéroté avec une séquence unique et dont la validité pourra être validée à partir du site Internet du Château Margaux.

Lorsque la bouteille est ouverte le sceau est automatiquement brisé et non réutilisable.  Le directeur du Château Margaux Paul Pontallier a confié au Decanter que le domaine tente ainsi de s’assurer que l’authenticité des bouteilles puisse survivre au-delà d’une trentaine d’années. 

Ce système sera  appliqué à la production du 2009 et 2010 du premier cru du Château,  ainsi qu’aux autres vins du domaine comme le Pavillon Rouge qui est le second vin du Château Margaux et au Pavillon Blanc.  Les millésimes à venir ainsi que les plus vieux millésimes qui seront vendus à partir de la propriété seront aussi doté du système Prooftag.  

Ce n’est d’ailleurs pas la seule mesure antifraude utilisée par le Château Margaux pour protéger l’identité de ses bouteilles.  On procède aussi à la gravure au laser des bouteilles, l’utilisation de moule spécifique aux bouteilles de différents millésimes, une numérotation individuelle des codes barres des bouteilles et des caisses de vins.  De plus on utilise de l’encre spéciale sur les étiquettes et les encolures métalliques des bouteilles comme le rapporte le Decanter.

dimanche 19 février 2012

Crevaison pour La Bicyclette rouge en France

Le monde du vin est encore éclaboussé par un scandal qui portera certainement ombrage à la confiance des consommateurs.

Après l'affaire des allégations de fraude concernant des vins italiens comme le Brunello di Montalcino et du Vino nobile di Montepulciano, c'est maintenant la France qui est pointée du doigt et le Géant américain Gallo.  En effet selon ce que rapporte AFP et le site Internet La Dépêche.fr,  la société limouxine Sieur d'Arques  avec son vin Red Bicyclette est directement en cause pour avoir commercialisé du faux pinot noir.  

Le tribunal correctionnel de Carcassonne a prononcé des peines jusqu'à 6 mois de prison avec sursis et 180.000 euros d'amende (Plus de 255 000 dollars canadiens)  contre des viticulteurs et négociants du Languedoc-Roussillon qui ont exporté des vins des vins en usurpant l'appellation de cépage pinot noir. La société Sieur d'Arques qui se trouvait au sommet de la pyramide de commercialisation traitait avec son client,le géant américain, la société Gallo.  La supercherie consistait à vendre un mélange de merlot et de syrah pour du pinot noir, et ce presque deux fois plus cher, sous l'étiquette Red Bicyclette.  

Ce n'est pas aussi la première fois que la  France est au coeur d'une affaire de fraude dans le monde du vin.  Dans le  Beaujolais, le puissant négociant Georges Duboeuf, avait été condamné en 2006  pour avoir mélangé illégalement des vins génériques de moindre qualité avec des cuvées de son cru AOC. De plus signalons aussi le cas du co-propriétaire de Château Giscours, dans le Bordelais, qui avait fait l’objet d’une enquête en 1995,  pour avoir mélangé du vin générique de l’appellation Haut Médoc avec le second vin de la propriété.

Récemment plusieurs personnes bien nantis mettaient aussi en doute l'authenticité de plusieurs vins prestigieux  vendus à gros prix dans les enchères.  Un article à ce sujet a été publié sur les vins de contrefaçon dans le magazine Wine Spectator du 15 décembre 2009.

Chose certaine, la réputation du vin de Languedoc-Roussillon va en prendre pour son rhume avec ce nouvel épisode ou l'appât du gain s'est fait sur le dos des consommateurs.