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samedi 29 décembre 2012

Morey-Saint-Denis

Une histoire de « Combes »




Riche en premiers crus et en grands crus (Clos de Tart, Bonnes Mares, Clos de la Roche, Clos Saint-Denis, Clos des Lambrays), Morey-Saint-Denis forme en Côte de Nuits la transition toute personnelle entre le vin de Gevrey-Chambertin et celui de Chambolle-Musigny. Marquée par la puissante Maison de Vergy, par les abbayes de Cîteaux et de Tart, par de grandes familles bourguignonnes, l’histoire du village s’associe à celle de son vin. « On peut dire qu’il ne lui manque rien », écrivait déjà le Dr. Lavalle en 1855. L’appellation d’origine contrôlée a été instituée en 1936.


La vigne repose sur les sols calcaires et argilo-calcaires du jurassique moyen : oolithe blanche du bathonien en haut du coteau, calcaires à entroques du bajocien en bas de pente. Exposée au levant, elle se situe entre 220 et 270 mètres d’altitude. À l’aplomb du village, la combe modifie certaines expositions et rend le terrain plus marneux.




Les 1er crus et leurs caractéristiques :


Au débouché de la combe giscard : Monts Luisants, 350 m d’alt, pauvre en fer et en argile. A la même altitude : Les Genavrières, Les Chaffots.

Au pied de coteaux se succèdent tous les 1er crus jusqu’à Chambolle. Les Sorbès et Clos des Ormes ont une réputation de concentration, tandis que Aux Charmes tends vers la finesse, La Bussière l’équilibre.




…Clos Baulet, Les Blanchards, Les Gruenchers, La Riotte, Les Millandes, Les Faconnières, Les Charrières, Aux Cheseaux, Les Chenevery, Le Village, Clos Sorbé, Les Ruchots, Côte Rôtie.




Les Grands crus et leurs caractéristiques :


Au sud de Latricières C, le Clos de la Roche : 16 Ha répartis sur plusieurs lieux-dits (Clos de la Roche, Mont luisants bas et Les Mochamps). Le plus viril et le plus charpenté des Grands Crus de Morey. La terre n’y excède pas las 30 cm par endroit sur des blocs rocheux riches en éléments nutritifs.


Clos Saint Denis : 6,5 Ha répartis sur plusieurs lieux-dits (maison brulée, les chaffots, Calouère) 37 parcelles réparties en 15 domaines. Marnes 6 à 12% avec teneur en argile, la pente est plus douce. Plus fin, plus racé et parfumé mais moins charpenté.


Clos des Lambrays : 8,66 Ha répartis sur plusieurs lieux-dits. Terroir non homogène constitué de 3 ensembles :





- La partie basse composée de terre lourde et argileuse = Puissance et charpente

- La partie médiane avec une superbe exposition = l’heureuse synthèse

- La partie haute sur marnes et ventilée = Finesse.

Cru monopole à l’exception d’une partie basse, classé Grand Cru depuis 1981.


Un des terroirs les mieux exposés et les plus individualisés de la Côte de Nuits, capable de donner des vins du gabarit du chambertin, en plus moelleux. Avec l'âge se développe une note fumée proche des vins rouges de Pessac-Léognan.


Clos de Tart : 7,5 Ha. Cru monopole. Vins vinifiés et élevés sur place. Terroir plus homogène que CDL.



Différents affleurements de terre, il est traversé par un veine calcaire qui commence aux Bonnes Mares pour finir au CDL.

Les vignes sont plantées dans le sens de la largeur et non de la la longueur afin de préserver l’érosion.

Un des terroirs les plus originaux de la Côte de Nuits, réunissant les qualités contradictoires du Chambertin, charnu et profond, et du Musigny, fin et élancé. Au sommet de sa forme depuis le millésime 1995.



Bonnes-Mares : 15,55 Ha répartis en grande partie sur le territoire de la commune voisine de Chambolle-Musigny. Seule la partie longeant le Clos de Tart est située sur Morey-Saint-Denis. Les vins produits sont vineux, riches. (voir Syllabus Chambolle Musigny).



Sources :
BIVB, La RVF, Burgundy report, syllabus O.VanRode,
Atlas des vins de France Hachette
Grand Atlas des vignobles de France Solar

http://fr.wikipedia.org/wiki/Morey-Saint-Denis

vendredi 28 décembre 2012

Vacances de Noël 2011!

L'accès à internet ayant été difficile pendant les vacances, le blog n'est plus à jour. Je vais de ce pas rectifier le tir en publiant mes derniers vins dégustés lors de ces 10 derniers jours... avec notamment de beaux Champagne de vignerons!

  • Champagne Lancelot-Pienne, Cuvée de la Table Ronde, Grand Cru Blanc de Blancs issu des communes de Chouilly, Cramant et Avize. Ma bouteille est principalement issue de la vendange 2007.
Champagne très fruité au nez, aérien en bouche! Des arômes de miel et de fruits blancs et jaunes précèdent une bouche délicate et crémeuse avec un dosage présent qui lui donne une certaine élégance. J'ai très hâte de goûter le même vin en version Brut Nature! Excellent rapport qualité-prix à 16 ou 17 euros!

16/20



  • Champagne Assailly-Leclaire, Rosé. 87% de Chardonnay Grand Cru d'Avize, 13% de Pinot Noir de Bouzy
Un rosé qui tire vers le rouge. Cela me plaît. Un caractère vineux qui me fait penser que ce Champagne ira très bien à table. Ce dernier est plutôt fermé aromatiquement. On peut tout de même y sentir des arômes de fruits rouges : fraise et groseille. En bouche, c'est en effet vineux, puissant et cela manque même de fraîcheur. J'avais nettement préféré la cuvée réservée ou le bon millésimé 2005! Prix : environ 18 euros. Millésimé 2005 à 25 euros, cuvée réservée au prix extraordinaire de 15,5 euros.




  • Champagne Pierre Bertrand, Blanc de Blancs, 100% Chardonnay, mélange 1999 et 2002! 
Ouvert dans le train pour faire passer le temps... mais surtout pour célébrer les vacances! 
Vraiment bluffé par ce magnifique blanc de blancs. La couleur est superbe, légèrement évoluée d'un bel or avec de jolis reflets. Le nez nous séduit tout de suite avec des arômes de noisette, de beurre, de nougat et de champignons. La bouche est vineuse avec une finale fraîche, longue et acidulée. Coup de coeur! Environ 15 euros au domaine.

16/20


  • Domaine Alain Chavy, Puligny-Montrachet 2008
Un joli Puligny-Montrachet, bien typé, avec un bon équilibre entre le bois et le fruit. Prix inconnu.

15/20



  • Côte Rôtie, Domaine Jasmin 2009
Le domaine Jasmin est réputé pour élaborer des Côte Rôtie en finesse. J'avais donc trouvé le 2006 absolument remarquable. Laissons sa chance à ce jeune 2009, année plus solaire!

Le nez est floral... sans doute le viognier? Nous ressentons également des arômes de violette, de fruits noirs, d'olive noire. Le vin est plein, rond en attaque, les tanins très fins, droits et serrés. Il faut l'attendre pour qu'il s'ouvre davantage et que le tout devienne plus charmeur. Prix propriété : 26 euros.

14.5/20


  • Domaine Dupont-Tisserandot, Gevrey-Chambertin 1er Cru, Les Cazetiers 2007.
Ce n'est pas la première fois que je bois ce vin. L'année dernière, ce dernier était encore marqué par le fût neuf. Cette fois-ci, cela semble bien mieux intégré. Le nez est nettement moins vanillé et le terroir semble avoir pris le dessus avec un nez animal et terreux, fruits rouges et noirs. La bouche est massive, compacte, large! Mais les tanins sont déliés et la finale élégante... J'adore. Prix : 32 euros.

18/20



  • Coteaux de Bellet, Blanc, 2010 : un vin très méditerranéen... floral, fenouillé, avec une bouche pleine de saveur mais un peu chaude. 14/20. Prix inconnu.
  • Coteaux de Bellet, Rouge, 2009 : Un vin qui sent bon le coulis de mûre, le cacao, avec également un peu de fût... nous retrouvons ces arômes en bouche, avec des tanins souples et une finale fraîche. 15/20 Prix inconnu.

  • Terremoto, Emporda, Vin Espagnol non millésimé produit par un français!

Si j'ai bien compris le discours du caviste, il s'agit là du fond de cuve du grand vin du domaine Terra Remota, situé en appellation Emporda... qui n'a donc pas été élevé en barrique et qui est juste sur le fruit, à consommer rapidement.

Un très bon moment autour de cette bouteille à l'apéritif. Bu légèrement frais, ce vin délivrait des arômes diablement gourmands de cerise noire bien mûre, de cannelle, d'herbes de provence. C'est rond, souple, gourmand... on se ressert, cela descend vite et ne coûte que 6,9 euros. Un très bon vin à boire sans réfléchir. 

15/20


  • Les Vignes Oubliées, Coteaux du Languedoc, Terrasses du Larzac, vinifié et élevé par Oliver Jullien et Jean-Baptiste Granier, 2010
De très vieilles vignes de Saint Privat ont été exploitées par un vigneron de talent pour créer cette cuvée aux arômes de cuir, de réglisse, d'olive et de fruits noirs. La bouche est clairement construite sur le fruit, avec des tanins souples, peu perceptibles, et une finale acidulée qui rend le vin vraiment digeste. Un peu moins de 15 euros.

14.5/20 

dans le train en sur-réservation... sur le strapontin dans le couloir


  • Domaine de Souch, Marie-Kattalin, 2008, Jurançon
Les vins issus du Domaine de Souch sont parmi les plus réputés de l'appellation Jurançon. Le vignoble est conduit en bio-dynamie et les rendements sont très faibles.

Nez exotique : mangue, ananas... ainsi qu'un peu de poire williams. Évidemment du sucre en bouche, mais tellement d'acidité qu'on l'oublie. Le vin est très tendu. L'acidité est même trop présente. Le tout est plutôt fermé. À revoir dans 6 mois car pour le moment c'est une grande déception. Environ 28-30 euros.

14/20



vendredi 21 décembre 2012

Volnay

…ne compte aucun Grand cru, mais ses Premiers crus sont sans égal!

La géographie

« C'est peut-être sur cette commune de la Côte de Beaune que l'on rencontre la plus grande variété de sous-sols, La petite combe, localisée au niveau du village, bien que peu importante, accroît encore cette complexité. ».
D'origine celtique, ce village doit son nom à la divinité des sources adorées par les Gaulois : Volen, Volen...!
Charmant village de 300 âmes, Volnay est disposé à mi coteau, au milieu d'un terroir à dominante marno-calcaire entre deux cônes de déjection formés par les combes d'Auxey-Duresses, au sud et de Pommard, au nord. D'où des apports alluviaux.

« Le vignoble est établi sur un coteau unique à dominante est, ce qui implique moins de différences d'exposition que sur d'autres terroirs »
Dans le contexte de la formation en "creux" et en "voûtes" de la Côte bourguignonne, Volnay est situé en bas, tandis que Gevrey-Chambertin, en Côte de Nuits, se trouve au sommet (On le verra dans un prochain cours, mais…surprise). Les deux villages ont en commun un sous-sol du jurassique inférieur, surmonté des calcaires. Tandis que les marnes de l'oxfordien, formation plus récente du jurassique supérieur et du callovien, coiffent l'ensemble à Volnay. Moins accidentée que la Côte de Nuits, la Côte de Beaune est davantage orientée nord-est/sud-ouest que nord/sud.
La situation est différente du proche voisin, Pommard, avec ses combes qui entaillent le vignoble. L'exposition au levant, dominante, favorise le réchauffe matinal des sols et optimise la durée quotidienne d'insolation.

Le climat

« Le vignoble de Volnay est abrité des vents d'ouest et des orages par le sommet de sa colline boisée »,
On peut enregistrer ici des températures nocturnes très élevées en période de maturation, car les courants d'air se font plutôt rares - l'absence de combes déjà évoquée - et le manque de fraîcheur est parfois oppressant au cœur de l'été. Souvent dense, la pierrosité amplifie le phénomène en restituant les calories emmagasinées pendant la journée.

« Volnay est l'un des villages les plus précoces de la Côte de Beaune
Ces écarts limités entre tempéra tures diurnes et nocturnes ne semblent cependant pas nuire outre mesure à l'acidité des baies et à la "fraîcheur" des vins.
On observe le fameux phénomène dit de "ceinture chaude" : les sols du bas versant, souvent plus humides sur certaines parcelles argileuses et vers lesquels l'air froid est drainé, se réchauffent plus lentement que ceux du haut versant. En raison de l'humidité fixée par le bois, cependant, le haut versant se refroidit plus rapidement que le mi versant. Orientés ouest, les vents dominants sont froids et humides en été mais réchauffés et séchés par les reliefs.
Les terroirs et les vins

« Les Caillerets », avec ses sols bruns-rouges sur calcaires durs du jurassique, de nombreuses fractures dans la roche mère et un "complexe argilo-humique très favorable", ce premier cru de plus de 14 hectares (31 exposé au sud-est donne des vins à la fois très riches et opulents, mais qui demeurent fins, des sols plutôt riches en cailloutis et une pente suffisante pour assurer un bon drainage.

Lieu-dit de niveau comparable, mais donnant des vins avec plus de "mâche" et un peu moins en finesse : les 11 hectares « les Champans », assis sur des calcaires durs de l'oxfordien, avec des éboulis argilo-calcaires et des marnes dans la partie supérieure, ici ou là. La pente est particulièrement marquée et le risque de stress hydrique est réel en bas de pente, des limons recouvrent les alluvions anciennes. Vinifiés séparément, le haut - à la roche affleurante, avec peu de terre et le bas donneraient deux cuvées très différentes (la plupart des producteurs exploitent une parcelle qui va de haut en bas).

En remontant le coteau et en franchissant la D973, on parvient à un autre premier cru « Les Taillepieds », terroir marneux, on passe de sols rouges dans le bas des Champans à des sols bruns, puis blancs, de plus en plus calcaires en montant. Ces sols qui ont tendance à moins accumuler la chaleur, sont plus pentus en haut de versant. D'où un angle d'incidence du rayonnement solaire proche de la perpendiculaire. Un terroir parfois stressant, les sols sont maigres, avec des graves à 70 80 cm de profondeur.

À un jet de pierre: « le Clos des Ducs », monopole de 2,4 hectares aux sols bruns calcaires, avec des zones plus marneuses et une pente bien marquée; l'orientation sud-est vire au sud sur le dévers du haut. Les vins sont puissants, tanniques et ressemblent peu à l'idée que l'on se fait d'un volnay surtout dans le bas avec des sols de plus d'un mètre de profondeur.

A contrario, l'archétype du vin aérien, léger et élégant serait celui issu « les Frémiets ». Le paradoxe, est que sur Pommard, les Frémiets, climat limitrophe de Volnay, donne des vins durs et structurés, très typés Pommard…

Autre paradoxe, entièrement situés sur Meursault, « les Santenots », lieu-dit aux sols rouges argileux sur calcaire de l'oxfordien très fractionné, peuvent être plantés en pinot noir et prennent alors l'appellation Volnay-Santenots.
L'avis de l'expert :

Quels climats produisent les vins les plus conformes à la typicité supposée d'un volnay?

On caractérise traditionnellement les vins produits sur Volnay comme étant des modèles de finesse et de "féminité". En vérité, bien des climats de Volnay ont la capacité à produire des vins d'une rare concentration et d'une grande complexité, déclinant le pinot sous sa plus belle expression. Le registre est donc très large et certains volnays peuvent être tout autant, voire davantage charpentés que les pommards ... sans la rusticité de certains de ces derniers.

À quels facteurs relier la plus ou moins grande finesse des tanins?

Outre les différences de terroirs entre Volnay et Pommard, indéniables, les pommards sont souvent vinifiés encore aujourd'hui selon des méthodes plus "traditionnelles", dans l'optique d'obtenir avant tout des vins de garde, Il n'est donc pas étonnant que les pommards soient rarement très expressifs et flatteurs dans leur jeunesse - moins en tout cas que la plupart des volnays. Ces différences ont toutefois tendance à s'estomper.

Pour quelles raisons le village de Volnay ne produit-il pas de vin blanc?

Les chardonnays produits au sud du village, sur les Santenots, portent l'appellation Meursault Premier cru – sauf les Santenots Dessous, qui sont en Meursault Village. Sur les autres climats, historiquement, les générations qui nous ont précédés sont parvenues à la conclusion que les terroirs de Volnay étaient davantage aptes à produire de grands vins rouges.

BRUNO HUGUENIN, Œnologue, directeur du centre œnologique de Bourgogne

Source : La RVF octobre 2006, http://www.vins-bourgogne.fr/

A gouter :
Vendanges d'Automne 2004
Vin de Table produit en Bourgogne (Hautes Côtes de Beaune)

Pas facile de trouver de l'insolite en Côte d'Or mais nous en tenons un ! Voici un Chardonnay vendangé quand les baies "tournent chocolat" dixit Pascal Charles, càd quand les baies prennent une teinte brune. Point de botrytis mais plutôt passerillage sur souche pour présenter des arômes autour des fruits à pépins confiturés et du raisin de corinthe. 37 g/l de sucre résiduel pour un vin élevé 10 mois sur lie. La cuvée idéale pour piéger un amateur de vins bourguignons ! Leur cave se situe dans les hautes côtes de Beaune, à l'écart de la route des grands crus et lorsque Pascal Charles a commencé à travailler avec son père, il se sentait un peu à l'écart, en dehors de l'appellation. Il pensait que ce serait un handicap. Pour pallier cet isolement, une recette simple : de bons rapports qualité/prix grâce à des tarifs sages, un accueil avec le sourire quelque soit l'heure du jour et de l'inventivité comme cette Vendange d'Automne. Cette cuvée est née en 2002, chaque millésime ne se ressemble pas car Pascal Charles, ayant, il est vrai, peu d'expérience dans l'élaboration de vins blancs doux, découvre chaque année de nouvelles façons de faire et des équilibres différents.

mercredi 19 décembre 2012

CHAMBOLLE MUSIGNY

Cette appellation comporte 24 climats classés en premier cru. Meilleurs 1ers Crus : Les Amoureuses*, Les Charmes, Les Fuées.

*Sans doute le caractère particulièrement suave du vin produit par ce climat a-t-il incité à entériner cette connotation féminine et romantique par la conservation du nom "Les Amoureuses" qui décrit en un seul mot ce vin. Officiellement classé en Premier Cru par le législateur, le climat des Amoureuses a toujours été placé par les experts au même niveau de qualité que son célèbre voisin mitoyen le Musigny. Nous avons ici l'un des vins les plus subtils de toute la Bourgogne.

Le Chambolle-Musigny est un vin rouge présenté souvent comme le plus « féminin » de la Côte de Nuits. L’intensité et la finesse s’y expriment en effet avec une élégante subtilité. Au regard, un rubis vif, auréolé de reflets brillants et lumineux. Il peut s’assombrir un peu, gardant tout son éclat. La violette, les petits fruits rouges (fraise, framboise) composent son bouquet d’une

typicité marquée. Plus âgé, il évolue vers le fruit mûr épicé, le pruneau, ou vers la truffe, le sous-bois et l’animal. Riche, bouqueté et complexe, il tapisse le palais de soie et de dentelle. Sa délicatesse charnue ne l’empêche pas de conserver une structure solide et durable. Assez moelleux, peu portés sur l’acidité, ses tanins restent caressants.


Ce petit village de la Côte de Nuits n’a guère voulu s’étendre tant sa terre y est précieuse. Tout juste a-t-on laissé croître un tilleul Sully de 5 mètres de circonférence ! Ancienne dépendance de l’abbaye de Cîteaux, Chambolle- Musigny compte deux superbes grands crus : Bonnes Mares, formant le trait d’union avec Morey-Saint-Denis, et Musigny, en haut du Clos de Vougeot.

Il s’enrichit également d’un prestigieux premier cru : Les Amoureuses, parmi les belles cuvées du village. L’appellation d’origine contrôlée date de septembre 1936 : l’une des toutes premières en France.



Entre 250 et 300 mètres d’altitude, face au levant, le coteau est proche de la roche-mère au sol peu épais. De nombreuses fissures dans le calcaire dur permettent aux racines de chercher leur bonheur loin dans le sous-sol jurassique. Des blocs et graviers assurent un bon drainage au bas de la combe.




Bonnes-Mares : la majeure partie de ce Cru est essentiellement située sur la commune de Chambolle-Musigny

Le sous-sol est fait de dalles calcaires et de marne blanche. Il porte 40 centimètres environ de terre argilo-siliceuse, assez légère et graveleuse, brune et rougeâtre. La pente est légère.

Morey-Saint-Denis, Chambolle-Musigny : la Côte de Nuits réussit ici la parfaite communion de deux tempéraments au sein du même caractère. Depuis le Haut Moyen Âge, cette vigne est connue sous ce nom. D’où vient-il ? Sans doute du vieux mot marer, cultiver avec soin. Grand cru reconnu le 8 décembre 1936.

Les Bonnes Mares se situent juste après le Clos de Tart (grand cru mitoyen) en allant vers le sud. Il est plus étendu sur Chambolle-Musigny que sur Morey-Saint-Denis et il forme un rectangle entre les combes de Morey et de Chambolle. L’exposition est au levant, l’altitude de 250 à 280 mètres en moyenne.





Musigny : se décline en blanc et en rouge. Le seul Grand Cru blanc de la Côte de Nuits.

Blanc : dégage un bouquet délicat de violette et d'amandes douces. Son exposition est telle que le chardonnay qui le compose ne supporte pas les années chaudes. Prix démesurés pour un vin pratiquement introuvable. Particularité : l’aligoté est de plus en plus présent dans l’assemblage.

Rouge : une petite partie de chardonnay est incorporée dans le moût pour donner le vin le plus fin et le plus délicat de la Côte d'Or.

le Musigny se situe au-dessus du Clos de Vougeot entre le premier cru Les Amoureuses et Les Échezeaux. Entre 260 et presque 300 mètres d’altitude.

Sa partie sud « remonte » légèrement sur la combe d’Orveau, marquant la limite avec Flagey-Échezeaux.

Le propriétaire de ce coteau, pionnier viticole de l'époque gallo-romaine, aurait été un nommé Mucius, mais ce sont les travaux éclairés des hommes des monastères qui, au Moyen-Age, donnèrent au Musigny le rang qu'il occupe actuellement ; un des vignobles français les plus prestigieux.

Antérieur aux AOC, le jugement définissant le Musigny date du 16 avril 1929. Il est grand cru depuis toujours.






Meilleurs producteurs : domaines Comte de Vogüé, Jacques-Frédéric Mugnier, Georges Roumier, Amiot-Servelle, Ghislaine Barthod, Jacques Prieur.

Sources : BIVB,La RVF, Burgundy report, syllabus O.VanRode

NUITS SAINT GEORGES

La côte y est la plus étroite 90 mêtres de large….

Ce vignoble comprend deux parties, l’une de Vosne-Romanée à la combe de la Serrée, l’autre vers le Midi. Des nuances apparaissent ainsi parmi les vins.

Sous une robe pourpre crépusculaire, intense et tirant parfois sur le mauve, le rouge évoque souvent la rose et la réglisse. Arômes de jeunesse : cerise, fraise, cassis. De maturité : cuir, truffe, fourrure, gibier. Des notes de fruits macérés (pruneau) complètent le bouquet. Vigoureux et corsé, il a du corps et de la mâche, sur une structure équilibrée et charpentée. Long en bouche, il s’apprécie pleinement après quelques années de garde : la maturité l’arrondit de façon sensuelle et racée.

Les rares blancs présentent une robe or soutenu. Un vin ferme et volontiers capiteux, au bouquet brioché, miellé parfois sur fond de fleurs blanches.

Ville affable et très vivante, Nuits-Saint-Georges est depuis des siècles une active cité du vin. Elle donne son nom à la Côte de Nuits et se place sous l’étendard de Saint-Georges, son cru le plus fameux. Instituée dès septembre 1936, son appellation d’origine contrôlée réunit Premeaux-Prissey à cette commune. La plus grande partie de la production est issue du pinot noir (vin rouge). Il existe cependant en chardonnay quelques vignes blanches. La Confrérie des Chevaliers du Tastevin fut fondée ici en 1934.

Dans la partie nord, les sols proviennent des limons à cailloutis descendus de la Côte, des alluvions de la vallée du Meuzin quand ils ne se situent pas en haut de coteau. Dans la partie sud, les limons du bas proviennent de la combe des Vallerots (terre profonde, marno-calcaire) alors qu’au sommet du coteau, on caresse le rocher. Exposition le plus souvent au levant ou sud-est.


Cette appellation comporte 41 climats classés en premier cru. Communes de production : Nuits-Saint-Georges et Premeaux.

Commune de Nuits-Saint-Georges : Aux Champs Perdrix, En la Perrière Noblot, Les Damodes,

Aux Boudots, Aux Cras, La Richemone, Aux Murgers, Aux Vignerondes, Aux Chaignots,

Aux Thorey, Aux Argillas, Aux Bousselots, Les Perrières, Les Hauts Pruliers, Château Gris,

Les Crots, Rue de Chaux, Les Procès, Les Pruliers, Roncière, Les Saint-Georges, Les Cailles,

Les Porrets Saint-Georges, Clos des Porrets Saint-Georges, Les Vallerots, Les Poulettes,

Les Chaboeufs, Les Vaucrains, Chaînes Carteaux,

Commune de Premeaux : Clos des Grandes Vignes, Clos de la Maréchale, Clos Arlot,

Les Terres Blanches, Les Didiers, Clos des Forêts Saint-Georges, Aux Perdrix, Clos des Corvées,

Clos des Corvées Pagets, Clos Saint-Marc, Les Argillières, Clos des Argillières.



vendredi 14 décembre 2012

Champagne Guiborat, En la rue de Vergy de Lignier-MIchelot 2006

En cherchant un Champagne de bon rapport qualité-prix, je me suis décidé à aller rendre visite à un domaine à tarifs attractifs et recommandé dans le guide de Michel Bettane. De plus, cet article du figaro m'avait décidément convaincu

Je pars à la rencontre de Mr Fouquet, qui me reçoit très aimablement en me faisant visiter ses caves. Nous goûtons le blanc de blancs, d'une grande élégance, aérien, magnifique pour 15 euros!

J'achète une bouteille de chaque cuvée pour bien prendre le temps de les apprécier à la maison...

Ouverture de la première hier soir.

  • Champagne Guiborat, Tradition, Brut sans année
Le nez est frais et citronné. La bulle est fine, la bouche pure avec une finale salivante. C'est un champagne assez simple mais qui reste hautement recommandable pour son prix (13 euros).

14/20



Mes papilles sont désormais prêtes à déguster un vin à l'aveugle, choisi par mon amie parmi une trentaine de rouges.

  • Morey-Saint-Denis, En La Rue de Vergy 2006, Domaine Lignier-Michelot (à l'aveugle).

À la couleur, je me dis que cela doit être un bourgogne. Hop, un nez dans le verre : effectivement, c'est un pinot noir bourguignon. Voilà qui me rend joyeux. Le nez est un peu sauvage et animal, ça sent la ronce et les fruits rouges. Le boisé est présent et ne me gêne en rien. C'est un vin plein en bouche, on doit être sur la côte de nuits. Aucun tanin accrocheur. C'est très bien fait mais je lui reproche une finale un peu courte. Prix : 26,5 euros

15.5/20


Je me souviens que j'avais acheté ce vin au caveau des vignerons de Morey-Saint-Denis. C'est une bonne adresse pour trouver des vins du village au prix propriété, si l'on a pas le temps d'aller visiter les vignerons. Je l'avais choisi car ce climat, situé juste au dessus des grands crus Bonnes-Mares et Clos-De-Tart m'intriguait... (souvenir de l'excellent 2005 de Bruno Clair et surtout du merveilleux 2007 de chez Perrot-Minot, hélas, cher).

mercredi 12 décembre 2012

Merci Alain !

Petite dégustation entre amis chez Eclat de vin à Strasbourg. En ces journées hivernales et sombres, rien de tel que des vins d'hiver pour se réchauffer le coeur.. Au programme 7 vins de fête qui m'ont fait voir la vie entre rouge et blanc!

1. Champagne Brut 2002 - Raymond Boulard - 30€
50% Chardonnay; 30% Pinot Noir et 20% Pinot Meunier. Un champagne vineux, sec et minéral comme je les aime. Bonne longueur. Les bulles et la mousse sont discrets. C'est un choix du vigneron de travailler à basse pression. Bien

2. Condrieu 2006 La Solarie - Domaine Gilles Barges - 30€
Nez explosif de fruits (abricot, muscaté) et floral. L'attaque est riche, légèrement beurrée et l'alcool est présent. Légère relâche de tension en milieu de bouche mais la finale est très longue sur un amer fin et la salinité. A carafer (pour affiner le nez). Bien

3. Rully 1er Cru Préaux 2005 - Eric de Suremain - 16€
Superbe nez de fruits noirs (cerise). Bouche acidulée qui rappelle le nez avec des notes fumées en plus. Un pinot noir fin, qui joue dans le registre de l'élégance. Très Bien

4. Médoc Château Planquette 2004 - 13€
Un vin qui déroute et qui ne ressemble pas à l'image que l'on peut se faire du Médoc. Un nez puissant, sudiste avec des notes animales, sanguines et une pointe de basic sous-jacente. Les tanins sont abondants, il y a de la mâche, du volume mais la finale fraîche est salvatrice. A servir avec du gibier. Bien

5. Châteauneuf du Pape 200 - Domaine Charvin - 30€
90% grenache qui marque fortement le nez par ses arômes typiques de fraise confite / cuite. La bouche est harmonieuse, sphérique, fine. Les 14.5% d'alcool passe inaperçu et la finale sur le basilic est divine. Bien

6. Gewurztraminer Grand Cru Marckrain 2006 - Domaine Laurent Barth - 18€
Nez puissant de roses et litchis. Le vin impressione en bouche par son beau niveau d'acidité (sol marno-calcaire) qui gomme haut la main les quelques 60 g/l de sucres résiduels. Bien

7. Vin de Table Coeur d'Or - 11€ (50 cl)
Vin déclassé du domaine des Cailloutis (Gaillac). Patrick et Bernard Fabre ont réussi un Gaillac doux divin. Si le 1er nez est un peu marqué par la volatile, viennent très vite de belles notes de cire, de résine et de grillé. La bouche est grasse, vanillée, envloppée dans une belle acidité salvatrice. Les quelques 200 g/l de sucres résiduels sont digérés sans problème. Un vin qui titre 11% qui se boira tranquillou au coin du feu sur une peau de bête... Bien

Merci encore à Alain Heitzmann, maître des lieux, pour nous avoir emmenés sur ce parcours initiatique des plus réussis...

vendredi 7 décembre 2012

Marsannay

En route vers les premiers crus


Appellation Communale de la Côte de Nuits, en Côte-d’Or. Communes de production : Marsannay-la-Côte, Couchey et Chenôve. Le nom de l’appellation peut être suivi par le nom du climat dans l’attente d’un classement des climats en premier cru.

L'accession de Marsannay au rang d'AOC s'est faite au moment où le nord de la Côte de Nuits débutait sa remise en question, et les progrès réalisés ces dernières années sont remarquables. Prochain objectif pour l'appellation: la création de premiers crus.

Situé aux portes de Dijon, Marsannay forme le vignoble le plus septentrional de la Côte de Nuits. Sa configuration actuelle, toute périurbaine, ne laisse pas forcement deviner un terroir de qualité, similaire en bien des points aux crus de cette fameuse Côte. Riche d'un tel potentiel. Marsannay aurait constitué un cru à part entière, à l'instar de ses voisins de Fixin ou de Gevrey-Chambertin, si son histoire n'avait pas été scellée par l'agglomération dijonnaise qui a envahi ses finages à mesure de sa croissance. Paradoxalement, cette même ville a assuré sa prospérité en absorbant largement une production alors vouée aux vins courants. Mais au moment où la Côte d'Or accédait au système des appellations d'origine (1935), Marsannay fut oubliée.



Touché à son tour par une demande plus exigeante, le vignoble réussit d'abord à se singulariser par un rosé qui gagnera un renom au point de se voir reconnaître comme appellation communale à part entière, faisant ainsi de Marsannay le seul village bourguignon à produire dans les trois couleurs. Son originalité ne s'arrête pas là, puisqu'il est aussi l'un des rares à revendiquer l'usage du pinot blanc dans les assemblages, même si cela reste marginal.



Acquis seulement en 1987, le statut d'AOC a évidemment motivé les vignerons locaux, d'autant plus .que la décennie qui suit cette promotion verra leurs voisins de Gevrey vivre une période particulièrement féconde. La propagation de ce dynamisme a eu pour conséquence la mise en valeur du vignoble de Marsannay, où certains lieux-dits ont alors dévoilé leurs vertus. Confirmée par la dégustation, la primauté des Longeroies et du Clos du Roy apparaît comme la plus évidente, même si d'autres secteurs méritent certainement une considération. Entre de bonnes mains, ces terroirs-là sont en effet capables de rendre toute la grâce du pinot avec des profils aromatiques remarquables d'élégance et de profondeur. Autant d'atouts qui font de ces terroirs les postulants les plus crédibles aux futurs premiers crus, dont la constitution est à l'ordre du jour .
Situation
Considéré comme la « Porte d’Or de la Côte de Nuits », l’AOC Marsannay s’étend sur les communes de Chenôve, Marsannay-la-Côte et Couchey. Si la présence de vignes est attestée dès le VIIème siècle, comme sur toute la Côte, le prestige du vignoble est reconnu depuis fort longtemps. L’abbaye de Bèze, l’évêché d’Autun, les ducs de Bourgogne et bien d’autres possédèrent des vignes sur ce finage. Les vins étaient présents sur la table de Louis XIV ou Louis XVI… Certains climats bénéficient jusqu’au XIXème siècle, d’un classement équivalent aux grands crus actuels.

Terroir
Du nord au sud, les vignes s’étendent sur les meilleures parties du coteau et du piémont (entre 255 et 390 mètres d’altitude), avec des expositions allant du plein levant au midi. Le tout sur des sols d’une grande diversité datant du jurassique moyen : grèzes litées, calcaires à Entroques, marnes à Oestra acuminata, ancien lit de l’Ouche ou cailloutis alluvial…


Principaux Climats
Champs Perdrix, Le Clos, Aux Genelières, Au Champs-Salomon, Les Favières, Le Clos de Jeu, Les Grasses Têtes, Les Boivin, La Charme aux Prêtres, Les Échezots, Les Longeroies, Clos du Roy, Les Récilles…


Les vignerons

DOMAINE BRUNO CLAIR
DOMAINE CHARLES AUDOIN
DOMAINE SYLVAIN PATAILLE
DOMAINE RENÉ BOUVIER

A gouter :Vignette de Marsannay Pinot Beurot 2005Vignette de Marsannay Pinot Blanc Les St Jacques 2007
Sources : www.vins-bourgogne.fr, La RVF, www.louislatour.com, www.vins-etonnants.com

Pouilly Fuissé

Terroir et des Climats de l’Appellation Pouilly-Fuissé


Construite sur la base des données cadastrales de chaque commune (Chaintré, Fuissé, Solutré-Pouilly, Vergisson), cette carte répertorie les 202 climats de la zone d’Appellation Pouilly-Fuissé.

Situé en Bourgogne du Sud, à 10 kilomètres environ à l'Ouest de Mâcon (SAÔNE & LOIRE), le vignoble de Pouilly-Fuissé recouvre une étroite bande de terrain sur une superficie de 760 hectares.
Les villages de Chaintré, Fuissé, Solutré-Pouilly et Vergisson sont les seuls autorisés à produire l'appellation depuis sa création en 1936.

Ici, le terroir est bourguignon, mais le climat bénéficie encore des influences méditerranéennes remontant le sillon rhodanien. Argilo-calcaire sur toute l'étendue de l'appellation, le terroir présente cependant quelques nuances d'une parcelle à l'autre :
• les terrains dits "profonds" (marnes argileuses) produisent des vins puissants, gras et amples, dont le caractère ne s'affirme qu'après deux années minimum ;
• d'autres types de sols, plus pierreux ou ne disposant que d'une mince couche de terre végétale, produisent des vins délicats, élégants et très minéraux, dont le capital aromatique est perceptible plus tôt. On dit de ces vins qu'ils ont “du grain”.

En 1995, un legs permettait aux Hospices de Beaune de devenir propriétaire d'un vignoble de 4 hectares dans l'appellation Pouilly-Fuissé ; extrait du catalogue de la vente de la récolte 95 : “Le domaine viticole des Hospices s'étend sur 61 hectares de vignes de grande réputation. Ce sont tous des vignobles de choix car, de chaque donation, les Hospices n'ont conservé que ce qui était digne de leur renommée.” Aujourd'hui encore, le Pouilly-Fuissé est le seul Cru non produit en Côte d'Or à figurer à la célèbre vente de Novembre.


Chaintré
523 habitants - 118 hectares en production
_Bienvenue à Chaintré, le plus méridional des villages de l'appellation, premier bastion argilo-calcaire bourguignon s'élevant face à l'immensité granitique du Beaujolais !
_C'est dès la fin du 2ème siècle que CANTRIUS - qui donna son nom à Chaintré - construisit une importante villa gallo-romaine à l'emplacement de l'actuelle cave coopérative. L'endroit était stratégique, puisque situé sur une importante voie de communication, et permit à son propriétaire de jeter les bases de la culture commerciale de la vigne dans la région.
_Baptisé plus tard "le Moulin à l'Or", pour symboliser le jus doré jaillissant du pressoir au moment des vendanges, le lieu présentait d'abord des atouts incomparables pour obtenir des vins de qualité : un long coteau en pente, permettant aux terrains de "s'égoutter" rapidement par temps pluvieux ; une exposition idéale aux rayons du soleil levant, faisant de Chaintré le village à la maturité la plus précoce du vignoble de Pouilly-Fuissé.

Fuissé
321 habitants - 245 hectares en production
_Bâti au fond d'un cirque fermé au sud, le village de Fuissé est dominé, de part et d'autre, par une étonnante mosaïque de parcelles qui descendent en pente douce jusqu'au coeur du vieux bourg.
_En arrivant par le col du Molard, qui marque le passage entre Chaintré et Fuissé, la vue sur le vignoble est saisissante : au loin, les roches de Solutré et Vergisson forment un rempart contre les vents de nord-ouest.
_Depuis les époques les plus reculées, des hommes s'y sont établis ; comme ses voisins Chaintré et Solutré, Fuissé - de FUSCIUS ou FUSCIACUS - tient son nom actuel de l'occupation romaine.
_Aujourd'hui, c'est Fuissé qui a donné son nom à l'appellation cultivée sur son sol, probablement parce que l'on y observe, sur tout le coteau ouest, un remarquable développement des argiles à “chailles” (ou silex), réputées produire des vins nobles et puissants.

Solutré-Pouilly
425 habitants - 221 hectares en production
_Dominé par la célèbre roche qui culmine à 495 mètres d'altitude, le bourg de Solutré doit son nom à l'un de ses lointains occupants gallo-romain, SOLUSTRIACUS.
_A cette époque, le sommet de la roche était le siège d'un castrum, qui fut fortifié au moyen-âge (donjon, fossé d'enceinte) avant d'être détruit en 1435.
_Si vous êtes alpinistes chevronnés, vous pouvez entreprendre l'ascension de la roche par la falaise, D'ici, la vallée de la Saône, les monts du Jura et la chaîne du Mont Blanc s'offriront à vos regards vers l'Est

Vergisson
249 habitants - 176 hectares en production
_Situé à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Mâcon, le village de Vergisson semble se percher comme un nid d'oiseau encerclé par les vignes de Pouilly-Fuissé, et abrité par sa falaise ocre et rouge, cousine de la roche de Solutré.
_176 hectares de Pouilly-Fuissé sont cultivés dans ce village. Le Dictionnaire géographique et administratif de la France (Hachette) relevait dans son édition de 1905 que Vergisson possède un vignoble produisant “des vins blancs de qualité supérieure, de goût et de bouquet exquis, d'une durée indéfinie”.
Les Terroirs du Pouilly-Fuissé

Le Mâconnais a acquis sa structure lors du soulèvement alpin, alors que s'effondraient, à l'est, le fossé bressan, à l'ouest, le fossé de la Grosne. Resté en relief, il s'est disloqué en longs chaînons allongés selon la direction NNE-SSW, basculés vers l'est.

Le jeu de l'érosion a dégagé les formations les plus dures, évacuant les matériaux tendres vers les dépressions environnantes. Il en résulte un relief formé de longues vallées parallèles, séparées par des crêtes festonnées au relief dissymétrique : les versants regardant vers l'est sont généralement en pente modérée ; à l'opposé, les versants ouest sont nettement plus raides et forment parfois des falaises. Cette disposition a engendré une grande variété de terroirs issus de la combinaison de substrats géologiques divers avec la topographie, chaque situation se caractérisant de plus par un sol propre résultant de l'interaction de tous ces éléments.

L'aire de production du cru POUILLY-FUISSE forme une écharpe traversant en diagonale les chaînons de l'extrémité sud du Mâconnais. On y trouve donc une grande diversité de terroirs sur des substrats variés mais principalement calcaires et d'expositions très diverses.

Source :
http://fr.wikipedia.org
http://www.pouilly-fuisse.net
http://www.vitis.org

jeudi 6 décembre 2012

Gevrey Chambertin

Le plus bel écrin du pinot noir ?


Planté sur des terres calcaires exposées au soleil levant, le pinot noir donne ici l'une de ses plus belles expressions et engendre les grands vins rouges qui font la légende de la Côte de Nuits.

Les bonnes années, il donne les meilleurs pinots noirs qui soient, Les années moyennes, il s'en sort moins bien que Vosne, dont le climat est plus méditerranéen. Gevrey-Chambertin marque l'extrémité nord de l'ensemble climatique de la grande côte. Un ensemble qui reçoit l'influence climatique continentale du nord-est (étés chauds et automnes secs), méditerranéenne du sud et océanique de l'ouest. Avec un vent du nord vecteur de temps sec et un vent du sud qui apporte l'humidité. Le vignoble de Gevrey se situe ainsi à la limite nord de la zone de maturation du PN

« La perméabilité des sols, la pierrosité et la teneur en argiles et en matières organiques sont autant de paramètres qui peuvent changer très vite et qui jouent sur l'expression du cépage »
Ainsi la mosaïque de sols et de micro-climats justifie à chaque pas le découpage des parcelles. Un découpage ancré dans l'histoire de la région. C'est au VIle siècle que les bénédictins inventent les "climats", c'est-à-dire la classification des parcelles viticoles selon leur potentiel qualitatif.


Comment Gevrey-Chambertin se distingue-t-il de ses voisins?
Il se situe à l'extrémité nord de la côte et à la limite nord de la zone climatique de maturation du pinot noir. Un gage de qualité. En outre, Gevrey contient la plus grande combe de la Côte de Nuits qui apporte courants d'air et fraîcheur nocturne.


Qu’est ce que les Grands crus ont-ils de plus que les Premiers?
Cela peut tenir à quelques centimètres d'épaisseur de terre, quelques cailloux ou un courant d'air. Les plus grands climats dessinés par les bénédictins au Vile siècle sont les coteaux exposés plein est, à la pierrosité parfaite. Les raisins reçoivent le soleil du matin et bénéficient la nuit de la chaleur des cailloux emmagasinée le jour. Ces coteaux correspondent aux méplats qui accumulent les limons, excellents pour la vigne.
(Jacky Rigaux, Grands crus de Bourgogne Éditions Terre en vues)


Au nord du vignoble se trouve la côte Saint-Jacques, sur laquelle les vignes montent jusqu'à 350 mètres d'altitude. Au sud, la côte des Grands crus.


« Les Grands crus correspondent aux terres à la fois les plus chaudes, les mieux drainées, et les plus ventilées, là où la neige fond en premier ».

Ce sont, en outre, des climats aux terres peu profondes composées d'éboulis et exposées à l'est, c'est-à dire aux rayons les plus doux et les plus bénéfiques du soleil levant.
Les vignes des coteaux du sud (Grands crus) sont implantées pour la partie supérieure sur le substratum du Bathonien, puis sur les marnes du Bajocien et sur le calcaire dur à entroques du Bajocien inférieur. Toutes sont installées sur la roche-mère du Jurassique moyen. Ces coteaux correspondent à un méplat de sols peu profonds, lacéré par des failles. On parle ici de "piège à limons" et de "creuset solaire" comme si les Grands crus distinguaient les terres qui avaient su capter les bienfaits de la nature: la terre et le soleil.
Entre les Premiers et les Grands crus se trouvent les vignes de l'appellation village plantées sur les colluvions du cône de déjection. Il s'agit de colluvions marno-argilo-calcaires, des terres caillouteuses et bien drainées.


La combe Lavaux est le noyau froid de Gevrey-Chambertin. Il y gèle toute l'année, sauf au mois d'août! Ce vallon apporte le froid nocturne responsable du contraste qui existe, l'été comme l'automne, entre les journées chaudes et les nuits fraîches. De fortes amplitudes thermiques que le pinot noir apprécie particulièrement.
Les vignes de Gevrey-Chambertin s'étendent sur les deux versants de la combe Lavaux et sur le cône de déjection qui la prolonge.


« Le coteau est coupé tous les 70 mètres par des murets de pierre qui retiennent la terre et coupent le vent ».

Les Grands crus de Gevrey-Chambertin, tous installés sur la roche-mère, ne sont ni trop hauts ni trop pentus, car les meilleurs limons sont sur les méplats. « Sur le bon ventre de la pente », une succession de méplats d'exception qui s'étirent de Ruchottes - Chambertin à La Tâche, les terres de combes mises à part. La zone des Grands crus descend du méplat jusqu'à la route nationale qui suit une grande faille, et ce jusqu'à la combe Grisard. Le climat Mazoyères descend un peu plus bas que les autres. Il se trouve au niveau de la combe, là où limons et cailloutis, si précieux pour la vigne, ont été charriés plus en contrebas. Il suffit d'un peu plus de terre ou d'un peu plus de pente pour qu'une parcelle soit classée Premier cru. Certains climats, comme les Champeaux, ont une pente plus accentuée que d'autres, mais le fait que des murets de pierres structurent le coteau en larges terrasses légèrement inclinées limite l'érosion. Les parcelles ainsi protégées se réchauffent et la maturation peut suivre son cours régulièrement.


« Sur Les Crais, les cailloux font que la température de la terre monte vite, contrairement à celle des sols des combes. Par ailleurs, le pinot noir est très sensible à l'altitude. Il y a donc 8 à 10 jours de décalage de maturité entre le bas et le haut des coteaux »

Les murets, l'altitude, les courants d'air, l'exposition, la proximité des bois et la nature du sol: autant de facteurs qui jouent sur la vitesse de maturation des raisins.
- Les Crais, terres plus chaudes, donnent davantage de fruit. Les terres plus basses et plus lourdes Reniard aux sols plus argileux donne des vins plus puissants et tanniques.
- Les terres caillouteuses comme Clos de la Roche ou de Musigny donnent des vins très fins.
- Les terres plus profondes, comme celles de Chambertin, donnent des vins plus puissants.

Dans le respect du terroir Dans le chai, le vigneron respecte la personnalité des climats sous peine de dénaturer son vin de terroir.
Les raisins issus des grosses terres du sud de Gevrey méritent une vinification particulière. Le gevrey Justice, issu de terres argilo-calcaires sur sables, est tout en finesse. Il ne faut pas intervenir. Ce sont des terres de plaine, filtrantes sur lesquelles le raisin mûrit vite et le degré monte naturellement haut. Il faut donc vendanger tôt, car le pinot noir se déséquilibre facilement à cause des tanins et de l'alcool. Ici, la minéralité et la complexité sont formidables si le vin est bien fait.
Les raisins des parcelles de Charmes et Mazoyères sont vinifiés séparément. Ils apportent ensuite chacun leur force à un assemblage au très bel équilibre. Mazoyères offre sa rondeur et sa douceur ; Charmes, sa minéralité.

Le Clos Saint-Jacques, et même si son grand-père était un précurseur de l'éraflage, la vigneronne change de cap en 2000, « Je retrouve désormais des arômes de fleurs, comme par exemple l'églantine, que l'on avait complètement oubliés. En raisins seuls, on avait seulement du fruit et des épices, en raisins entiers, on extrait d'abord les épices, ensuite viennent le fruit et les tanins qui correspondent à ces notes de réglisse. À la dégustation, les différentes étapes se suivent, tout est très clair, limpide. En raisins éraflés, j'ai le sentiment que l'on reste toujours sur le fruit ... ».
(Premier cru, Clos Saint-Jacques 2003 de Sylvie Esmonin)

Clos de Beze Doyen des climats bourguignons, il fut dessiné en l'an 636. Les atouts responsables de son excellence: sa situation à mi-pente, son exposition au soleil levant, ses sols de calcaire, limons et argiles, son exposition au vent du nord.


Source : La RVF, www.answer.com, www.wikipedia.org