mercredi 18 avril 2012

Que fait-on dans les vignes en... avril

Lundi 16 avril

Arrachage pieds de vigne après le délai d'un mois. Tracteur sur-puissant qui soulève les pieds de terre et va les chercher à près de 60cm sous terre.








Fin de matinée consacrée à sortir du bois à la fourche de parcelles trop vigoureuses.

Après-midi, décrochage de fil de fer de piquets métalliques pour préparer leur remplacement par des piquets bois




Mardi 17 avril


J'ai planté des centaines de piquets bois toute la journée. Heureusement avec l'aide d'une machine révolutionnaire (photo de gauche). Mais je ne vous raconte pas les coups de soleil et la tête en compote!

En effet, cette belle machine ressemble un peu à un certain marteau-piqueur, bruit et vibrations compris :-)

La vigne pousse a vue d'oeil. Déjà au stade 3 feuilles étalées. J'ai même commence une partie de l'ébourgeonnage sur le pied de vigne (tous les bourgeons sous le 1er fil de fer)! A ce rythme là on vendengera en juillet!

Jeudi 19 avril

Et bien après avoir planté des piquets bois et décrocher les fils de fer des anciens piquets, il a fallu déterrer les piquets métalliques et les sortir de la parcelle! Yoohoo!! Le tout heureusement avec l'aide d'un tracteur, d'une potence artisanale et d'une chaine. Ca nous a quand même pris toute la journée.

Dans certaines parcelles, les sols ont souffert d'un manque d'eau pendant l'hiver et surtout d'une absence de gel qui fait éclater les grosses mottes de terre et contribue à améliorer la structure du sol.




Vendredi 20 avril

Je finis en beauté. Après une matinée assez cool à sortir des piquets métal d'une parcelle et à fixer des "porte-manteaux" pour les deux fils baladeurs de palissage, j'ai passé l'après-midi à piocher pour désherber et dégager autour des jeunes vignes sous le rang. Un travail nécessaire car toute cette flore asphyxie le jeune plant. Par contre, j'ai le dos et les mains en compote!

Dégustation d'huile d'olive

Dans le cadre d'un Atelier du Goût organisé par Slow Food lors de son salon "Aux origines du goût" qui s'est tenu en avril à Montpellier, j'ai assisté à une dégustation commentée d'huile d'olive! J'ai eu le droit à un mini cours de dégustation propre à l'huile d'olive et mise en pratique avec 7 huiles d'olive (5 du pays de l'Hérault, 1 toscane et 1 huile d'argane du Maroc). Atelier très instructif qui met en jeu une autre technique d'analyse sensorielle...

Comment déguster une huile d'olive?

Les informations ci-dessous sont librement adaptées de documents fournis par la Chambre d'Agriculture (Mme E. Terrien) et le Conseil Régional de l'Hérault.

Déguster une huile d'olive c'est analyser:
  • le fruité: défini comme l'ensemble des arômes hors défauts. On s'intéressera à la composition aromatique (artichaut cru/cuit, herbe, pomme...), la complexité, l'intensité (léger, medium ou intense) et surtout le type de fruité (vert, mûr ou noir)

  • l'amertume: goût ressenti sur l'arrière de la langue (identique bien sûr à la perception de dégustation dans les vins)

  • l'ardence: sensation tactile dans la gorge de picotement, d'irritation, qui peut aller jusqu'à déclencher une toux. Le piquant d'une huile témoigne de la bonne fraicheur des olives au moment de la trituration
La notion de type de fruité est fondamentale pour comprendre une huile d'olive. On distingue 3 grandes familles de fruités (la notion de fruité est à comprendre au sens de l'ensemble des sensations olfactives):
  • le fruité vert: arômes dominés par des odeurs herbacées, fraiches telles que herbe coupée ou gazon, feuille, artichaut cru, plant de tomate, banane fraiche, poivron vert, pomme verte. Ces arômes reflètent des olives cueillies assez tôt, encore vertes

  • le fruité mûr: provient d'olives cueillies plus tardivement. On y trouve une très large panoplie d'arômes que l'on peut classer en plusieurs séries:

    • série végétale: champignon, truffe, artichaut cuit, tomate cuite ou confite...

    • série fruitée: abricot, banane, cassis, fruits rouges, citron confit, fruits à chair blanche, coco, olive noire, poivron...

    • série fruits secs: amande, datte, noisette, noix, pruneau...

    • série épicée: vanille...

    • série empyreumatique: cacao, chocolat, pain, pain grillé, torréfié, pâtisserie...

    • Autres: arômes fermentaires (beurre, levure, pâtisserie), tapenade...

  • le fruité noir: lorsque les olives ont subi un processus de fermentation contrôlée. De telles huiles ne présentent plus aucun caractère de fruits frais mais ont une panoplie d'odeurs se rapprochant du cacao, champignon, vanille, fruits confits... En général, elles ne présentent pas ou peu d'amertume et moins d'ardence. A noter: on parle d'aspect végétal d'une huile pour signaler l'absence de fermentation. On peut donc parler d'huile au fruité vert ou mûr

Les conditions de la dégustation

  • Commencez la dégustation par des huiles mono-variétales, du fruité vert au fruité mûr puis noir, par intensité croissante

  • Servir l'huile dans un mini verre (plastique...). Tenir le verre dans sa main pour réchauffer l'huile afin qu'elle dégage au maximum ses arômes. La température idéale de service se situe autour de 26 degrés

  • Humectez longuement l'huile en essayant de déterminer son type de fruité, son intensité, sa complexité

  • Prendre une petite gorgée d'huile en bouche et la mâcher longuement afin qu'elle soit en contact prolongée avec toutes les muqueuses de la bouche

  • En bouche concentrez-vous sur l'amertume, l'ardence (une fois l'huile ingurgitée) et les arômes perçus. Vous ne percevrez aucune autre sensation telle que sucrosité, salinité ou acidité. En effet, l'acidité d'une huile d'olive n'est pas détectable au niveau gustatif. C'est juste une mesure chimique (pourcentage d'acide oléique libre) qui doit se situer au-dessous de 1%. Un taux supérieur en acide oléique trahirait un mauvais état sanitaire des olives la récolte et un délai de traitement avant la trituration

  • Prévoir une bouteille d'eau, du pain, des quartiers de pomme pour se refaire la bouche entre deux huiles
En savoir plus sur la dégustation d'huile d'olive, cliquez ici.

Primeurs Menteurs


Chaque année les primeurs de Bordeaux mettent en émoi le monde du vin. Chaque année la même rengaine, chaque année le même discours. « Les vins sont magnifiques et ils vont être encore plus chers que l’année dernière. » ou «  Ce n’est pas moi qui fait le prix, c’est le marché ». Mais au final qu’est ce que les primeurs : et bien ce sont des vins qui viennent juste de finir la fermentation Malo lactique (la deuxième fermentation après l’alcoolique) donc pas vraiment encore au point. Bien sur aujourd’hui tous les châteaux trichent et proposent à la dégustation en primeur des vins améliorés par leurs meilleurs œnologues (produits chimiques et assemblage seulement d’une partie des vins). Et pourtant la sphère vins continue à s’extasier devant ce montage financier qui ne permet qu’aux Châteaux les plus riches de dégager une trésorerie énorme qui bien placée pourra leur rapporter des dividendes importants. Ce sont les mêmes qui compte tenu de leur notoriété et du système bordelais n’ont pas besoin de forces de vente et donc beaucoup moins de frais que les milliers de petits Châteaux bordelais. Leurs produits dits « de luxe » sont diffusés dans des quantités énormes (100000 à 200000 bouteilles en moyenne pour les 1er grand cru classés) et l’exclusivité revendiquée n’est pas vraiment justifiée puisqu’on peut être sûr que quelques années après les vins se retrouveront en tête de gondole de votre supermarché local. Les prix sont souvent justifiés par la loi du marché (offres et demandes) mais en fait la mécanique est beaucoup plus complexe et au final rien ne justifie les prix astronomiques atteints ni l’offre ni la demande.

Les vins de Bordeaux (Grand Crus et assimilés) ne sont plus aujourd’hui un produit de plaisir et de partage mais un produit spéculatif aussi rentable qu’une action Total. D’ailleurs depuis quelques temps certaines banques proposent des placements financiers en vin, plus sûr et plus rentable que la Bourse. Tout ces bouleversements au détriment du consommateur car les vins ne sont plus bus mais juste entreposés dans l’attente d’une revente en attendant de dégager une plus value juteuse. Bien sûr ce business ne tient pas compte de la maturité et de la buvabilité des vins.

Au final, que reste-t-il du vin, du terroir et du savoir faire ? Quelqu’un peut il me citer un vigneron Bordelais (pas un Château) ? Qui est le vigneron de Latour? Ou la spécificité du terroir de Pauillac ? Comment expliquer une telle effervescence autour d’un événement qui, il y a quelques années ne concernait que les propriétaires et les négociants. Comment expliquer l’intérêt pour les journalistes et les critiques de déguster des vins trafiqués, pas prêts et jeunes ? Comment juger de la qualité d’un vin et de son prix alors qu’il lui reste encore deux ans d’élevage ? Toutes ces questions et surtout leurs réponses me semblent abstraites et injustifiables.

Mais je comprends pourquoi de nombreux vignobles Français et Internationaux envient le système Bordelais. Car si tous les vignobles avaient eu la chance d’adopter un système pareil par le passé, il n’y aurait pas de vignerons pauvres.