mardi 14 février 2012

Séduire avec les fleurs et les parfums du vin.

Quel bon moment pour parler d’amour et de vin à l’occasion de la Saint-Valentin.  Au lieu de faire comme la majorité des chroniqueurs du monde du vin en vous parlant des vins qui pourront se marier avec du chocolat ou de proposer des vins  pour vos desserts, je vous amène sur la piste des arômes et des plaisirs olfactifs.
Le vin à coeur
Pour dire à votre partenaire que vous l’aimez, c’est toujours très romantique de lui offrir des fleurs.   Par ailleurs, il existe différentes significations rattachées à la couleur ou au type de fleur que vous voulez offrir.   Il y a plusieurs sites qui donnent les grandes lignes de cela sur Internet comme celui-ci.  

Pourquoi ne pas offrir des fleurs et une bouteille qui dégagent les fragrances de ce même type de fleurs?  Dans le vin, il est possible de déceler des arômes de la rose, de la violette, de pivoine, de chèvrefeuille, d’acacia, d’églantine, géranium, genêt et de jacinthe.

Ajoutons à cela l’exotisme de certains parfums de fruits comme l’ananas, la mangue, du litchi, de la fraise, de la framboise, de la groseille, de la cerise, de pêche et de citron, vous constaterez alors que l’olfaction est un élément de séduction.   Sachez qu’il existe aussi du vin fait à base de fleurs,  comme le fait le producteur belge, Le vigneron des fleurs. 
Au fait, quels sont les vins qui dégagent ces types de parfums d’exotisme et de fleurs?

Voici quelques cépages blancs et certains arômes floraux ou de fruits couramment en présence :

Dans le chardonnay on y trouvera parfois  l’acacia, le chèvrefeuille, la pomme, la poire, la verveine, la pêche, la poire et le litchi

Le gewurztraminer est aussi le champion des parfums de rose, de litchi, de fruits exotiques, de pêche jaune, cannelle, de géranium, d’acacia, d’abricot et  de violette

Pour le chenin blanc que l’on rencontre dans la Loire ou encore en Afrique du Sud, on retrouve parfois des effluves d’acacia, de chèvrefeuille, de citronnelle, de pomme verte, pamplemousse, verveine, cannelle,  fruits confits et poire.

Pour le riesling, on pourra percevoir dans plusieurs vins d’Alsace et d’Allemagne, des notes citronnées,  d’agrumes, de fleurs blanches, d’abricot, d’orange, de pêche jaune et fruits tropicaux.

Quant au viognier que l’on retrouve plus fréquemment dans le Rhône, le Languedoc ou la Provence, ce sont des odeurs agréables d’abricot, de pêche blanche et de pomme qui ressortent de ces vins.  On retrouve également des notes d’abricot, de poire, d’acacia, et de violette.

Même processus pour les vins rouges :

Qu’il soit français ou de style Nouveau Monde, le cabernet sauvignon pourra dégager des arômes de fruits rouges comme la framboise ou noirs comme la myrtille ou le cassis.
Un vieux cab fera ressortir un parfum de confiture de mûre, de crème de cassis et de réglisse. 

Un pinot noir laissera dégager dans le cas de certains bourguignon des notes de framboise, de groseille, de fraise cuite, de cannelle, de cerise et d’églantine.

Pour une syrah c’est la framboise, les parfums de mûre, de violette, de cèdre, de cannelle, et de truffe qui s’exprime plus souvent qu’autrement.

Pour la grenache que l’on retrouve dans certains vins du Rhône ou d’Espagne, il y a parfois des notes de cassis, mûre, de cerise, de fraise écrasée, de laurier, d’eucalyptus et d’abricot cuit. 

Vous constaterez que je n’ai même pas fait allusion aux notes grillées, végétales, animales et aux différentes épices qui se retrouvent également dans ces cépages. Alors profitez de cette Saint-Valentin pour regarder votre partenaire dans les yeux et humer les parfums qui émanent de vos verres de vin.  Laissez la sensualité vous  atteindre et découvrir l’amour du vin autrement. 

lundi 13 février 2012

Visite chez un pepinieriste

Aujourd'hui visite chez Schaffner à Ergersheim (67), pépiniériste.
Schaffner, entreprise familiale, fabrique 500,000 plants greffés soudés par an, ce qui le place dans les moyens/grands producteurs français. Il vise le coeur du marché avec 80% de SO4 (porte-greffe productif), polur un taux de réussite de soudure de 60 à 70%. Le travail est essentiellement manuel et dure sur un cycle de 12 mois (mars N - avril N+1).

Les greffons (photo de gauche) proviennent de viticulteurs alsaciens ainsi que de leur propre vigne-mère de greffons (rendement: 8 baguettes de 10 yeux par pied). Les porte-greffe américain (photo de droite) sont issus d'un pépiniériste du Sud de la France.

La maison travail essentiellement avec des clônes et les privilégient à des sélections massales jugées moins fiables par rapport à l'absence de maladies du bois.

Photo de gauche: réalisation de la coupe en Omega.
Photo de droite: porte-greffe et greffon (cépage) soudé par une coupe omega.

Château Palmer 75 : le temps signe de sagesse

Le Chateau Palmer es t un nom évocateur dans le monde du vin. Il s’agit d’un troisième cru classé et j’avais déjà eu l’occasion de goûter le millésime 1999, et aussi à quelques occasion le deuxième vin de ce Château soit l’Alter Ego notamment un 2000.

Toutefois outre quelques rares exceptions je n’avais pas eu la chance de goûter des vins ayant plus d’une vingtaine d’années en âge et c’est avec un Château Palmer 1975 que j’ai découvert la semaine dernière la magie des vins de garde. J’en ai éffleuré le sujet lors de ma chronique intitulé « Une soirée gastronomique mémorable ». En parcourant le site Internet de Palmer, j’avais documenté un peu la dégustation que je m’apprêtais à faire avec mes amis grâce à la générosité d’un ami de Saint-Isidore.

Voici ce qu’en disait les notes du Château datant de 2000 à propos du 75:

Considéré dès la récolte comme un grand millésime, le 75 a provoqué quelques déceptions, soit lorsqu'il a été vendangé à maturité incomplète, soit en raison de leur richesse en tannins qui a demandé une longue garde avant qu'il ne commence à s'ouvrir. Ce millésime tant loué est en train de récompenser ceux qui l'auront patiemment attendu. La couleur est encore profonde, et le vin exhale un magnifique bouquet de fruits frais comme la prune et la cerise, de poivre et de réglisse. La bouche, ample et corsée, indique que les tanins surpuissants de sa jeunesse se sont assagis pour participer à cet équilibre plein de charme.

Pour ma part je crois que le vin était bon, mais le meilleur est malheureusement derrière lui. Quand même étonnant d’avoir un vin encore potable après plus de 31 ans d’attente. Je crois qu’il aurait pû se révéler pleinement il y a deux ou trois ans, mais combien difficile à prédire. Le Château Palmer c’est 52 hectares d’un vin majestueux composé de 47% de merlot, 47% de cabernet-sauvignon et 6% de Petit verdot. Un grand vin c'est certain.