mercredi 3 octobre 2012

Vivre l’expérience de vigneron avec Crushpad

Le nouveau chai de Crushpad
En août dernier, j’ai profité de mon séjour dans le Médoc pour visiter le Château Lynch-Bages. Annoncé en avril dernier un partenariat a été signé entre cette prestigieuse entreprise viticole de Pauillac et Crushpad, leader mondial de la vinification personnalisée. Cette entente vise à développer à Bordeaux des prestations personnalisées de type Crushpad, à l’intention des passionnés de vin du monde entier. Crushpad a donc installé son propre chai de vinification à Pauillac, près de Lynch‐Bages, dans le village de Bages, afin de s’adresser à une large clientèle internationale dans un environnement prestigieux. Avec ce partenariat, Crushpad fournira le cadre d’une gamme complète de prestations relatives à la vinification personnalisée. Les clients de Crushpad pourront bénéficier sur place d'une infrastructure dédiée et du savoir faire viticole des oenologues de château Lynch‐Bages. Il s’agit d’une expérience hors du commun pour un amateur d’avoir la possibilité de suivre personnellement son vin tout au long des différentes étapes de son élaboration

Avec l’aide de viticulteurs et de vignerons compétents et de l’oenologue réputé Eric Boissenot, Crushpad incite ses clients à concourir pleinement au processus de production ‐ conception, vinification, assemblage, mise en bouteilles, création de la marque et de l'étiquette ‐ de leur propre vin, qui pourra être destiné à leur consommation personnelle, mais aussi à la vente.

Stephen Bolger, dg de Crushpad France
Avec un chai de vinification à Bages et grâce à l'expertise Lynch-Bages, Stephen Bolger, directeur général de Crushpad France, a accepté de rencontrer Le Tire-bouchon pour nous expliquer ce projet. Le cuvier de Crushpad à Bages sera opérationnel pour les vendanges 2012. Pour en savoir davantage nous vous proposons d’écouter cette entrevue avec Monsieur Bolger.

Fondé en 2004 à San Francisco, la société Crushpad s’adresse aux particuliers amateurs de vin, individuels, clubs ou petites entreprises et propose de produire de façon artisanale, en Californie et à Bordeaux, de 1 à 1.000 barriques s de vin de qualité issu des vignobles les plus réputés.

Pour plus de renseignements, consultez www.crushpadwine.fr
Crédit des photos : Gilbert Martin-Guillou

Les vendanges du Fouquet's et du Pays du Gabardan au Château La Tour de Bessan

Il est 8h, le premier samedi d’octobre, nous attendons l’équipe du Fouquet’s Barrière (qui a passé la nuit dans les Landes) ainsi que huit représentants du Pays du Gabardan. Le petit déjeuner, préparé par Emilie Van Maele et Viviane, les attend dans la salle de dégustation.
Emilie et moi profitons du retard de nos hôtes pour faire la revue de nos cuves: dégustation de chacune d'entre elles avec Jean-Luc; le programme de remontages est prêt quand nos partenaires de la journée arrivent.
Un léger contretemps (un roulement de notre conquet à vendange menace de céder), nous amène à retarder le programme. A 9h15, notre vaillante troupe se rapproche à pied de la parcelle de Cabernet Sauvignon qui se trouve au fond de la Verdotte. C’est une de nos meilleures parcelles, la plus précoce pour ce cépage. Un arrêt devant la façade de notre salle de dégustation pour prendre une photo : nos polos oranges qui portent les logos du Fouquet’s et de La Tour de Bessan sont arborés avec fierté par tous les participants. Notre équipe est donc confortée par ces 28 partenaires ; hormis l’équipe du palace parisien, trois personnes de Ricoh (notre généreux sponsor de l’édition 2009) accompagnent Corinne Grapton, charmante et dynamique représentante de la direction. Nicolas Ricat, du Groupe Lucien Barrière, arrive en milieu de matinée par ses propres moyens. C’est lui qui nous a mis en relation avec Serge Jourdan, président de la communauté de communes du Gabardan ; il a une maison secondaire dans les Landes et connaît bien le maire de Losse pour participer régulièrement aux fêtes locales (une activité très prisée sur ce territoire !). Puis nos marraines, Nora Barsali (qui nous a soutenus pour la première édition) et Yolaine de la Bigne (rédactrice en chef de Néoplanète) nous rejoignent en début d’après-midi.

Pierre Ferchaud (qui a succédé à Eric Boonstopel à la direction générale de l’Hôtel Fouquet’s Barrière,) se révèle un vendangeur assidu. C’est aussi l’occasion pour lui de faire mieux connaissance avec une partie de sa nouvelle équipe.
A 12h30, deux bennes sont déjà rentrées au cuvier ; nous partons pique-niquer dans le parc de Brane avec la bénédiction de mon frère Henri et de mes parents. Le ciel est bleu, le soleil brille, tout le monde apprécie l’ambiance détendue. Romain distribue les amuses bouches tandis que Jean-Denis sert le champagne offert par Pop Earth qui soutient notre action. Chacun se voit distribuer un panier, en bois cette fois ci ! Il contient le pique-nique préparé par l’Officier de Bouche.
A 14h, les participants réclament  la reprise du travail ! Nous attendons quelques minutes l’arrivée des marraines puis la troupe repart pleine d’entrain. Les coupeurs s’activent, certains profitent de ces instants en pleine nature, pour garder le silence, d’autres parlent, s’interpellent. Tout le monde s’entraide ; il y a plusieurs personnes dans chaque rang et le chantier avance avec entrain. Certains contrôlent le tri sur la remorque et réprimandent avec bonne humeur les coupeurs qui mêlent feuilles et reverdons (ces petites grappes acides qui poussent en haut des rangs) aux belles grappes mures.
Il est 17h quand la récolte s’arrête : la  6ème benne est pleine. La cuve 85/51 est quasiment remplie. Notre troupe aura passé 5h30 à travailler ; les courbatures se font sentir, surtout chez les parisiens !  On repasse au cuvier, les curieux posent des questions à Jean-Luc, suivent le parcours du raisin jusqu’à la cuve, jettent un œil intéressé aux fiches de fermentation. Puis Nicolas, notre photographe attitré, prend une photo de groupe dans le cuvier avant que de l’on se sépare momentanément.

Il est 20h30, tout le monde s’est mis sur son trente et un pour fêter au Château Desmirail la fin de cette magnifique journée. Mon frère Denis, qui a porté la hotte toute la journée à nos côtés, nous héberge dans sa belle salle de réception. C’est l’échange des cadeaux : Jérôme offre un somptueux bouquet de la part du Fouquet’s Barrière  à Yolaine, Corinne et moi. Emilie, aidé de mon époux et de Bruno David (directeur de La Passion des Terroirs et lien originel entre Christian Rossi et moi-même) distribuent les magnums de Tour de Bessan à tous nos vendangeurs du jour. Les yeux brillent, les sourires sont sur tous les visages, les conversations vont bon train. Jacques Boissenot, notre œnologue conseil est venu avec son épouse ; il nous a aidé à assembler la cuvée de Villegeorge 2009 réalisé avec les vendanges du Fouquet’s.
Après le champagne, nous passons à table. Chaque partenaire s’exprime : on sent l’émotion, le bonheur d’être ensemble. Pierre Ferchaud prend la parole avec chaleur: il parle d’amour, de passion. Ce sont véritablement des élans humains, des rencontres qui nous ont permis de construire ensemble cet incroyable partenariat. Mon voisin de gauche, Serge Jourdan, n’en revient pas : pourquoi nous avoir choisis? Il semble ébahi par l’ampleur de la tâche. Cet homme droit, nous a conquis ; maire d’une commune de 300 habitants (depuis 1977), il est devenu Président de la Communauté des Communes de Gabardan. La majorité des maires se sont rassemblés autour de ce projet : la plus grande ferme photovoltaïque d’Europe (300ha !) établie sur des sols infectés par le fomès, un champignon qui détruit le pin. Michel Herréro, conseiller régionale des Landes, qui est là avec nous, m’a expliqué la veille le combat de cette communauté de communes pour défendre son territoire et assurer la survie de ces villages. Voyant que les poutres qui tenaient les panneaux photovoltaïques venaient de Roumanie, nos landais n’ont eu de cesse d’utiliser le pin des Landes et de faire venir des ateliers de transformation pour adapter le bois à sa nouvelle destinée. Désormais, afin de sortir du cercle infernal, ils souhaitent développer leur zone d’activités afin de créer des emplois en vue de passer la population de 3 500 à 5 000 habitants. Ces hommes, fiers de leur culture, ont décidé de prendre leur destin en mains. Ensemble, quelles que soient leurs couleurs politiques, ils ont choisi de s’unir pour leur terre. Chapeau bas ! Serge nous invite officiellement à la plantation des premiers arbres pour la sainte Catherine en 2011.
La vente aux enchères de notre dernier né (la récolte 2010) est prévue le 6 Décembre ; nous profiterons de l’occasion pour programmer une réunion de travail. Ce sera l’occasion de voir notre nouveau parrain, Philippe Faure Brac, meilleur sommelier du monde. Chacun souhaite être fidèle à son engagement, notre partenariat tri partite fonctionne. La rencontre du monde rural (le Médoc et le Gabardan) et du monde du luxe parisien (l’Hôtel Fouquet’s) se passe dans la joie et la bonne humeur. Le diner se termine par une dégustation d’Armagnac millésimé. Jean Paul ne résiste pas à la tentation et ce n’est pas le seul !

Et le moment de se séparer arrive, trop tôt ! On s’embrasse avec affection. Quelle merveilleuse journée et quelle superbe aventure à construire ensemble!

Avis sur la foire aux vins Leclerc Brive (2)

l'avis de Pierre Yves :

Difficile d’être au top sur ce type de dégustation, chaleur ambiante, promiscuité, température de service trop élevée.

Mes coups de cœur :
-         La Tour Carnet 2010, Haut-Médoc, nez subtil, légèrement fumé, bouche aves tanins vifs, la température de dégustation y est pour beaucoup, une acidité assez marqué avec un volume assez important, fait qu’il sera à revoir dans une décennie minimum, voir deux.
-         Château Petit BOCQ 2010, Saint-Estèphe, ce vin  m’a marqué, on est sur les mêmes note que le prédécesseur, mais j’ai trouvé l’acidité moins marquée, à garder.
-         Château La LOUVIERE 2009,  nez plus puissant que les 2 précédents, volume imposant, tanins soyeux , c’est confit, certainement plus facile à boire rapidement que les 2 autres, très long.
-         L'Anjou Brissac village  Château La Varière de chez Jacques Beaujeau , sacrilège à cette température, mais servi à 15/16 il se révélera très intéressant pour son fruité, pourra être gardé.
-         Château MONTUS, 2009, Madiran, sitôt ouvert sitôt dégusté, difficile d’apprécié ce vin à sa juste valeur, le nez est très discret, la bouche est tes imposante, tanins pas trop ferme pour ce type de vin, mais à garder, ou à carafer quelques heures pour qu’il s’exprime pleinement, très long.


En conclusion, les 2010 sont vraiment pas prêt à boire, les 2009 seront à mon avis accessible plus rapidement du fait de leur coté confit.