mercredi 4 août 2010

De l'Albariño au litchi en passant par la rose

En général, les gars autour de ma table ne raffolent pas du vin blanc. Mais, ils ont vite trouvé le fond de cette bouteille de Raimat costers del Segre 2006 Chardonnay/Albarino. (Le millésime 2006 cède peu à peu sa place au 2009 en ce moment).

Attrayant avec sa robe aux reflets dorés, il avait un nez très expressif. Les notes de muscat étaient les plus évidentes. La pêche et le litchi étaient aussi bien présents sur une trame de noix.

Agréable au nez, il est soyeux en bouche. Les arômes de muscat sont persistantes et intéressantes.

De toute évidence, le mariage entre le fruité- exotique- de l'Albariño et la fraîcheur du Chardonnay est réussi pour ce vin dans lequel l'acidité a su trouver son équilibre.

Ici, c'est une famille légendaire du vin espagnol qui s'est mis à l'oeuvre pour développer des vins dans la région viticole de « Costers del Segre » en Catalogne qui nous offre ce vin.

Cette région viticole ou plutôt la « Denominación de Origen » (en Espagnol) doit son nom au fleuve Segre et a été créée en 1988.

Prospère dans la production de mousseux catalan, le Cava, le groupe Codorníu a mis sur le pied le domaine Raimat. L'entreprise, qui est le principal producteur de la DO de Costers del Segre, connaît bien le climat arides et extrêmes de la région pour y travailler depuis le début du XXe siècle.

Ainsi, ils nous offrent un vin tout à fait honnête qui m'a rappelé avec ses effluves de litchi que si je voulais me remettre cette « cerise de Chine » en bouche c'était le bon moment.

Dans son pays d'origine, la Chine, la saison des litchis survient au début de l'été. Tandis que dans les pays où la culture a été exportée, dans l'hémisphère sud, la récolte aura lieu au milieu de l'hiver, soit autour de décembre.

Une fois au marché, mon panier rempli de maïs, de bleuets sauvages et de pâtissons de saison, quelques litchis ont su y trouver leur place. C'est bien vrai, si on veut garder en mémoire cette saveur si intense jusqu'à la prochaine récolte, le moment est bien choisi.

Le litchi croqué, ma mémoire olfactive et gustative se mirent en action: oui, mon Raimat avait bien de ce fruit au nez.

En bouche, son goût s'apparente étrangement à celui de la rose. C'est fin et délicat, mais savoureux.

Et en y pensant bien, ce vin catalan était agréablement rafraîchissant sur le bord du barbecue pendant que le poulet se faisait rôtir, mais il aurait très bien accompagné un riz au safran et au parfum de rose. Une recette qui peut sembler un peu extravagante, mais qui ouvre nos horizons gustatifs.

Suggestion végé pour cette soirée orageuse:

Faire chauffer du beurre dans une poêle et y ajouter de l'oignon, puis des raisins de Corinthe séchés. Réserver.

Mélanger 1 c. à the d'eau de rose avec une demie c. à thé de safran.
Ajouter la moitié de ce mélange dans 5 tasses de bouillon de légumes et porter à ébullition.

Ajouter à ce bouillon 3 tasses de riz basmati qui a préalablement reposé 30 minutes dans de l'eau et a été égouté.

Une fois le riz cuit et prêt à servir, ajouter le premier mélange d'oignon et de raisins, ainsi que le restant d'eau de rose.
(tiré du livre Menu Végé de Modus Vivendi)

Simple et exotique pour accompagner cet espagnol.

Chardonnay/Albarino Raimat Costers del Segre 2009 , Code SAQ : 10845841, 13,60 $

lundi 2 août 2010

Un vin de tous les jours pour les tapas


Je reviens tout juste d'un mariage où nos chers hôtes ont eu la brillante idée et l'immense générosité de nous offrir en cadeau un recueil de leurs meilleures recettes. Une excellente suggestion dans la section « 5 @ 7 » m'a inspirée le vin d'aujourd'hui.

La recette? Des dattes farcies au chorizo.

On me demande souvent des suggestions de vin pour l'apéro. Il est vrai que l'on a toujours besoin d'un vin simple, mais bon, avec un rapport qualité prix compétitif. Une bouteille qui ne nous fend pas le coeur d'ouvrir quand des amis se pointent à la dernière minute. Et encore plus vrai si ces amis débarquent en surnombre et qu'il faut en ouvrir deux, trois…

Alors voici ma suggestion pour accompagner cette délicieuse entrée. Le Sainte-Croix, la Bergerie 2008. Un 10,10$ bien investi.

C'est le Domaine Roux Père et fils, vigneron en Bourgogne, qui fait ici office de négoce, donc, qui vinifie ces raisins achetés dans le pays d'Oc du Languedoc-Roussillon.

Les maisons de négoce sont généralement des sociétés d'envergure qui ne manquent pas de moyens. Elles peuvent faire de beaux produits, mais certaines tournent les coins ronds, offrant des produits qui manquent de finesse et qui sont chargés de bois. Mais ici, le défi est relevé.

La robe de cet assemblage de syrah et de merlot est violacée.
Au nez, des petits fruits, la garrigue et l'épicé de la syrah.
En bouche, c'est tout simple: de beaux tannins soyeux soutiennent le fruit - la cerise - sur une texture presque veloutée. C'est rond et franchement agréable.

Nous avons toujours une bouteille de Sainte-Croix à la maison. Pour le porc du lundi soir sur le barbecue ou avec la salade grecque du midi, ce vin sait toujours trouver sa place.

Et pour ce tapas de dattes farcies au chorizo, il sera au rendez-vous.
Le sucré de la datte, le gras du proscuitto et le petit « kick » épicé du chorizo forment un heureux mélange. Rien de trop costaud pour le Sainte-Croix.

La recette
Une barquette de dattes (environ 12)
6 tranches de prosciutto (ou une tranche pour deux dattes)
un saucisson de chorizo (piquant de préférence)

Couper les dattes en porte-feuille (c'est-à-dire côté longueur et pas entièrement), les ouvrir et enlever le noyau, Retirer la viande de chorizo de son enveloppe (si saucisse crue) et placer une petite quantité dans les dattes.
Refermer la datte en l'enveloppant dans le prosciutto. Maintenir le tout en place avec un cure-dent.

Chauffer une poêle à feu moyen à moyen-élevé (le gras du prosciutto devrait suffire). Dorer les dattes de chaque côté, voire même un peu noircies ou jusqu'à ce que le chorizo soit bien cuit (environ 7 à 9 minutes).
Placer les dattes sur un papier absorbant. Servir.

En l'honneur d'Isabelle et Thom, bon appétit!

Syrah/Merlot Sainte-Croix La Bergerie vin de pays d'Oc 2008 , Code SAQ : 10915239, 10,10 $

vendredi 30 juillet 2010

Un rosé pour mes groseilles

« On prend des groseilles? » Je rentre à la maison avec ma barquette de groseilles maquereaux me demandant bien ce que j'allais en faire et surtout comment les accompagner.

Pas facile d'aimer le groseille maquereaux. Différent du groseille conventionnel, parce qu'il n'est pas en grappes et qu'il est plus gros que ce dernier, ce fruit est caractérisé par l'acidité que lui donne sa peau. Une odeur de pommettes s'en dégage. Les pépins sont vifs et acidulés. La chair est tendre et savoureuse sur une finale bonbon surette.

Le groseille en grappe, lui, sert souvent à décorer les assiettes. En bouche, il est croquant, savoureux, acide, et sucré.

Ces caractéristiques, on les retrouve justement dans le vin de Côtes-de-provence qui a accompagné à merveille mes groseilles.

Ce vin? Il provient d'une famille qui cultive depuis de nombreuses générations la vigne. La famille Quiot à qui nous devons entre autre le Domaine du Vieux Lazaret dans le Châteauneuf-du-Pape est une famille viticole depuis le 18e siècle.

Ici, on la découvre non pas dans la vallée du Rhône, mais en Provence dans ce rosé «Domaine Houchart Sainte Victoire Côtes de Provence 2009.»

Contrairement aux rosés du Nouveau Monde, les rosés de Provence sont habituellement plus gourmands, moins sucrés, davantage structurés. Ils accompagnent ainsi mieux les repas.

Facilement reconnaissables, leur robe est moins rougeâtre, tirant davantage sur le saumon.

Le Sainte Victoire est issu d'un assemblage de grenache, de syrah, de cinsault et de mourvèdre. Il dégage au nez des effluves de pêches blanches, de framboises et de fraises.

En bouche, c'est délicat, long, très long. L'acidité est bien présente. On l'associe facilement à celle de mes groseilles et à son côté sucré.

Ce rosé est franchement intéressant avec ses notes un peu salines en rétro-olfaction. (On met la langue au palais et on aspire immédiatement après avoir avalé le vin. Cela permet d'ouvrir les voies nasales et de mieux percevoir les arômes en bouche).

Avec ma barquette de groseilles maquereaux et celle de groseilles en grappe, je n'allais certainement pas me lancer dans une confiture. Je fais quoi alors?

Pourquoi ne pas exploser une salade de roquette un peu amère avec des groseilles? Ça fait joli, le rouge vif sur le vert. Une bonne huile d'olive, un peu de vinaigre de vin - qui se marie à merveille avec mes groseilles - de la fleur de sel, du poivre du moulin…et mon verre de Sainte Victoire.

Ce qui restait de mes groseilles s'est retrouvé en chausson pour le dessert. Un peu de sirop d'érable pour équilibrer l'acidité et le tour est joué!

Dom. Houchart Sainte Victoire Côtes de Provence rosé 2009 , Code SAQ : 11278091, 16,10 $