dimanche 8 août 2010

Un sauvignon aux effluves de pamplemousse


On m'avait servi ce sauvignon néo-zélandais, le New Harbor, avec un poulet aux agrumes. Nous avions tombé sous le charme: une acidité plaisante, un fruit gourmand, une belle texture. Bref, un bon vin!

Nous l'avons goûté de nouveau quelques jours plus tard à la maison, sans accompagnement.

Une robe plutôt jaune pâle. Un nez d'agrumes, de fleurs blanches, de violette, avec un certain côté végétal, herbacé.

L'acidité volatile est frappante au nez. (Je suis très sensible à ce composé du vin. De façon générale, nous ne devrions pas sentir l'acidité volatile. Mais quand le vin est très acide en bouche, des traces peuvent être perceptibles.)

Le vin une fois en bouche confirme ce que nous avait indiqué le nez: l'acidité est vorace. C'est bien sec.
Les agrumes sont là, en particulier le pamplemousse rose.

Plus le vin devient chaud, plus il tend vers une texture et un goût de jus de fruit. Je dirais un jus de fruits de la passion.

Le vin vient de la région de Marlborough, qui a mis en lumière les vins néo-zélandais, en particulier les sauvignons. Fraîcheur et explosion de saveurs sont leur marque de commerce.

Il va s'en dire que ce vin correspond tout à fait à sa région.

Pour ma part, difficile de le prendre seul. Toutefois, avec une entrée de salade tiède de petits pétoncles avec pamplemousse ou du poulet citronné, il fondra sur vos papilles.

Si vous décidez de tenter le coup, voici mon entrée de pétoncles:

Caraméliser des oignons dans une poêle.
Ne pas mettre le feu trop élevé.
Ajouter les légumes qui vous tombent sous la main : courgettes, poivrons rouges, fèves germées.
Une fois que les légumes sont bien tombés, ajouter les pétoncles (de préférence petits).
Déglacer avec un peu de vin blanc et ajouter une petite quantité de sauce soya.
Finir avec le jus d'un demi pamplemousse pressé.
Laisser tiédir.

Avant de servir sur du pain ou sur des biscottes, ajouter les suprêmes de votre autre moitié de pamplemousse.

Promis, avec votre sauvignon de Nouvelle-Zélande, vos papilles en redemanderont!

Sauvignon blanc New Harbor Marlborough 2009 , Code SAQ : 11184992, 15,35 $

vendredi 6 août 2010

Un peu de Romanée-Conti pour 25$


Lors de la récolte des fruits d'été, notre maison devient un champ de bataille de pots Mason, de sucre, de cuillères en bois et de baies. Mon amoureux se lance dans la confection de confitures qui nous réchaufferont tout l'hiver.

Une fois ces délicieuses framboises mises en pots, il faut bien un pinot noir pour nous les rappeler.

Au grand malheur de mon portefeuille, je suis une adepte des vins de Bourgogne. Un pinot bourguignon, lorsque bien fait, c'est de la haute-couture en bouche. Délicat, fin, savoureux. Le bois ne marque pas. Ni les tannins. C'est une longue robe de soie qui s'éternise sur les papilles.

Pour goûter à cela au Québec, il faut mettre le prix. Pas étonnant que pour un budget d'une vingtaine de dollars, plusieurs choisiront une autre région.

Mais quand on aime la Bourgogne, on y met parfois le prix.

Ici, pour 25,65$, on a un pinot bien correct. On est loin de la robe soyeuse et du nectar de la Côte de Nuits. Mais à ce prix, on est mal venu de s'en plaindre.

C'est un vin de la Côte Chalonnaise.

Avec sa robe violacée difficile de démentir la jeunesse du millésime - 2008. Au nez, des notes de griottes et beaucoup de menthol. (Le menthol, une odeur caractéristique chez certains vins qui tend à disparaître avec l'âge. Par chance!) On y trouve aussi un peu de viande crue, et des framboises.

En bouche, ce n'est pas très complexe: du fruit, du fruit. C'est très charmeur et délicat. La longueur est surprenante. Mais surtout, c'est totalement notre confiture de framboises.

Pour ceux qui n'ont pas eu le temps de se faire des réserves de confiture, ce pinot bourguignon saura rappeler les saveurs estivales.

Si on le boit maintenant, avec un porc nappé d'une sauce aux framboises, le prix en vaudra la peine.

Les snobs du vin y trouveront leur compte, eux aussi. Ce verre de Côte Chalonnaise contient un peu de… Romanée-Conti, la bouteille la plus chère du monde. Le propriétaire du domaine, Aubert de Villaine, est en effet le co-propriétaire de la mythique maison.

Bourgogne La Fortune A.&P. de Villaine 2008 , Code SAQ : 00918219, 25,65 $

mercredi 4 août 2010

De l'Albariño au litchi en passant par la rose

En général, les gars autour de ma table ne raffolent pas du vin blanc. Mais, ils ont vite trouvé le fond de cette bouteille de Raimat costers del Segre 2006 Chardonnay/Albarino. (Le millésime 2006 cède peu à peu sa place au 2009 en ce moment).

Attrayant avec sa robe aux reflets dorés, il avait un nez très expressif. Les notes de muscat étaient les plus évidentes. La pêche et le litchi étaient aussi bien présents sur une trame de noix.

Agréable au nez, il est soyeux en bouche. Les arômes de muscat sont persistantes et intéressantes.

De toute évidence, le mariage entre le fruité- exotique- de l'Albariño et la fraîcheur du Chardonnay est réussi pour ce vin dans lequel l'acidité a su trouver son équilibre.

Ici, c'est une famille légendaire du vin espagnol qui s'est mis à l'oeuvre pour développer des vins dans la région viticole de « Costers del Segre » en Catalogne qui nous offre ce vin.

Cette région viticole ou plutôt la « Denominación de Origen » (en Espagnol) doit son nom au fleuve Segre et a été créée en 1988.

Prospère dans la production de mousseux catalan, le Cava, le groupe Codorníu a mis sur le pied le domaine Raimat. L'entreprise, qui est le principal producteur de la DO de Costers del Segre, connaît bien le climat arides et extrêmes de la région pour y travailler depuis le début du XXe siècle.

Ainsi, ils nous offrent un vin tout à fait honnête qui m'a rappelé avec ses effluves de litchi que si je voulais me remettre cette « cerise de Chine » en bouche c'était le bon moment.

Dans son pays d'origine, la Chine, la saison des litchis survient au début de l'été. Tandis que dans les pays où la culture a été exportée, dans l'hémisphère sud, la récolte aura lieu au milieu de l'hiver, soit autour de décembre.

Une fois au marché, mon panier rempli de maïs, de bleuets sauvages et de pâtissons de saison, quelques litchis ont su y trouver leur place. C'est bien vrai, si on veut garder en mémoire cette saveur si intense jusqu'à la prochaine récolte, le moment est bien choisi.

Le litchi croqué, ma mémoire olfactive et gustative se mirent en action: oui, mon Raimat avait bien de ce fruit au nez.

En bouche, son goût s'apparente étrangement à celui de la rose. C'est fin et délicat, mais savoureux.

Et en y pensant bien, ce vin catalan était agréablement rafraîchissant sur le bord du barbecue pendant que le poulet se faisait rôtir, mais il aurait très bien accompagné un riz au safran et au parfum de rose. Une recette qui peut sembler un peu extravagante, mais qui ouvre nos horizons gustatifs.

Suggestion végé pour cette soirée orageuse:

Faire chauffer du beurre dans une poêle et y ajouter de l'oignon, puis des raisins de Corinthe séchés. Réserver.

Mélanger 1 c. à the d'eau de rose avec une demie c. à thé de safran.
Ajouter la moitié de ce mélange dans 5 tasses de bouillon de légumes et porter à ébullition.

Ajouter à ce bouillon 3 tasses de riz basmati qui a préalablement reposé 30 minutes dans de l'eau et a été égouté.

Une fois le riz cuit et prêt à servir, ajouter le premier mélange d'oignon et de raisins, ainsi que le restant d'eau de rose.
(tiré du livre Menu Végé de Modus Vivendi)

Simple et exotique pour accompagner cet espagnol.

Chardonnay/Albarino Raimat Costers del Segre 2009 , Code SAQ : 10845841, 13,60 $