vendredi 1 octobre 2010

Tempranillo pour petit budget

Soyons honnêtes: l'amour du vin au Québec coûte cher. Les bons vins ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Les très bons vins le sont encore moins.

Le reportage de JE de la semaine dernière en témoigne, les consommateurs du Québec ne profitent pas toujours de la baisse de l'euro dans leurs achats de vins européens. Ce qui n'aide ni leurs bourses ni leur dégustation de grands vins.

Alors aujourd'hui, je vous présente un vin sans prétention et accessible. Et pour un modeste 8,20$, il est étonnamment bon: le Bonal, Valdepeñas, tempranillo 2006.

On se transporte au centre de l'Espagne, au sud de Madrid, sur l'appellation Valdepeñas. Avec un cépage très commun dans la région, appelé cencibel, mais mieux connu dans le reste de l'Espagne et au Portugal sous le nom de tempranillo.

De plus en plus prisé au pays du porto comme raisin de table, le tempranillo est bien connu pour ses robes pâles.

C'est d'ailleurs ce qui saute aux yeux dans ce Bonal. Sa robe pourrait presque laisser croire à du gamay.

Bien que ces 12,5% d'alcool ne soient pas exagérés, au premier nez (avant d'avoir fait respirer le vin - donc avant de l'avoir fait tourner dans votre verre) c'est l'alcool qui se démarque.

Bleuets, framboises et une pointe végétale, des bourgeons de cassis peut-être, chatouillent les narines au deuxième nez (après l'avoir fait respirer).

En bouche, c'est simple, agréable et les tannins sont souples. La longueur n'est pas exceptionnelle, mais à ce prix, ça fait très bien l'affaire.

C'est un vin léger, bien fait et vraiment tout simple. Une bouteille que l'on sera heureux d'ouvrir pour le repas du midi ou avec des tapas.

Pour ces derniers, je vous suggère une variante du tapas de dattes et chorizo que je vous avais suggérée en août.

Le chef Louis-François Marcotte ajoute basilic et roquette. Deux herbes qui iront rehausser le côté végétal de notre Bonal.

La recette de brochettes de dattes farcies, bacon et chorizo:

-8 dattes Medjool dénoyautées
-8 morceaux de parmesan de 3 cm x ½ cm
-8 feuilles de basilic
-4 tranches de bacon coupées en 2 sur la longueur
-8 rondelles de 1 ½ cm de chorizo
-Quelques feuilles de jeune roquette

Réaliser:

- Préchauffer le four à 450 °F.

- Trancher les dattes en deux.

- Garnir les dattes de parmesan et d'une feuille de basilic.

- Entourer d'une tranche de bacon et déposer sur une plaque de cuisson recouverte d'un papier aluminium, du côté où se ferme le bacon.

- Enfourner 5 à 6 minutes.

- Piquer les dattes et une rondelle de chorizo sur une petite brochette de bois.

- Saler, poivrer et accompagner de quelques feuilles de jeune roquette et d'un filet d'huile d'olive.


Les amateurs de vins costauds ne seront pas fans de ce vin léger, mais pour les autres, ce pinard à 8,20$ sera une découverte.

Tempranillo Bonal Valdepeñas 2006 , Code SAQ : 00548974, 8,20 $

lundi 27 septembre 2010

Fondue suisse, vin suisse

L'automne est bel et bien installé. Et pour combattre les soirées sombres, on s'évade en cuisinant une fondue au fromage. Rien de plus simple à faire et ô combien savoureux!

Je voulais un vin pas trop intense en bouche pour laisser la place à la fondue. On m'a alors proposé un vin Suisse, le Fendant de Sierre Rouvinez 2009.

Une fondue suisse, un vin suisse, l'accord semble logique.

On retrouve peu de vins de ce pays à la SAQ. Rien de surprenant, les Suisses exportent seulement 2% de leur production.

Le cépage utilisé ici est le fendant, le premier cépage cultivé dans le pays. Il est aussi planté en France où son nom est chasselas.

Le coût de la vie étant très cher en Suisse, ne vous surprenez pas du prix des bouteilles.

Ici, on découvre un vin du Valais, la région viticole la plus importante de Suisse, au sud, entre la France et l'Italie.

Il a une robe jaune très claire. Son nez est intéressant aux odeurs de coing (un fruit très parfumé qui ressemble à la poire), de fleurs blanches- le tilleuil- et de pommes honeycrisp.

Sa bouche, quant à elle, sort de l'ordinaire.
Un peu pétillante à l'amorce, elle devient très délicate. Tellement qu'elle est presque effacée.
Ce côté aqueux aurait pu être un défaut. Par contre, marié à la fondue, le vin finit par dévoiler une belle acidité.

La fondue prenait toute la place dans cet accord. Mais c'est ce que l'on souhaite, non? Un vin légèrement plus présent en bouche aurait pu être agréable, mais celui-ci faisait très bien l'affaire.

Après avoir lu ces quelques lignes, si vous souhaitez préparer une fondue, rien de plus simple.

Rassemblez tout d'abord ceci:
1/2 lb (225 g) de fromage emmenthal

1/2 lb (225 g) de fromage gruyère
(que nous avions remplacé par de l'appenzeller)

1 gousse ail

1 1/2 tasse (375 ml) de vin blanc

3 c.à soupe (45 ml) kirsh
(Une eau-de-vie obtenue par la distillation du jus fermenté de cerises- on aime ou pas dans la fondue. Allez-y modérément la première fois. 1 c. à soupe peut suffire.)

1 c.à soupe (15 ml) jus de citron 

3 c.à soupe (45 ml) farine tout-usage 

Poivre, au goût

Ensuite:
- Râper et mélanger l'emmenthal et le gruyère. Saupoudrer de farine.
- Frotter l'intérieur du caquelon (chaudron) avec l'ail coupé, puis jeter l'ail.
- Verser le vin et le kirsch dans le caquelon et chauffer à feu moyen sans qu'ils viennent à ébullition. Ajouter le jus de citron.
- Ajouter graduellement des poignées de fromage en remuant constamment avec une cuillère en bois jusqu'à ce que le fromage soit fondu et forme une sauce onctueuse.
- Ajouter du poivre si désiré.
- Amener à ébullition, retirer le caquelon du feu et le déposer sur un réchaud allumé sur la table. (ou verser dans un plat à fondue)
- Tremper des croûtons de pain, des légumes (pommes de terre, champignons, brocolis, etc.) et des fruits (pommes, poires et raisins).

Retrouvez cette recette sur Recettes du Québec.

Fendant de Sierre Rouvinez Valais 2009 , Code SAQ : 00928937, 18,60 $

vendredi 24 septembre 2010

Vin d'humeur

Après une longue semaine et peu de sommeil, il me semble juger le vin plus durement.

La dégustation d'un vin est toujours renforcée d'un contexte, d'une humeur ou d'un lieu. Et c'est toujours un intense défi pour le dégustateur aguerri de juger le vin le plus justement possible.

C'est peut-être parce que la semaine a été dure que le Sangiovese di Romagna Superiore 2008- Scabi m'a semblé bien ordinaire. Il s'agit du vin d'entrée de gamme de la maison San Valentino qu'ils annoncent comme leur meilleur rapport qualité/prix.

Le site internet de l'entreprise vinicole m'apprend que le vin a passé un court séjour dans des barriques utilisées pour la seconde ou la troisième fois. Pourtant, autant au nez qu'en bouche, le bois prend beaucoup trop de place.

Une robe couleur cerise presque rubis.
C'est au nez que ça se gâte. Beaucoup de bois et d'alcool- à 14,5% d'alcool.
Aussi, de la réglisse, du cacao, du poivre blanc et un pointe de menthol.

La bouche est plutôt décevante. C'est assez court, on reste sur le menthol.
Le vin est asséchant et rappelle la framboise, mais surtout le fruit pas mûr.

Après une journée sur le comptoir, il ne reste que du bois et des fruits noirs dans cette bouteille.

Rien qui ne rende justice au sangiovese- le cépage le plus planté en Italie- qui peut jouer de finesse en bouche.

Les amateurs de vin boisé aimeront peut-être cet italien de la région d'Émilie-Romagne.

Scabi San Valentino Sangiovese di Romagna Superiore 2008 , Code SAQ : 11019831, 17,00 $

Avez-vous regardé le reportage de l'émission d'enquête JE? Un constat: malgré la baisse de l'euro, le prix des vins européens sur les tablettes de la société d'état ne baissent pas. A lire ou bientôt à revoir.