mardi 9 novembre 2010

Des huîtres poivrées et la cuvée Émile

Ses arômes de zeste de citron, sa finale légèrement sur le sucre et son côté délicat m'avaient laissé croire qu'elle accompagnerait tout à fait une tarte aux agrumes.

Pourtant, une fois mise en bouche aux côtés de la tarte, la cuvée Émile 2008 de la maison alsacienne Willm n'était pas mise en valeur.

C'est plutôt à l'apéro que cette bouteille a dévoilé tous ses charmes. Servi sur des huîtres et une mignonnette bien poivrée avec du vinaigre de vin rouge et des échalotes françaises, ce riesling est tout simplement délicieux.

Une robe dorée aux reflets verdâtres.
Un nez rempli de citron et d'agrumes avec quelques fleurs blanches.
En bouche, délicat, assez long et une finale légèrement sucrée en font un vin bien équilibré.

Ce n'est pas un riesling très exubérant. Mais il est juste à point.
Pas fan des huîtres? Bien frais, cette bouteille fera des malheurs avec des sushis.

Et le prix est doux pour un riesling alsacien, 17,70$.

Plusieurs vins de la maison Willm sont disponibles à la SAQ. C'est une maison sérieuse qui offre des produits de belle qualité.

Riesling Cuvée Émile Willm Alsace 2008 , Code SAQ : 00863209, 17,70 $

Envie de réaliser cette mignonnette? Il vous faut:
3 parts de vinaigre de vin rouge /
pour une part d'eau
une échalote française hachée finement

du poivre noir fraîchement concassé

Jetez la première eau de vos huîtres après les avoir ouvertes et faites-les refroidir au frigo. Avant de servir, versez une cuillerée à thé du mélange sur chacune d'elles.

dimanche 7 novembre 2010

L'unique Jarno bianco

Après avoir goûté ce blanc, personne n'osera dire que tous les blancs se ressemblent.

Le Jarno Bianco de la maison Castorani 2008 explose en bouche. Et son secret, il le tient de Toyota.

Si vous êtes comme moi, vous ne suivez pas la Formule 1. Le nom de Jarno Trulli vous évoque donc beaucoup plus une bouteille de vin qu'un coureur automobile.

Pourtant, ce pilote italien fait du vin tel le Mille pendii que je vous avais présenté. Et il a marié le savoir-faire de son écurie à ses vins.

Tout débute avec l'idée de l'Amarone. Ce vin rouge de Vénétie en Italie dont on laisse sécher les grappes pendant deux à trois mois après la vendange fin septembre.

Ces raisins secs, concentrés en sucre, on les presse pour fermenter le jus dans de grandes barriques pour plus d'un mois.

Par ce procédé, on obtient un nectar généreux en alcool, d'une longueur en bouche remarquable. Ce vin de longue garde possède des arômes prononcés de prunes et de confitures.

Cette vieille technique que pratiquent les italiens s'apparente à celle des vignerons qui fabriquent le vin de paille dans le Jura, en France.

Cette méthode se veut chez certains vignerons plutôt artisanale. Dans le Jura, j'ai vu des vignerons sécher les grappes de raisins dans leur grenier.

Vous vous doutez bien que ce n'est pas le cas chez Trulli. Le coureur a demandé à l'équipe Toyota d'élaborer une voute toute spéciale au vignoble pour créer le climat parfait au séchage des grappes.

Dans cette chambre, la technologie contrôle humidité et température où le séchage s'effectue pendant 60 jours.

Le résultat? Un assemblage de trebbiano, de malvasia et de cococciola unique.

La robe brillante se présente bien dorée.
Le nez ne laissera personne indifférent. Il est complexe, rempli de fleurs et de noisettes. Il rappelle d'ailleurs le vin de paille avec ses effluves d'oxydation.
La bouche quand à elle est beurrée, très ample et légèrement sucrée sur des notes d'amandes et d'ananas confits.

On me disait que cette bouteille se vendait une soixantaine de dollars au Québec il y a quelques années. Aujourd'hui, à 41,50$, l'expérience en vaut son pesant d'or.

Servez-le avec quelques fromages, fruits séchés et noix au dessert. Il se conservera plusieurs jours dans le frigo.

Jarno Bianco Castorani Colline Pescaresi i.g.t. 2008 , Code SAQ : 11030951, 41,50 $

vendredi 5 novembre 2010

Virée de barolos

Chaque automne, l'Italie débarque à Montréal. Un salon des vins italiens couru par toute l'industrie. L'occasion en or de rencontrer les producteurs venus d'Europe et de tenter de goûter une grande sélection de vins.

Je dis bien tenter car dans les salles où s'alignent des dizaines de tables débordantes de bouteilles, il est difficile de se tailler une place pour tendre son verre.

Bien que j'aie dégusté très peu de vins, voici quelques découvertes qui m'ont séduit:

La maison Aurelio Settimo dans le Piémont présentait d'excellents barolos.

L'une des caractéristiques du barolo est que l'on doit l'attendre. Autrement dit, il prend du temps à s'ouvrir, à donner son plein potentiel. C'est aussi un grand vin que l'on aime bien surnommer « le vin des rois et le roi des vins. »

Ne soyez donc pas surpris de devoir payer la rançon d'un roi pour y goûter.

Aurelio Settimo présentait deux bouteilles de 2006. Des nectars crémeux, épicés et très bien faits. Malheureusement, ils ne sont pas disponibles au Québec. Puisque nous sommes sur les millésimes 2004 et 2005. Espérons qu'ils le seront d'ici quelques temps.

Toutefois, voici ceux disponibles à la SAQ:

Aurelio Settimo Barolo 2005 , Code SAQ : 11039269, 37,75 $
Déjà une robe orangée pour ce nebbiolo 2005. Un nez épicé et une bouche persistante. Un Barolo avec beaucoup de classe, surtout pour cette année moins grandiose selon certains producteurs italiens.

Aurelio Settimo Le Rocche Barolo 2004 , Code SAQ : 10386664, 52,50 $
Le Rocche est un des terroirs bien définis où l'on fait du barolo. C'est une zone de 30 hectares que se partage 22 producteurs. Dans la dégustation que nous avons faite, les vins de Rocche étaient toujours mieux structurés et plus savoureux.

D'ailleurs, le Aurelio Settimo Rocche Barolo 2005 était un vrai régal! Du foin au nez, très épicé, soyeux et vraiment savoureux.

Quant au 2004 qui est disponible chez nous, vous serez plusieurs à aimer cette bouteille. Vous y retrouverez de la mélasse, des figues, du cassis. Il est beaucoup moins délicat que le précédent. On pourrait presque croire au nez à un vin fortifié. En bouche, on n'est pas trop loin du kirsch. C'est surprenant! Mais encore là, c'est une très belle bouteille.

Toujours dans le barolo, une certaine unanimité flottait autour de la maison Castello di Verduno. Au grand dam de tous, leurs vins ne sont disponibles au Québec qu'en importation privée par l'agence Vins Etcetera.

Mais si jamais vous passez par l'Ontario, au coût de 65$, vous pourrez mettre la main sur leurBarolo Massara 2004.

J'ai goûté au 2005 qui était certes un peu asséchant en bouche, mais qui dévoilait des arômes de rose. Un vin rempli de matière, qui séduira ceux qui auront la patience de le revoir dans quelques années.

On termine cette dégustation en Toscane avec la maison San Fabiano Calcinaia.

Contre toute attente, c'est leur vin d'entrée de gamme, à 15$ qui m'a davantage séduit. Disponible seulement en importation privée, le Tosacana IGT Casa Boschino 2008est léger, fruité et assez long. Beaucoup de classe pour le prix!

À la SAQ, voici un Chianti classico abordable et délicieux.
San Fabiano Calcinaia Chianti Classico 2007 , Code SAQ : 10843327, 19,35 $
Très bien fait pour le prix. Le 2008 rappelle les charcuteries sur un nez encore discret.

Vous retrouvez aussi sur les tablettes le Cellole Riserva Chianti Classico 2005 , Code SAQ : 10542479, 35,25 $.

J'ai goûté le 2007. Il était encore bien marqué par le bois, avait des arômes de cassonade, n'était pas trop lourd en bouche et assez long.

Et finalement, un supertoscan bien épais, confituré et rempli d'arômes de cuir. Le Cerviolo San Fabiano Calcinaia Toscana i.g.t. 2006 , Code SAQ : 10542516, 41,00 $. Élaboré à 34% de sangiovese, à 33% de cabernet sauvignon et à 33% de merlot, ce vin sera à son apogée dans quelques années.

A travers tous ces rouges, un blanc vraiment singulier s'est démarqué. Je vous en parle la prochaine fois. Ciao!