mardi 14 février 2012

En attendant Mauguio...


Lundi, s'ouvre à Montpellier la grand messe des vins du sud.

Vinisud, il faut le dire, c'est impressionnant : 1760 exposants dans le parc des expositions de Montpellier. 35.000 visiteurs professionnels, importateurs, grossistes, grande distribution... Des chiffres en augmentation tous les deux ans et qui justifient le prix des stands : 3000 euros pour 7 malheureux mètres carrés ou le loisir d'aller tenter sa chance sur un stand collectif pour 1500 euros les trois jours.
"Moi ce n'est pas mon truc, explique Frédéric Palacios, assez gonflé pour un jeune chef d'entreprise. D'abord parce qu'il y a cet investissement de base. Mais aussi parce je ne veux pas être noyé dans la masse. Le rêve des exposants c'est de réussir à vendre deux à trois palettes annuelles (environ 1800 bouteilles, ndla) ne serait-ce que pour rembourser l'investissement. Ca ne se critique pas, c'est juste pas mon créneau : j'essaie de faire un vin qui a une identité, une personnalité. Je ne vois pas comment sortir du lot dans ce type de salon, même si il est formidablement organisée. Et puis franchement, c'est comme un réalisateur qui ferait des films d'auteur et qui irait dans un festival ou les block-busters et le sitcoms sont majoritaires. Ca n'a pas de sens".
Lundi matin, Frédéric ne sera donc pas sur le Stand des vignerons de la Malepère. Inutile de chercher son nom dans la liste impressionnante (et parfois alléchante) de ceux qui ont décidé de tenter leur chance à la grande loterie de Vinisud.

Lui, la joue "Off", à partir du 9 mars, chez les adeptes de Vinum Nostrum. Le jour et la nuit.

Installé au Patio de Mauguio pour sa troisième édition, Vinum Nostrum est à Vinisud ce que le festival du film de Sundance est à Hollywood : le rendez-vous des auteurs et des indépendants. Ici pas de stand, pas d'allées, pas de plan. Tout le monde se retrouve, grands noms et nouveaux venus, visiteurs et vignerons, dans cette ancienne cave viticole, située en coeur de village, à une dizaine de kilomètres au sud du Parc des expos de Montpellier (voir plan).

Pas de location, pas de mètre carré facturé, mais pas de passe-droit non plus : tout le monde paie sa place. Cinq euros à l'entrée. Le prix d'un verre.
"Il y en a à qui ça n'a pas plu, raconte Charlotte Senat. Des critiques, des cavistes qui sont habitués au tapis rouge et aux entrées gratuites. Désolé... Ici c'est le même prix pour tout le monde".
Autre règle imposée cette fois aux vignerons : on ne peut participer au Vinum Nostrum (liste) que si l'on ne participe pas à Vinisud. Une "exclusivité" et une exigence qui n'ont pas empêché de grands noms de signer cette année encore. A Mauguio, on retrouvera donc les Richaud (Cairanne, ci-dessous), Lapierre (Morgon) et Arena (Patrimonio, photo à droite), Plageoles (Gaillac)... Ces stars du vin de terroir qui font briller les yeux des nouveaux venus :
"Je fais Vinum Nostrum parce que c'est une reconnaissance, dit Frédéric Palacios, qui y est invité pour la première fois cette année. Une marque de fabrique... Arena, Richaud... Tu te rends compte! Ce ne sont pas mes Maîtres, parce que je ne veux pas penser comme ça... Mais ce sont des types formidables qui ont fait le chemin avant nous. Et puis je me sens totalement dans leur courant. L'idée du vin qui a la personnalité de son terroir et de celui qui le fait".
Les habitués (Magnon, Cazottes, Bernard et les autres) croiseront donc de (petis) nouveaux... Comme Frédéric ou le gascon Dominique Andiran. Tous "cooptés". C'est le principe:
"Les nouveaux sont toujours pressentis par rapport à l'honnêteté de leur travail et leur façon de se représenter, explique Marcel Richaud. Ca représente bien le monde qu'on veut rencontrer, celui des vignerons-artisans et des cavistes qui aiment cette façon de travailler, ce respect du terroir. Tout au long de l'année, on grandit en fonction de son voisin immédiat... Là, on ouvre les espaces. On partage les méthodes entre des gars venus de toute la France, on étoffe les réseaux. Là aussi, il y a un effet de synergie, parce que chacun va parler dans sa région du vin des autres. Chacun est prescripteur pour les autres".
Dans le petit club des Vinum Nostrum, un producteur de cidre, cotoie ainsi le pape du Gaillac-vieille vignes et un artisan du Muscadet, un ancien photographe de presse partagé entre la Loire et le Languedoc (dont a déjà parlé ici).

Sans doute cette année encore, certains trouveront-ils la salle trop petite ou le jazz trop généreux. Le problème des Senat c'est qu'ils ne font jamais rien à moitié. Et puis, comme dit Jean-Baptiste:
"C'est un premier contact. L'idée c'est que l'on se retrouve ensuite à la propriété pour un contact plus serré... Plus intime".
Mauguio aura donc sans doute, encore cette année, un petit coté speed-dating. Les amoureux des vins d'auteurs ne s'en plaideront pas.


Après le 14, encore l’amour !

C’est aujourd’hui la fête officielle de Saint-Valentin, ne l’oubliez-pas ! Mais si fêter l'amour après le travail, à la course pour faire les courses, vous pèse, pourquoi pas profiter du prochain weekend? Dans cette chronique, je vous propose quelques accords mets et vins pour une soirée sensuelle et gourmande hors de tout stress !

Le « menu pour lui » de Ricardo m’a particulièrement inspirée avec son carpaccio de bœuf, ses médaillons de porc et une île flottante pour deux. Voici quelques accords que vous pourrez enrober de musique par la suite !

Carpaccio de bœuf : vous ferez un tabac avec un vin issu de Sangiovese. Ce cépage, que l’on retrouve essentiellement en Toscane, présente habituellement une acidité marquée, un bouquet incomparable où le fruit est mis de l’avant et des tanins au grain défini. Essayez le Rosso di Montalcino de la maison Caparzo ou encore un Chianti Classico d’une maison que vous aimez. La maison Ricasoli est incontournable!

Médaillons de porc : des griottes, de l’anis et le parfum des cinq épices de cette recette demandent un vin qui ralliera tous ces goûts et arômes. Évitez les vins tanniques qui pourraient paraître trop durs avec la texture de ce plat. Optez pour un Zinfandel américain. La maison Cline fait partie des meilleures !

Île flottante pour deux : la délicatesse est de mise pour accompagner ce dessert… Je suggère un Moscato d’Asti. Ce vin de dessert contient peu d’alcool. Il offre un bouquet de fleurs et de pêche propulsé par une ardente effervescence !

Et parce que la Saint-Valentin avec bruit de fond de frigo n’est pas très romantique, concoctez-vous une liste de chansons susceptibles d’éveiller le désir à l’abri de la pollution sonore.

Bonne Saint-Valentin !

Hélène Dion, sommelière conseil

Rosso di Montalcino 2009 - Caparzo
Code SAQ : 713354

Prix : 19$

Chianti Classico 2009 – Brolio - Ricasoli
Code SAQ : 3962

Prix : 24,75$

Zinfandel - Cline - Californie
Code SAQ : 708677

Prix : 16,65$

Moscato d'Asti - Bricco Quaglia La Spinetta
Code SAQ : 10543746

Prix : 20,75$

Dégustation: d'Arenberg The Derelict Vineyard

Nom du vin : d'Arenberg The Derelict Vineyard
Cépage: Grenache
Producteur: d’Arenberg Pty Ltd
Millésime: 2004
Région: McLaren Vale
Pays: Australie
Catégorie: Rouge
Alcool %: 14.5
Date de dégustation: 2009/02
Prix: 30,79$ CAN
Disponible au Nouveau Brunswick.
Cup : 9311832467000
Fermeture : Capsule à vis
Site Internet : http://www.darenberg.com.au
La note d’appréciation Le Tire Bouchon : 88

Note de dégustation : La maison d’Arenberg est pour moi une découverte dans chaque bouteille. Le winemaker Chester Osborn exploite avec brio un cépage qui se retrouve davantage dans des régions d’Espagne ou dans le sud de la France. Le grenache s’exprime merveilleusement bien dans la région du McLaren Vale avec pour exemple ce vin généreux et qui plaira aux amateurs de vin corsé. La robe arbore une couleur rouge foncé prononcée avec certains reflets grenat sur les bords et des teintes cerise au milieu. Un grenache aromatique aux fruits abondants au parfum de mures, de fraises, de prunes et de canneberge tout en dégageant des épicées, un peu poivré avec des effluves de cannelle. La bouche est riche également de saveurs de fruits qui enrobent le palais avec des notes de vanille, des tannins fermes et une magnifique concentration. Le vin est harmonieux avec un niveau d’acidité qui complète bien l’ensemble de ce vin qui a de belles propriétés de vieillissement. À boire entre 14 et 16 Celsius.


Accords mets et vins : Pour un repas relevé avec certains viandes rouges il sera le parfait partenaire. Du bœuf rôti, du gibier à plume, un bon steak au poivre ou encore plus simplement avec la pizza ou un poulet rôti. Je l’ai dégusté en apéritif avec quelques hors d’œuvre.