jeudi 7 juin 2012

Entre les grappes: Kendall-Jackson passe au vert

La chronique Unfiltred du 4 juin dernier sur le site du Wine Spectator rapporte que la vedette de soccer d’origine britannique David Beckham aurait fait l’acquisition d’un vignoble dans la région de Napa. Beckham aurait offert ce cadeau à sa femme Victoria connue jadis comme membre du groupe les Spices Girls sous le nom de Posh Spice. L’acquisition du joueur vedette du Galaxy de Los Angeles aurait coûté dans les 7 chiffres. Le publiciste de Beckham aurait refusé de commenter pour des raisons de vie privé et de sécurité. Victoria a célébrée son 34e anniversaire le 8 avril dernier.


Par ailleurs, la compagnie Kendall-Jackson (que j’ai visité en mai dernier comme le démontre la photo) qui opère en Californie près de Santa Rosa dans la région de Sonoma, aurait décidé de participer à une initiative écologique en s’associant avec la compagnie TerraCycle. En fait cette dernière va se servir de barils de fût de chêne désuets et ayant servit à fabriquer du chardonnay pour les convertir en baril rotatif de composte ou pour des bacs de récupération des eaux de pluie. Pour plus de détails consulter cet article.

The Castel Group, le plus important producteur de vin en France se lance dans la production de vin en Éthiopie. Selon ce que rapporte le Decanter, on a commencé à planter de la vigne sur 125 hectares à Zewey soit à 200 km au sud de la capitale Addis Ababa. Le nom de commerce sera Winery Private Ltd Company et devrait produire des variétés de cépages internationales comme du merlot, cabernet sauvignon, syrah et chardonnay. Les premiers vins seraient commercialisés en 2011 selon le Decanter.

La plus triste nouvelle du jour émane du Wine Enthusiast qui révèle que le Vino Nobile di Montepulciano est la plus récente dénomination italienne sous enquête pour des allégations de fraude. 3,2 millions de gallons de de la cuvée 2004 du Vino Nobile di Montepulciano provenant de la Vecchia Cantina coopérative est frappé par une vaste enquête de l’escouade des fraudes de la police italienne. Après le scandale du Brunello di Montalcino, cet autre épisode donne un dur coup à la crédibilité des vins italiens.

Ma nouvelle francophone de la semaine provient de la Presse Canadienne. Selon ce que rapporte cette agence, la France a dévoilée un plan quinquennal de modernisation de la filière viticole française, destiné à reconquérir les marchés perdus par les vins français à l'étranger. Pour plus de renseignements découvrez ce lien.

En attendant la Syrah en Alsace # 1

Des essais sont menés par René Muré à Rouffach (68) pour implanter la Syrah en Alsace. Avec le réchauffement climatique, celà devient de moins en moins absurde. Altervino pour se préparer à ce futur proche a assisté à une belle dégustation de Syrah de la Vallée du Rhône Nord dans le cadre du Cercle Vineux au magasin Eclat de Vin à Strasbourg.

Petit compte-rendu de cette syrahtitude (avec quelques intrus)!

  1. Cornas Les Eggats 1999 - 18€
    Dom. Courbbis
    1er nez pas très net entre lacté, animal, sueur, banane mais qui évolue vers de belles notes de fumée et le boisé. Une bouche peu tannique, soyeuse, légèrement acide qui manque un peu d'âme et qui finit en nous laissant la langue rapeuse. Moyen

  2. Cornas 1999 - 40€
    Dom. Thierry Allemand
    La déception de la soirée! Le nez est superbe avec des notes d'épices (curry), paprika, poivron vert mais quel constraste avec la bouche marquée par l'acidité, des tanins surextraits et asséchants. Très Moyen

  3. Crozes-Hermitage 2001 Cuvée Torre d'Arce - 10€
    Dom. Michelas
    Nez de lassi ( yaourt épicé) puis fumé et animal. Une bouche finement construite qui révèlent ses tanins progressivement. A noter: vigneron présent chaque année à la Foire des Vignerons Indépendants de Strasbourg au Wacken. Bien

  4. Côtes du Rhône 2004 - 7€
    Dom. Auguste Clape
    Nez assez fermé, animal. La bouche est aussi peu expressive où acidité et tanins dialoguent mal. Finale salé et vanillé. Moyen

  5. Côtes du Rhône 2001 Cuvée Laudin
    Dom. Lalagné
    1er nez fermé qui s'ouvre sur l'estragon et le basilic. Original. Bouche en demi-corps, légère qui finit malencontreusement sur de l'alcool. Moyen

  6. Cornas Vieilles Vignes 1999 - 17€
    Dom. Alain Voge
    1er nez de nouveau lacté et animal. La bouche présente une trame acide et une pointe de salinité. Finale sur la violette. Simple. Moyen

  7. Cornas 2000 - 20€
    Dom. Rochepertuis
    Nez animal et sanguin. Une bouche fraîche (estragon), pleine et harmonieuse. Bien

  8. Crozes Hermitage 2004 Cuvée Bouvet - 15€
    Dom. Gilles Robin
    Nez de violette (enfin!) et d'aspérulle. Evolution vers des notes fines d'anis. La bouche n'est que violette et épices avec une finale orange amer. Un peu simple. Moyen +

  9. Crozes Hermitage 2004 Les Meysonniers - 11€
    Dom. Chapoutier
    1er nez sur la croûte de fromage cuite, globalement assez fermé. A l'évolution la violette pointe son nez. La bouche est légère, asseez harmonieuse mais ne marque pas les mémoires; Moyen+
Conclusion: Peut être pourrait-on attendre encore un peu avant de remplacer le Pinot Noir par la Syrah en Alsace? :-)

Une verticale Barolo et Brunello

Pour les amateurs de vins italiens, le séminaire présenté mercredi soir (6 juin) à l’Hôtel Paulin aura été à la hauteur de la réputation de ces grands vins. Animé par le sommelier d’Alcool Nouveau-Brunswick, cet événement de la 11e édition du Festivin valait chaque dollars des 45 dollars qu’il fallait débourser pour y participer. Plus d’une trentaine de personnes ont donc savouré ce moment historique au Nouveau-Brunswick. Même notre sommelier, qui est en poste depuis plus de 5 ans, n’avais jamais eu l’occasion de boire ces vins dans une même soirée, puisque plusieurs vins en étaient à leur première apparition dans la province.

Pour ajouter à ces plaisirs gustatifs, la chef Karen Mersereau de l'Hôtel Paulin avait préparée des plats pour soutenir ces vins et pour nous refaire le palais. Dans notre groupe de dégustation il y avait un lot d’intéressés dont plusieurs sommeliers notamment Claude Mercier de la région d’Edmundston, Paul Leblanc de la région de Shédiac, Alain Lanteigne de Caraquet et quelques sommeliers de la Nouvelle-Écosse et St-John au Nouveau-Brunswick.

Verticale de Brunello

1-Orcia Brunello di Montalcino #8016760000374
$93.25 (Riserva 1998)
Un nez très puissant avec des arômes de torréfaction. La maturité des tannins est beaucoup plus palpable que les 4 autres vins. La finale est perceptible pendant de longues secondes

2-Antinori Pian delle Vigne Brunello #8001935001621
$65.81 (2000)
Une robe plus violacée que le Orcia. Une belle acidité pour un rouge. Arôme de café et de chêne. Riche, opulent avec un bel équilibre pour un vin de ce jeune âge.

3-Fuligni Brunello di Montalcino #726452007786
$75.83 (2000)
Nez de casis, fraise et mures, le fût de chêne très présente, les tannins sont un peu trop carrés en bouche et concentrés. Il va certainement profiter dans le cellier.


4-Poggio Antico Brunello di Montalcino #8032697880056
$74.70 (2000)
Intense arôme de mures, cerises et de bois. Les tannins laisse entrevoir un raffinement en progression, mais n’a pas encore atteint son potentiel. Un peu terreux encore mais la méthode traditionnelle demeure meilleure pour le moment que celle de son grand frère Altero qui utilise le nouveau style à l’américaine.



5-Poggio Antico Brunello di Montalcino Altero #8032697880063
$74.70 (2000)
Cerises plein le nez et arôme vanillé, avec une longue finale en bouche. Néanmoins le corps du vin est encore trop marqué par des tannins abondant à cause de fût de chêne utilisé pour sa conception. Un goût de café noir un peu amer. Donnons-lui du temps!



Commentaire généraux de la dégustation de Brunello:
Les Brunello démontrent vraiment la puissance de ces vins qui font la réputation de la Toscane. On peux pratiquement dire que la Toscane est le Bordeaux de l’Italie. Sur ces 5 produits le premier Brunello soit le Riserva 98 était plus mature et semblait s’attirer la préférence de la majorité des gens dans la salle.

Pour ma part en comparant les différents millésimes de 2000 qui gagneront certainement en souplesse au niveau des tannins avec les années, je crois que le vin d’Antinori se rapproche davantage de mes goûts. Il est moins dispendieux mais demeure une valeur sure. Avec la nourriture, ceux qui ont le plus changé en bouche sont les numéros 3 et 5. À ce chapitre le Poggio Antico Altero (no 5) est devenu mon favori…ce qui est vraiment un bel exemple de la différence entre consommer son vin avec ou sans nourriture.

Mes préférences dans l’ordre sans la nourriture: 1-2-4-3-5

Les plats du chef Karen Mersereau

Lièvre et caille vin rouge, aux herbes et à l’ail accompagné de pommes de terre sautées.

Casserole à l’espagnole; jambon, queue de bœuf, saucisse de proc boudin et gourganes.

Filet de bœuf bio avec poireaux grillés, échalotes et beurre d’olives

Mes préférences dans l’ordre avec la nourriture: 5-1-2-4-3

Verticale de Barolo :
Les Barolo sont plus secs en bouche que les Brunello. Fabriqué à base du cépage nebbiolo, ce vin du Piemont s’inscrit davantage dans un style qui se rapproche des grands vins bourguignons. Au pays du Nutella et des truffes blanches d’Alba, le Barolo est considéré comme le vin des rois, ce que les gens de Toscane revendique aussi pour le Brunello.


1-Batasiolo Barolo #632738100013
$39.93 (2002)
Un nez vraiment absent, un goût faiblard pour un vin digne de porter le nom de Barolo.
Ça manque de sérieux. Un vin à petit prix pour un Barolo, mais c’est tout de même dispendieux pour un vin produit en gros volume. Le millésime 2002 est aussi un indicateur, ce fût la pire année pour les Barolo en Italie depuis fort longtemps.


2-Bongiovanni Barolo #726452005805
$60.98 (1999)
Un vin offre davantage de maturité que les autres, mais il faut dire que le millésime y ait pour beaucoup. On y retrouve des arômes de champignons, beaucoup de fruits en bouche et très certainement encore plus d’équilibre avec la bouffe.


3-Bongiovanni Barolo Pernanno #726452006475
$70.07 (2000)
Un nez truffé avec des notes de violettes. Une attaque en bouche intense qui se développe plus soyeusement avec l’arrondissement des tannins. Certainement mon préféré du lot sans la nourriture. Une finale racée et raffinée. À conserver encore pour quelques années au cellier.


4-Einaudi Barolo #726452007694
$70.07 (2001)
Les deux derniers vins de la soirée, le régulier d’Einaudi et son riserva (Cannubi) offrent sensiblement les mêmes caractéritiques au nez avec le goudron et la violette. Néanmoins le régulier est plus velouté au niveau des tannins. Toutefois il faut avouer que pour 32 dollars de plus,, le riserva promet d’être tout un vin avec le temps.



5-Einaudi Barolo Cannubi #726452007670
$102.7 (2001)
Un grand vin, un beau vin encore un peu râpeux à cause de la forte présence des tannins. Le savoir-faire d’un des plus petit et plus vieux vignoble de Barolo d’Italie. Un délice avec la nourriture, mais un peu carré encore. Le Wine spectator donne un 91 pour le riserva autant que pour le régulier, mais je suis persuadé qu’il va marquer encore des points en vieillissant. À suivre…



Mes préférences dans l’ordre sans la nourriture: 3-4-5-2-1

Les plats du chef Karen Mersereau

Pavée de polenta grillés avec champignons sauvages de Caraquet et copeaux d’asiago

Langue de bœuf frite servie avec sauce tomate maison


Brochettes d’agneau épicées à la méditerranéenne sur couscous aux noix de pin grillées


Mes préférences dans l’ordre avec la nourriture: 2-5-3-4-1




En terminant je dois dire que ce fût une belle soirée et selon les organisateurs, la demande de ce séminaire dépassait largement le nombre de places disponibles. Il aurait été possible de former un 2e groupe. Chapeau au partenariat entre Alcool NB, le Festivin et l'Hôtel Paulin.