vendredi 22 juin 2012

La bière a toujours sa place dans le coeur des canadiens


Amateur de vin depuis plusieurs années, je ne suis toutefois pas du genre à boire de gros vins rouges lourds durant la période estivale.  À la rigueur, je vais me laisser aller pour un verre de vin rosé ou pour un bon blanc frais, surtout pour un repas avec nos savoureux fruits de mer des Maritimes.

Comme plusieurs personnes je bois aussi de la bière.  Mes années collégiales étaient peut être un peu plus orientées vers la quantité que la qualité.  Avec un peu plus de sagesse, j’ai opté pour la modération.  Bien que je sois perçu comme un adepte des plaisirs de la vigne, je suis encore capable de boire une bonne bière froide surtout par une belle journée d’été sur le bord de la piscine ou avec des amis à la plage ou en bateau. 

La bière en chiffres
Les canadiens et canadiennes aiment la bière.  Selon une étude de Kirin Holdings, le Canada est au 20e rang au niveau mondial avec une consommation de 68.3 litres en moyenne par habitant par année.  Les tchèques, les irlandais et les allemands sont les champions mondiaux avec plus respectivement 156, 131 et 115 litres par habitant annuellement.

La bière demeure la boisson alcoolisée la plus populaire au pays, mais il y a un recul alors que le marché du vin progresse. Selon Statistique Canada, en 2000, la part de marché de la bière représentait 52 % en valeur monétaire, comparativement à 23 % pour le vin. En 2010, la part de marché de la bière était passée à 46 %, tandis que celle du vin avait atteint 29 %.  Au cours de l'exercice se terminant le 31 mars 2010, les magasins de bières et d'alcool et leurs agents ont vendu pour 9,2 milliards de dollars de bières, en hausse de 3,8 % par rapport à l'année précédente.  

Les établissements vinicoles ainsi que les régies des alcools et leurs agents ont vendu pour 5,8 milliards de dollars de vin au cours de l'exercice se terminant le 31 mars 2010, en hausse de 3,1 % par rapport à l'année précédente.

Les bières importées gagnent du terrain :

Un autre phénomène assez significatif dans l’art de la dégustation, c’est que les gens veulent découvrir de nouvelles choses.  La dégustation de bière comme celle du vin gagne en popularité et les consommateurs achètent de plus en plus de bières importées.

L'augmentation du volume des ventes de bières importées a continué à dépasser celle observée pour les marques canadiennes. En 2010, le volume des ventes de bières importées a augmenté de 7,8 %, tandis que celui des ventes de marques canadiennes a connu une hausse de 0,4 %.

En 2010, la bière importée représentait 14 % du marché de la bière au Canada, soit le double de sa part de marché de 7 % enregistrée en 2000.

De toutes les bières importées vendues au Canada, 24 % provenaient des États-Unis, 20 %, du Mexique et 17 %, des Pays-Bas.  En 2003 c’est le Mexique qui était au premier rang avec 23,9% du marché des bières importées vendues au Canada. Les américains étaient 3e avec 17,2%.  Plus d’une soixantaine de pays importe de la bière chez nous au Canada.

Êtes-vous un type Ale, Lager, Pilsner ou Stout lorsque vous buvez de la bière? Dans mon prochain article, nous parlerons justement de dégustation, de types de bières et un peu d’histoire des grandes brasseries de chez nous.

Sources :

Vinexpo 2009 c’est (re)parti !

Ça y est ! Le mastodonte est de nouveau en marche ! Vinexpo se tient à Bordeaux du 21 au 25 juin 2009. Quelques chiffres vous donnent l’ampleur du salon : 2400 exposants sur plus de 40 000 m2 de stands ; 48 pays représentés (France, Italie et Espagne couvrant cependant à eux seuls 80% de la surface des stands). On s’attend à voir défiler 45 000 professionnels ; 70 000 bouteilles seront ouvertes (sans modération !) ; 200 000 verres utilisés. Sans parler du désastre écologique de toutes ces brochures papiers jetés sans être lues…

Pour ma part, affronter la bête c’est en tant que journaliste vin que j’arpente les allées à la recherche de vins surprenants et généralement inaccessibles. Des pauses régulières au « Press Centre » permettront de me rebooster et soigner mes crampes !

Je commence mes deux journées sur place par une rencontre-débat inédite : six meilleurs sommeliers du monde réunis dans une même salle pour parler de l’avenir et des défis de la sommellerie dans un monde globalisé et en perpétuelle mutation.

Andreas Larsson (2007), Olivier Poussier (2000), Philippe Faure-Brac (1992), Serge Dubs (1989), Giuseppe Vaccarini (1978), Piero Sattanino (1971) partageront chacun leur vision du métier. Pour Serge Dubs, le sommelier reste avant tout au service du client, un homme de salle de restaurant. A Vaccarini de rappeler les débuts de la sommellerie où le sommelier était en contact direct avec les vignerons de sa région qu’il recevait régulièrement dans son restaurant. Olivier Poussier de conclure sur l’importance de réussir à protéger le nom de « sommelier » afin que quiconque ne puisse user de ce titre sans en avoir toutes les qualifications requises.

C’est ensuite déambuler aux hasards des allées pour aller à la rencontre des Riesling minéraux allemands (très belle définition et pureté), des vins brésiliens (caricature d’un style qui se perd dans une hyper-modernité au style boisé et alcooleux), des vins turcs (en recherche d'identité entre une viticulture avec des cépages internationaux vinifies par des oenologues français comme Stéphane Derenencourt et un ancrage dans les cépages locaux et les vignes pluricentenaires qui n'ont pas besoin d'irragation comme conseillé par Claude et Lydia Bourguignon).


Enfin, c’est un retour aux classiques avec la dégustation en primeur des Grands Crus Bordelais 2008 (Giscours caracolle en tete) et la (re)découverte d’un cépage souvent dénigré : la Barbera. Animé d’un nez de maître, Bernard Burtschy nous initie à la complexité, à la mutation de la Barbera au fil du temps et à sa capacité à faire de grands vins de garde.

Quelle multitude de styles entre :

• une Barbera pur fruit (cerise, framboise) d’une remarquable buvabilité (ses 14.5% d’alcool passe littéralement inaperçu) comme la Barbera d’Asti DOCG « Carbuné » 2008 de Franco Roero ;
• une Barbera plus dense et profonde, cistercienne, voire austère, parcourue par une trame acide fine et tranchante aux délicates notes végétales et poivrées comme la Barbera d’Asti DOC 2007 de La Cantina Sociale Barbera d’Asti dei Castelli ;
• une Barbera magistrale, tout en complexité et fondu où soyeux, harmonie d’un boisé parfaitement intégré et toucher de bouche vous font frissonner de plaisir tout en retenue comme dans la Barbera d’Asti DOC Superiore « Sei Vigne Insystesis » 2004 de la Cantina Sociale di Vinchio Vaglio Terra

Vous l’aurez compris, Vinexpo reste un rendez-vous incontournable pour le commerce mondial des liquides glycéroleux et ces quelques jours intenses où la planète vin vibre autour d’un tout petit lac continuera de faire des vagues qui viendront lécher plus d’un continent.

Le vigneron, la paperasse et le Douanier


La vie d'un vigneron, c'est fait de grand air, pense-t-on. Du sain travail aux vignes, sous le soleil de l'été naissant. S'est-on jamais représenté Picasso autrement que dans son atelier les doigts tachés de peinture? Imaginer un artiste, fut-il auteur de vin, les mains dans le cambouis réglementaire ou négociant avec l'administration, il faut bien reconnaître que ça gâcherait le tableau. Et pourtant...

Après la vigne, pendant la macération, entre deux assemblages, la paperasse, c'est bien le quotidien des vignerons. Ou plus généralement de leurs épouses. Normes européennes,
taxes douanières, tracas de l'agrément, certification en tout genre... C'est la litanie des procédures dont tous les agriculteurs et leurs syndicats se plaignent.

Sous ce ciel ombrageux et administratif fait de chèques exigés au centime près et de milliers de cases à remplir, il n'y avait qu'un seul petit rayon de soleil, me raconte l'ami Jean-Baptiste: la bonhommie de Francis, l'unique douanier de Rieux-Minervois. L'éclaircie d'un sourire dans une forêt de formulaires.

Et bien Francis aussi va disparaitre. Et, dans le Minervois, comme on dit à la télé: "c'est le drame".

Ce matin-là, l'ami Senat est ainsi revenu de la Recette de Rieux avec le papier mortifère. L'arret de mort de la perception ce lundi. L'annonce du "transfert à Carcassonne". Francis prend sa retraite, l'administration ne le remplace pas et le vigneron de Trausse en est tout retourné.

A la seule idée de prendre à partir de la fin juin, le chemin de la préfecture de l'Aude (30 kilomètres), ses poils se dressent. A ceux qui évoquent la déclaration en ligne, et les miracles du SV12 informatisé (?), il répond déjà vitres anonymes, sas blindé, sécurité renforcée depuis un triple attentat du CAV (les viticulteurs ont remis ça le mois dernier à Narbonne)... Et plus que tout: fonctionnaires sans visage.

Raymond Saint-Felix, l'homme qui (selon le site internet des Douanes) héritera des "clients" de Francis est-il donc un ogre, un fonctionnaire sans pitié? Personne ne le sait. Ni ne veut le savoir. Ce que l'on sait en revanche, c'est "qu'avant, avec Francis" (en photo à gauche), lorsqu'il vous manquait un chiffre, un code, le numéro de tracteur, "on pouvait toujours s'arranger". Revenir, téléphoner. "Il comprenait", dit-on ici, comme d'autres parleraient d'un médecin de famille.

Aujourd'hui, les vignerons de l'Appellation se demandent donc à quelle sauce ils vont être mangés. Il y a ceux qui en profitent pour se frotter aux gendarmes mobiles (photo à droite, le 4 juin dernier à Carcassonne) et ceux qui rongent leur frein en silence. Mais tous se préparent déjà à des heures perdues, sur la route ou au guichet, loin de leurs précieuses vignes et de leurs chais.
"Manquait plus que ça", les entend-t-on marmonner.
Les misères de la carte douanière, après celle de la carte judiciaire et hospitalière? Sans doute. Lorsque les villes manifestent à grand renforts de slogans contre la "rigueur budgétaire", la politique vue par le petit bout du Minervois, c'est parfois aussi rageant que la disparition d'un visage ami.