mercredi 12 septembre 2012

Habemus Bettane...


Je lis toujours avec plaisir le blog d'Olif. Ce bougre de "terroiriste hédoniste jurassique" (à gauche) a le chic pour dénicher les artistes du vin nature et dénoncer les fausses valeurs du vignoble. J'aime aussi, dans un style radicalement différent, les saillies québécoises de Méchant Raisin. Tout deux brillent par une indépendance qui n'a d'égale que la vivacité de leur plume. Il est donc assez cocasse de voir ces deux agitateurs d'idées - et de carafes - couronnés par celui qui est devenu ces dernières années l'un des Papes de la critique. Un homme que certains des amis d'Olif considèrent carrément comme un "ennemi de classe"...

Les deux blogs figurent en effet en bonne place dans le numéro 49 de TAST, la lettre des très influents Bettane&Desseauve.
"En France, raconte avec humour Matthieu Turbide alias Méchant Raisin, quand un vin reçoit un bon score dans le guide de Michel Bettane, on dit parfois qu'il est «bettanisé», un peu comme serait «parkerisé» un vin vanté par Parker ou «oscarisé» un film qui remporte les honneurs à Hollywood".
Le hic c'est que, comme Robert Parker, Michel Bettane est justement vécu par la tribu des vins bios comme un empêcheur de vinifier en paix. Un dégustateur éclairé, certes, mais soupçonné - à tort ou à raison - de vouloir imposer ses goûts. Sans oublier que Bettane (ci dessous à droite) est l'homme qui dans un édito resté célèbre a un jour pourfendu les "bio-cons"... Ces radicaux du vin nature que défend justement Olif.

Toute proportion gardée, c'est donc comme si un laïc militant se retrouvait béatifié "à l'insu de son plein gré".

Bigre, diantre, morbleu... Que faire, alors? C'est comme une légion d'honneur ce truc-là. Faudrait-il la refuser, mais comment? Faut-il au contraire la revendiquer au risque d'y perdre un peu de cet éclat anti-conformiste qui fait tout le charme et le mordant de leurs articles?

Finalement les compères ont choisi de se féliciter de ces lauriers, avant de reproduire pieusement sur leur blog le petit article de TAST. C'est que, comme l'écrit Olif sur son blog:
"Ca vaut quasiment l'or olympique, non?"
Quand au vindemesamis, puisque l'ami "jurassique" m'a balancé, je peux l'avouer: il fait lui aussi partie de cette promotion 2008 dans l'Ordre National du Bettane&Desseauve.

Et franchement ça fait plaisir.

D'abord parce que je sais ce que Michel Bettane a fait pour un homme comme Marcel Richaud, il y a vingt-cinq ans, lorsque les autres guides n'avaient d'yeux que pour Bordeaux et la Bourgogne.

Mais aussi parce que la critique en question est signée Véronique Raisin (de Picrocol) et qu'il est bon de se faire traiter de "béotien rafraîchissant" par une femme de goût...

P.S.: pas de jaloux, les autres blogs retenus sont Berthomeau.com (entretiens et coups de gueules) vincentdancer.com (du coté de Montrachet), vininews (très vidéo, très bordelais) et thomasvino, le gastronome suisse.

MARATHON DU MEDOC 2012


Samedi 8 Septembre à 9h30, 8 500 coureurs sont partis arpenter les 42,195 km du marathon “ le plus long du monde”. Le soleil a été bien présent; seuls les premiers kilométres sous une brise bienvenue ont été agréables sur le plan thermique. Ensuite, la chaleur accablante, le manque d’ombre ont rendu cette belle course, difficile.

Comme chaque année, l’organisation a été parfaite : des ravitaillements ont été rajoutés pour que les participants ne manquent de rien. Les bénévoles sont toujours d’une extrême gentillesse, les spectateurs ont largement participé à la réussite de cette journée en encourageant chaleureusement les concurrents.

De chateau en chateau, le parcours s’est durci au deuxième semi marathon : la côte de Cos d’Estournel, suivie de celle du Crock ont achevé un certain nombre de coureurs. Enfin le Château Phélan Ségur, est apparu, magnifique sur ses hauteurs, entouré d’une pelouse parfaitement entretenue. Nous savions qu’il ne ne nous restait alors plus que 6 km. Ce furent, pour moi, les plus durs : une méchante côte caillouteuse à Montrose (où beaucoup de participants marchaient, épuisés) et cette interminable ligne droite bordée de platanes qui finie enfin cette folle épopée à travers le vignoble. Un petit virage annonce bientôt l’arrivée et oh! Bonheur, le tapis rouge nous accueille, comme des VIP. Ensuite c’est l’ovation des spectateurs, la petite rose donnée aux femmes et les cadeaux : la médaille bien méritée, le sac du marathonien et la bouteille de vin dans son coffret bois. Le Médoc sait recevoir avec beauté (les chateaux montrent des parcs admirablement entretenus), gentillesse (merci aux bénévoles et aux spectateurs) et générosité.

Merci aussi à notre équipe du Château de Villegeorge : Julien et Christine, dont c’était le premier marathon, Habib qui dirige aussi nos équipes au vignoble, Laurent qui vient de Paris spécialement pour l’occasion, Frédéric, Marie-Claire (qui faisait la Parisienne le lendemain!),  Antoine, Eric (déguisé en japonais) , Pierre (qui portait la coiffe égyptienne), Luce et Laurent (qui ont fini malgré le manque d’entrainement) et ceux qui étaient loin devant pour nous mener à la deuxième place du challenge des Châteaux : Eric, Pascal ,Sylvain, Guillaume, Jean-Jacques puis David et Nicolas. Vive nos champions et tous ceux qui ont fini en dépit de tout. Nous avons beaucoup regretté l’absence de David Antoine, notre champion depuis des années, qui a eu quelques soucis de santé et n’a pas eu être parmi nous le jour J.

Un diner chaleureux a cloturé la journée ; nous n’avons cette fois pas bu que de l’eau mais aussi quelques bonnes bouteilles partagées dans joie et la bonne humeur.



L’esprit d’équipe : Château de Villegeorge au marathon du Médoc

Samedi 10 Septembre à 9h30, après le survol de deux avions de l’armée de l’air, les 8 500 coureurs prennent le départ du « marathon le plus long du monde ».

Après une parenthèse en 2010, l’équipe de Château de Villegeorge, reprend du service ; cette année, nous ne sommes que 15, mais toujours unis par l’esprit de compétition et une amitié durable.
La veille, Jean Claude Bonnefons et son équipe à  La Boule d’Or, restaurant apprécié de Moulis,  nous ont servi des pâtes encore des pâtes et de la semoule. De quoi nous donner assez de réserve pour tenir les fameux 42,195 km.
Notre champion, David Antoine, est pris de crampes violentes à la moitié du marathon ; à son grand regret, il laisse passer son concurrent Thierry Guibaud, qui arbore les couleurs du Château Brane-Cantenac et finit deuxième avec courage et ténacité. Chez les féminines, c’est Stéphanie Briand, nouvelle recrue de Villegeorge qui remporte la première place et détrône l’incontournable Nathalie Vasseur (10 victoires à son actif). Encore une fois, l’équipe de Brane-Cantenac remporte le challenge des châteaux du Médoc devant Villegeorge.
Mais chacun des membres de l’équipe ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Merci à tous : Les deux Eric, Jean-Jacques, Pascal, David, Habib, Stéphanie, Antoine, Joël, Nicolas, Sylvain et ses parents, Jean-Paul, notre sélectionneur ! et Alain et Viviane, pour leur soutien indéfectible.
Une soirée très amicale nous a réuni pour fêter la victoire de chacun fasse à un dépassement exceptionnel. Tout le monde garde en mémoire la beauté des paysages, les orchestres aux musiques entrainantes, la gentillesse des bénévoles, l’organisation sans faille, les costumes bariolés et originaux. On oublie les douleurs, les crampes, le désarroi, le désespoir pour ne conserver que ce tapis rouge qui mène à la victoire. Notre ami Christian, cela fait partie du rituel que nous apprécions tous, ponctue ce repas d’un discours plein d’humour et d’affection.
Je ne regrette pas mes 5h33 de course !