mardi 16 octobre 2012


11ÈME JOUR DE VENDANGES

 

 
En ce samedi matin, nous ramassons notre meilleure parcelle de Cabernets Sauvignon d’Avensan. Jean-Denis est content, la qualité est au rendez-vous. Le raisin est sain et bien mûr.

A Duplessis, la machine s’élance sur les merlots de la Morère. Malheureusement, un tapis du convoyeur s’est déchiré. La machine a été immobilisée 2 heures, le temps de la réparation.

Pendant ce temps là, à La Tour de Bessan, notre œnologue conseil, Eric Boissenot, qui a pris la succession de son père cette année, goûte les premières cuves qui ont terminé leur fermentation alcoolique. Nous attendons avec impatience qu’il rende son jugement.  Verdict : aucune urgence à l’écoulage. Les cuves sont bonnes et vont gagner encore à la macération.  Un petit bémol : une de nos cuves présente une légère note de réduction. Il nous conseille de faire un essai : on met un morceau de cuivre dans l’échantillon de cette cuve. En effet, le cuivre oxyde le vin et élimine les notes de réduction.    Jean-Luc, notre Mac Gyver maison, s’empresse de dénuder un fil électrique pour le plonger dans la bouteille échantillon. L’effet est fulgurant. Effectivement, le vin est bien meilleur. Il retrouve ses arômes de cassis. Merci Eric !

Après les déboires mécaniques, le ramassage se termine juste avant la nuit. Deux cuves supplémentaires sont remplies pendant le week-end.

 

Introuvables, mes amis?


A bien y réfléchir, il y a une phrase prononcée mardi sur France Inter qui mérite qu'on s'y arrête plus d'une minute. "Pourquoi les nouveaux vignerons doivent-ils se contenter de strapontins dans les média?", demandent en choeur Colombe Schneck et Nicolas Demorand.
"Ils sont difficiles à vendre à nos rédacteurs en chef, parce qu'ils n'ont plus rien à vendre eux-même, répond alors le critique Sébastien Lapaque. L'un des meilleurs Champagnes, "Substance" de Selosse, fait à peine 2000 bouteilles. Pareil, si je vous dis que le Tavel de Pfifferling est un vin génial... Vous allez arriver chez lui et il n'aura plus une bouteille à vendre. C'est l'inverse d'un livre ou un film qui est "reproductible". Le vin est forcément limité."
C'est peut-être vrai pour Sélosse. Mais faux pour Eric Pffiferling. Son vin est non seulement génial (sans doute le rosé du sud le plus original qu'il m'ait été donné de goûter), il est aussi disponible.
"Ma cave est pleine!" proteste le géant de Tavel.
Comme quoi, il ne faut jamais se fier aux réputations... Ni aux journalistes parisiens (dont je suis). Vérification faite, à Trausse, chez les Senat, on "a des bouteilles dispos" mais on
reconnaît être régulièrement "en rupture de stock". Chez d'autres, en revanche, la pénurie est presque revendiquée.
"Moi, j'ai la chance de ne pas courir après les commandes, raconte le champenois Bertrand Gautherot. Aujourd'hui, c'est vrai, je refuse des clients. Je ne veux pas grandir plus. Je veux garder une exploitation à ma main. A taille humaine...".
Alors, oui. Ces caves-là peuvent manquer de bouteilles. Mais cela ne veut pas dire qu'elles sont introuvables! C'est chez les cavistes militants que l'on trouvera du Pfifferling, du Gautherot, de l'Ostertag ou de l'Overnoy. Un peu partout en France et à des tarifs très abordables, puisqu'ils dépassent rarement de 10 à 15% le prix particulier au départ de la cave.

Et puis rien ne dit que vous n'aurez pas, en arrivant au Domaine, la chance de tomber sur une cuvée tout juste mise en bouteille...
"Du vin, je vais en avoir d'ici deux ou trois mois, prévient Michèle Aubery, la patronne de Gramenon. Une cuvée qui n'avait pas fini ses "malos" et qui est enfin prête. Quand à ceux qui se plaignent que nos caves sont vides, je leur dis: "prenez votre sac à dos et vadrouillez un peu!". Il y en a du vin! Pas forcément du médiatique. Pas toujours dans les appellations tonitruantes. Mais après tout, faut se mouiller un peu, non?".
Avis aux routards... Même s'il ne faut rien exagérer de la hardiesse nécessaire aux vrais amateurs. Une courte série de coups de fil m'a suffit à mesurer combien sont rares et privilégiés ceux qui "n'ont rien à vendre", comme dit Lapaque.

Au hasard, il reste ainsi 400 Rouge Garance 2006 chez Cortellini (photo à droite). Et les 2007 arrivent... Andiran (Gascogne) a encore 2000 quilles de son délicieux Soyeux d'hiver, autant de Dégustez-moi ou de Partez pour le rêve chez Palacios (Malepère). Sachez aussi, parmi les plus connus, que Richaud (60% des ventes au Domaine) mais aussi Lapierre ou Foillard s'arrangent toujours pour garder quelques caisses de coté.
"Faut pas faire les seigneurs, commente le Jean de Morgon. Ni raconter d'histoires. Surtout avec la crise que traverse le métier. Il peut y avoir des ruptures, mais du vin on en a toujours...".
Et si ce jour-là, ils n'ont à vous offrir qu'une balade dans les vignes et quelques verres de leur cru, prenez tout de même. Conseil d'ami.

Le Clos des Fées d'Hervé Bizeul vu par Aurélia Fillon


La sommelière québecoise Aurélia Fillon, de Bu sur le Web, nous confie ses impressions sur la cuvée les Sorcières d'Hervé Bizeul du Clos des Fées en Roussillon. On aime bien Aurélia et son enthousiasme communiquant, on aime encore plus Hervé et ses fées ensorcelantes !