samedi 30 octobre 2010

Deux vins et une citrouille

En cette dernière journée d'octobre, peut-être avez-vous garni votre balcon du fruit de la saison. Je parle ici de la citrouille.

Chez nous, on l'a plutôt cuisinée.

Et je me confesse, je cuisine rarement ce fruit. Subtil au nez et en bouche, il est très délicat, un peu végétal et une pointe épicée.

J'ai tenté de me rappeler des vins qui auraient évoqué la citrouille dans mes souvenirs, en vain.

Alors, j'ai tenté de trouver des accords intéressants pour cette citrouille.

Mon amoureux me parlait sans cesse de cette tarte fantastique que son ami Tim lui avait cuisiné. Tim m'a gentiment offert sa recette, un leg de sa grand-mère.

Une tarte épicée remplie de muscade bien entendu, mais aussi de clous de girofle, de gingembre et de cannelle. La citrouille et la muscade font un mariage surprenant et délicieux.

J'ai choisi deux vins français pour l'accompagner.

Le premier: Domaine des Aubuisières Cuvée de Silex Vouvray 2009 , Code SAQ : 00858886, 16,75 $

Un vin de la Loire, très légèrement sucré (surtout en fin de bouche et une fois le vin moins froid dans le verre.)
Un vouvray à la robe aqueuse aux reflets verdâtres.
Un nez tout en fleurs blanches, en pommes vertes et en cire d'abeille.
En bouche, un excellent équilibre entre une acidité rafraîchissante et un sucré délicat.
Un très beau vin de repas!

Le deuxième: Savagnin Stéphane Tissot Arbois 2006 , Code SAQ : 10783871, 26,30 $

Je suis une grande amatrice des vins du Jura. Et en particulier des vins issus de savagnin.
C'est de ce cépage qu'on fait le vin jaune.
Une robe très jaune foncée.
Un nez hors du commun. Il est garni de caramel et de noisettes.
Une bouche ample, très épicée.

J'ai mis ces deux vins au défi pour accompagner ma tarte. Mes voisins ont servi de juges.

À l'unanimité, le Vouvray l'a remporté. La citrouille ayant un goût si subtil, le savagnin lui volait la vedette!

Si il vous reste quelques citrouilles à la maison, faites le test. Voici la recette:

Tarte à la citrouille de Laura Cross

Donne DEUX tartes

2 abaisses de tarte
(Vous pouvez les faire maison ou utiliser une du commerce. J'utilise celle de Première moisson.)
½ tasse sucre blanc
½ tasse cassonnade
2 cuillères à thé cannelle
½ cuillère à thé gingembre en poudre
½ cuillère à thé muscade en poudre
½ cuillère à thé clous en poudre
½ cuillère à thé sel
1 cuillère à table farine
2 oeufs
1 grande cannette et 1 petite cannette de lait évaporé Carnation
2 cuillère à table huile végétale
2 ½ tasses de citrouille bouillie et purée

Préchauffer le four à 425 F.

Prendre une citrouille de petit format. La vider et garder la chair. Éplucher.
Faire cuire dans l'eau votre chair de citrouille et mettre ensuite en purée.
Mélanger tous les autres ingrédients et ajouter la purée de citrouille.

Verser la moitié de votre mélange dans chacune des abaisses.
Placer les tartes au four et laisser cuire 10 minutes à 425 F.

Réduire la température à 350 F et cuire pendant un autre 40 à 50 minutes.
Bien surveiller. Les tartes doivent être dorées et non brûlées.

Une fois cuites, sortir et laisser refroidir avant de servir.

Vous aurez alors une tarte onctueuse, épicée, qui embaumera la maison lors de sa cuisson.
Un délice! Merci Tim.

François Chartier suggère d'accompagner ce type de tarte avec un vin canadien, un vidal vendanges tardives. Quant à Marc-André Gagnon, il me suggérait un vin blanc du rioja en Espagne.

Un crémant d'Alsace aurait sans doute fait un malheur avec cette tarte.

Pour un fruit qui ne m'inspirait pas grand chose, me voilà sous le charme!

mercredi 27 octobre 2010

Une goutte de Jurançon

Voici un vin qui me plaît! La cuvée Jean 2008 de Château Jolys.

Un nectar délicat, rempli d'abricots, de fleurs, de miel et tellement bien fait.

Pour ajouter à la dégustation, la châtelaine du Domaine, Marion Latrille-Henry est de passage à Montréal pour présenter ses cuvées aux représentants de la SAQ et à la presse.

Ensemble, nous parlons de cet endroit splendide où poussent ses vignes. « Je sais que je suis chanceuse dans la vie quand j'ouvre mes volets le matin et que je vois les Pyrénées », raconte-t-elle.

Des rangées bien taillées de ceps qui regardent vers l'Espagne et qui se laissent bercer par le foenh (prononcé fun), c'est ça le Jurançon. Le foenh est ce vent venu du sud qui permet aux grappes de petit manseng de rester sain jusqu'aux vendanges. Pour la cuvée Jean, la récolte se fait à la mi-novembre.

J'ai toujours servi cette cuvée avec du foie gras ou en dessert. Rien d'audacieux. Mais j'ai eu la chance de le déguster cette semaine avec une soupe de courges dans laquelle reposait un pétoncle recouvert de sésame. Un accord somptueux!

Château Jolys Cuvée Jean Jurançon 2008 , Code SAQ : 00913970, 24,40 $

Depuis l'hiver dernier, un autre vin de Château Jolys est disponible au Québec. Le Jurançon sec.

Une robe dorée plutôt pâle et avec quelques touches verdâtres. Beaucoup de fruits et une superbe fraîcheur en bouche. Ce vin est élaboré en majorité avec du gros manseng. Un cépage moins délicat que le petit manseng qui est utilisé pour les vins moelleux, mais qui est aussi très aromatique.

Les adeptes de fruits de mer et de poissons se régaleront avec ce Jurançon sec. J'ai pu comparer le millésime 2007 disponible en ce moment et le 2008, qui sera sur les tablettes cet hiver. À moins avis, le 2008 est mieux équilibré.

Château Jolys Jurançon sec 2007 , Code SAQ : 11154718, 16,75 $

Pour continuer votre découverte du Jurançon, je vous propose l'article que j'ai écrit pour la revue spécialisée Effervescence (en page 23).

Je vous laisse sur cette anecdote qui veut que le roi Henri IV aurait eu pour son baptême une goutte de jurançon sur les lèvres. Je ne sais si mon fils aura une destinée royale, mais à la vue de son sourire lorsqu'il a gouté à sa première goutte de jurançon moelleux, le délice est sans mot!

lundi 25 octobre 2010

Aimez-vous les vieux?

Faciles à boire et accessibles, beaucoup de vins rouges dans leur jeunesse sont gorgés de fruits.

En vieillissant, certains évoluent vers des arômes qui se rapprochent davantage de la terre, des racines de la vigne: des arômes de feuilles mortes, de thé, de sous-bois, de feuilles de tabac.

Et c'est ce que l'on retrouve dans cette bouteille de Château d'Ardennes 2001. C'est un vin des Graves au sud de Bordeaux et il est mon coup de coeur du salon des vins de Bordeaux à moins de 30$ dont je vous ai présenté une liste.

Mettre la main sur une de ces bouteilles c'est un peu comme trouver des lingots d'or au pied de l'arc-en-ciel : un vin de Bordeaux, du millésime 2001- soit déjà neuf ans, de belle qualité et à 24$. Une aubaine!

Un représentant de l'agence Rézin- qui importe ce vin au Québec - nous explique que le producteur a fait vieillir le vin chez lui six ans en bouteille avant de le mettre en marché.

Enfin disponible, le Château d'Ardennes est à son apogée. Une bouche magnifique, longue, avec des tannins soyeux.

Sa robe tire sur le orangé- indiquant ses neuf ans d'âge.
Son nez est sur le bourgeon de cassis, le poivron vert, les feuilles mortes et un côté un peu végétal- les fougères.

En bouche, rien ne dépasse. Savoureux et droit.
C'est un vin à boire sans trop attendre. Avec des pièces de viande braisés, ce sera somptueux.

Mais je me demande, « aimerez-vous ce vin? »

Le rédacteur en chef de la revue Le Cellier, Marc Chapleau, déclarait récemment son amour renouvelé pour les vins jeunes « (...) beaucoup de ces vins âgés d'une vingtaine ou d'une trentaine d'années finissent tous par se ressembler. Alors que dans un vin jeune, voire fraîchement tiré, bonjour le fruit, bonjour l'individualité! » écrivait-il dans la livraison d'automne de la revue.

Ça se discute! On apprend à aimer les vins plus âgés. Ils sont moins carrés, moins flamboyants.

Vous avez ici l'occasion rêvée de vous faire une tête et d'en déguster un à bon prix.

Château d'Ardennes Graves 2001 , Code SAQ : 00869933, 23,90 $