samedi 26 février 2011

Les grands vins de Moueix

La maison JP Moueix, qui possède plusieurs prestigieux châteaux du Bordelais, organisait une dégustation la semaine dernière pour présenter le millésime 2008.

J'étais sur le point de partir en vacances, mais je m'en serais voulue de manquer une telle occasion. D'autant plus qu'on nous avait promis une gorgée de leur cru phare, le Pétrus.

Une fois à la dégustation, coup de théâtre! Le représentant de la maison JP Moueix nous annonce que le Pétrus 2008 ne sera pas servi.

Qu'à cela tienne, une longue liste de leurs châteaux bordelais était présentée. Château Magdeleine, Bélair-Monange, Bourgneuf, Latour à Pomerol, Providence, Lafleur-Pétrus, Hosanna ou Trotanoy. Des vins avec une forte concentration de merlot qui sont aussi raffinés que dispendieux.

Nous avons goûté ces vins sur le millésime 2008. Des cuvées encore très jeunes, fortement marquées par le bois. Mais une caractéristique était immanquable: la finesse des tannins, ce goût soyeux en bouche.

Peu de ces vins se retrouveront sur les tablettes de la SAQ, puisqu'ils ont été vendus en primeur via le Courrier vinicole de la société - un catalogue en ligne pour les mordus du vin.

Pour les passionnés, il reste quelques très belles bouteilles dans les millésimes précédents. Je pense au Château Latour à Pomerol 2000 à 129,00 $ ou au Château Providence Pomerol 2005 à 269,00$ la bouteille. Des vins que j'ai trouvé magnifiques sur le millésime 2008.

Et si vous avez la chance un jour de goûter le Château Hosanna, vous verrez qu'il laisse en bouche une sensation épicée, rappelant le piment d'Espelette. Un goût unique impossible à oublier.

Après vous avoir fait rêver de ces grandes cuvées, je vous propose de revenir à un budget plus modeste comme le mien. Je vous suggère la cuvée toute simple de Christian Moueix, le fils de Jean-Pierre Moueix qui a repris les reines de l'entreprise. Un merlot que vous trouverez bon marché et honnête.

Un nez intéressant sur le fruit rouge qui me rappelait le cassis et la fraise.
Une finale épicée en bouche.
C'est bien fait et à ce prix, il ne reste qu'à s'en verser un verre.

Christian Moueix Merlot Bordeaux 2005 , Code SAQ : 00369405, 15,60 $

dimanche 20 février 2011

Aurevoir Jérôme

Nous avions reçu cette bouteille de chardonnay de l'Orégon lors de la fête de naissance de notre fils cet été.

Une délicate attention de notre ami Jérôme, puisque la cuvée porte le prénom de notre nouveau-né: Arthur.

À notre grand regret, Jérôme nous quitte aujourd'hui pour une année autour du monde. Pour l'occasion, nous avons ouvert la dite bouteille en sa compagnie il y a quelques jours.

La cuvée Arthur est élaborée par la famille Drouhin qui possède un nombre considérable de grands et de premiers crus en Bourgogne.

Ils ont tenté leur chance aux États-Unis. Voici ce que ça donne:

La robe est bien dorée.
Au nez, c’est très discret. On peut avec l’aération y sentir des odeurs de banane plantin, de pomme jaune et de miel.
Quant à la bouche, la texture est agréable, mais les saveurs et les arômes ne sont pas au rendez-vous. On y trouve un peu de fruits tropicaux- peut-être la papaye.
La finale est sur des notes de noisette et ce n’est pas très long en bouche.

On aurait souhaité une bouche un peu plus nerveuse, plus acide pour accompagner le plat de poulet que nous avions préparé. On s'attend à davantage d'un vin qu'on paie une trentaine de dollars.

Quoiqu'il en soit, la cuvée Arthur restera dans nos mémoires, tout comme toi Jérôme. Allez, bon voyage!

Chardonnay Arthur Domaine Drouhin Orégon 2007 , Code SAQ : 10710487, 59,50 $*
Le site de la SAQ affiche 59,50$. Pourtant le même vin était à 32$ il y a quelques mois.

Si vous avez envie de lire Jérôme en expédition autour du monde, cliquez ici.

vendredi 18 février 2011

Samos, Union des Coopératives de Samos, Samena
Une île: Samos
Une île: Samos

Localisation: 37° 44' O et 26° 49' N


Le nom de l’île maritime grecque Samos vient de Sama, en Phénicien, qui veut dire altitude (qui s’élève de la mer). Montagneuse comme la Grèce continentale, on y trouve le mont Karkis (1433 m.), ainsi que le mont Ampelos (1095 m.). Les deux font partie de la chaîne Mycale (elle-même faisant partie du système tauro-caucasien) qui se poursuit sur le continent en Turquie à moins de deux kilomètres.
Cette proximité avec le continent (1.5 kilomètre des côtes turques) en fait une île aux indices d’isolement et d’endémisme plutôt faibles. Ces dénivellations sont d’origine volcanique, résultats d’un bouleversement tectonique majeur.
Patrie de Pythagore et d’Épicure, cette île de l’archipel des Sporades dans la mer Égée d’une superficie de 476 kms carrés (43 kms par 13) est aujourd’hui peuplée par plus de 30,000 habitants (76 habitant par kilomètre carré).



Un vignoble: Union des coopératives de Samos
Cette union, devenant un monopole, créée en 1934 par les vignerons, fût la réponse aux abus des marchands de vins qui contrôlaient l’exportation. Représentant les 26 coopératives, EOSS (Union des coopératives de Samos) emploie 80 personnes, produit annuellement 70,000 hectolitres de vin de 4000 vignerons de l’île. Depuis 2005, un musée a été créé dans une ancienne cave à Malagari, illustrant l’histoire et le quotidien de la viticulture samienne.
Le vignoble est surtout situé autour du mont Ampelos, réparti en terrasses appelées là-bas « pezoules », entre des altitudes de 150 à 800 mètres, et généralement orientés vers le nord.
L’union des coopératives produit une dizaine de vins blancs différents, la moitié en sec et l’autre en doux incluant les fameux Nectar et Grand Cru. Un rosé est aussi vinifié à partir des peu répandus cépages fokiano et ritiano. Enfin, un retsina rare à base de muscat est également produit.

Un vin: Samena

Muscat blanc vinifié en vin tranquille aux larmes denses (probablement dues aux 5 grammes de sucre par litre). Brillant et limpide, sa robe est d’un jaune très pâle aux reflets verts avec un disque étroit. Le net est typé Muscat. Moyennement aromatique, il est en jeunesse et plutôt simple. Ce sont des fruits comme la poire et le citron qui sont en premier plan avec une note musquée derrière. Le vin est sec et frais, moyennement corsé et peu alcoolisé. La rétro-olfaction d’intensité moyenne nous dévoile les mêmes arômes avec une touche de cari. En persistance aromatique, plutôt courte, on retrouve le même ensemble d’arômes. En finale la persistance gustative nous mène promptement et simplement sur une légère amertume minérale. Ce qui fait la qualité de ce vin est son équilibre, c’est un vin moyen, tout de même pas mal pour 11.65$ CDN. Un potentiel de 2 ans, période pendant laquelle on le servira à 8°C en apéritif ou avec des hors-d’œuvre simples et frais, épicés comme des calmars frits dans une chapelure au poivre de cayenne ou des crevettes au cari.