samedi 12 mars 2011

Les grands esprits se rencontrent

J'ai hésité à vous présenter ce vin puisque deux chroniqueurs m'ont devancé de quelques heures. Il faut croire que les grands esprits se rencontrent, et dans le cas de ce vin espagnol, ce n'est certainement pas un hasard.

C’est mon amoureux qui m’a fait découvrir cette bouteille de vin espagnol 2010.

J’étais sceptique lorsque mon amoureux m'a ramené ce vin espagnole 2010. Les cuvées mises en marché l'année même de la vendange ne sont pas a priori les meilleures.

Et pourtant, le Genolí m’a surpris et même, beaucoup plu.

Une robe légèrement dorée presque aqueuse.
Un nez d’agrumes, de pommes jaunes et de fleurs.
Une bouche douce, subtilement acidulée et fraîche.
C'est fruité. Ce n’est pas sec. C'est équilibré. Ce n’est pas très long. Mais c’est vraiment bon!

Le mot genolí signifie une couleur jaune qui était utilisée autrefois en peinture.
Cette cuvée est élaborée à base de viura, un cépage qui est aussi connu sous le nom de macabeo ou de maccabeu. Les vins élaborés à 100% de viura sont moins communs. J'en ai goûté quelques-uns dans le Languedoc en France et j'ai toujours été surprise.

À ce prix, le Genolí a été un compagnon fantastique pour nos pâtes rehaussées d'une caponata. Il accompagnera aussi avec succès les fromages à pâtes fermes ou les plats de volailles. Laissez-vous vous aussi surprendre!

Genolí Rioja 2010 , Code SAQ : 00883033, 12,75 $

Lire la critique de ce vin sur Vinquébec.com et sur Cyberpresse.

jeudi 10 mars 2011

LA controverse Suckling

Êtes-vous abonné aux chroniques de Jacques Benoît dans La Presse du samedi? Un fidèle lecteur des Guides Michel Phaneuf depuis 30 ans? Ou un passionné du vin sur le web? Toutes ces réponses?

À voir la dernière campagne de publicité lancée par la SAQ, on pourrait croire que c'est un certain James Suckling qui est la nouvelle référence en vin au Québec.

Cet ancien critique du Wine Spectator a contacté la SAQ il y a quelques mois afin de déguster des centaines de vin en vente sur ses tablettes. Une façon de goûter un maximum de bouteilles du monde entier tout en faisant connaître son nouveau site web. La société d'État y trouve son compte: elle peut afficher les notes qu'il accorde aux vins pour en faire la promotion.

Pour les spécialistes du vin au Québec, c'est un affront. Pourquoi faire appel à un critique américain que peu de Québécois connaissent? D'autant plus que les experts ne manquent pas chez nous. On n'a qu'à penser aux François Chartier, Michel Phaneuf et autres Marc-André Gagnon.

« Je ne peux pas croire que la SAQ ait besoin de lui pour vendre ses vins », m'a indiqué Michel Phaneuf.

À l'évidence, la SAQ ne pensait pas créer une telle controverse avec sa dernière campagne publicitaire.

« Le geste n'a pas été posé pour provoquer un remous, explique la porte-parole de la SAQ, Linda Bouchard. Ce n'était pas un affront aux chroniqueurs d'ici. Ce n'est qu'un repère de plus pour les consommateurs de vin du Québec. »

Beaucoup d'encre a coulé sur la façon « douteuse » de juger les vins de Suckling. « Un score clownesque, juge Michel Phaneuf. C'est n'importe quoi! »

L'ancien journaliste du Wine Spectator note les vins sur 100. Un résultat obtenu par l'addition de 15 points pour la couleur, de 25 points pour les arômes, de 25 points pour la bouche et de 35 points pour les impressions générales.

« Comment évalue-t-il la couleur? Pourquoi 13,5? », confiait un chroniqueur bien en vue.

Suckling souhaite déguster des produits de la SAQ tous les trois mois. Mais rien n'est confirmé du côté de la société d'État. « C'était événementiel », a simplement indiqué Linda Bouchard.

Puisque vous êtes de plus en plus nombreux à fréquenter ce blogue, voilà une belle occasion d'ouvrir un débat. Alors chers lecteurs, qu'en pensez-vous?

mardi 8 mars 2011

Quelques gorgées de Falesco

Il aura fallu sept années de travail pour élaborer cette cuvée à 100% de roscetto. Unique, aromatique et plein, voilà le somptueux Ferentano Falesco Lazio i.g.t. 2008.

Dans son domaine de Falesco en Ombrie, l'oenologue Riccardo Cotarella s'est frotté plus d'une fois à la peau épaisse de ce cépage pour en tirer tous les arômes. Un travail d'expert qui a fini par porter ses fruits.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Cotarella est à l'Italie, ce que Michel Rolland est à la France. Un célèbre oenologue qui élabore près de 72 vins dans différents vignobles du monde.

Il a présenté ses dernières cuvées lors d'un récent passage à Montréal. Et c'est ce blanc, le Ferentano i.g.t 2008, qui a retenu mon attention.

Une robe de couleur dorée intense, très brillante, qui laisse place à un nez aux arômes d'oranges confites et de caramel. À un certain moment, on croirait presque sentir le lait ou du fromage.

En bouche, on retrouve une acidité intéressante. On goûte une pointe de grillé aussi sur une finale presque grasse. C'est un vin difficile à décrire puisqu'il évolue très vite dans le verre. Il migre vers des odeurs de crème brûlée.

Cotarella décrit son vin de cette façon « On aime ou on n'aime pas, mais on ne peut pas rester indifférent devant cette cuvée. » Et il a raison! Vous n'aurez jamais goûté à un vin comme celui-ci.

Tel que mentionné plus haut, le roscetto est un cépage à peau épaisse. Pour obtenir une telle complexité de saveurs, l'oenologue procède à une cryo-macération. À l'aide du froid et de la glace, il fend la peau des raisins et libère certains composés des cellules.

Résultat: le Ferentano est très complexe. Sur du poulet ou avec des fromages, je vous le conseille vivement. D'autant plus qu'à ce prix, vous ne trouverez rien de tel.

Si vous avez une cave à vin, Cotarella propose de le laisser vieillir jusqu'à 10 ans. Faites-le test!

Ferentano Falesco Lazio i.g.t. 2008 , Code SAQ : 10782085, 20,75 $

Pour les amateurs de rouge, je vous suggère deux cuvées du Domaine Falesco:

La première est aussi abordable que savoureuse. Le Vitiano i.g.t. 2009 est élaboré à 33% avec du merlot, 33% avec du cabernet-sauvignon et à 34% de sangiovese. Un vin de pâtes, un vin pour accompagner les plats à l'italienne tout simplement.

Une robe cerise assez profonde.
Un nez sur le fruit: la framboise, la cerise, les mûres. Un nez s'ouvre avec l'aération vers des notes de poivre de Sechuan.
On a une longueur moyenne en bouche. Légèrement acide et pas trop tannique, à 15,95$, Cottarella réussit un vin délicieux pour ce prix.

Vitiano Falesco Umbria i.g.t. 2009 , Code SAQ : 00466029, 15,95 $

Enfin, voici une cuvée que l'oenologue présente comme étant inspirée du grand Pétrus bordelais. Un vin à 100% de merlot qui pousse dans un sol volcanique.

Puisque je n'ai jamais goûté de Pétrus, je ne peux faire de comparaison. Mais par ses arômes de fruits cuits et sa forte présence de bois, ce merlot italien s'apparente à un Bordeaux.

On a de jolies notes épicées et beaucoup de fruit. C'est presque juteux, tout en étant très costaud. Un vin d'une grande complexité avec quelques odeurs de cendre. Les amateurs de ce type de vin seront séduits.

Montiano Falesco Lazio i.g.t. 2008 , Code SAQ : 00728758, 43,50 $