dimanche 25 mars 2012

C. Bourguignon de passage en Alsace

Dans le cadre de la semaine sans pesticides, Claude Bourguignon, microbiologiste des sols, a donné ce soir une conférence-débat à la Chambre d'Agriculture du Bas-Rhin à Schiltigheim sur le thème des BRF (Bois Raméal Fragmenté).

Si on comprend l'intérêt des BRF pour la remise en état d'un sol complètement mort du point de vue biologique et du rôle fondamental d'un apport de carbone (C) pour relancer l'activité biologique des sols (par une relance du processus d'humification sous l'action des champignons au détriment de la minéralisation bactérienne), on prend conscience que c'est un véritable changement de mentalité qui est nécessaire.

En effet, le sol n'est pas un substrat neutre auquel on peut faire subir impunément le cercle vicieux engrais (N, P, K) + pesticides, mais un être vivant qui recèle près de 80% de la masse des être vivants sur terre ! Et c'est en ajoutant du carbone que l'on peut relancer dans certaines conditions ses cycles de vie. Quelle remise en cause du tout engrais, qui part un assistanat limité à trois éléments seulement (faisant fi du besoin de la plante en d'innombrables oligoéléments), crée un afaiblissement du vivant et un besoin croissant en pesticides.

Ce qui est fascinant chez Claude Bourguignon, c'est sa transversalité et son pragmatisme. Il peut aussi bien parlé avec le monde de la recherche scientifique (il est un ex de l'INRA), qu'avec les agriculteurs de tout horizon (de la plus petite propriété bourguignonne à la ferme la plus grande du monde couvrant 1.5 million d'hectares en Australie !) ou les techniciens/fabricants de matériel agricole. C'est cette capacité d'interface, enrichie par une expérience de près de 30 ans sur les terres du monde entier, qui le rend unique et indispensable.

Son constat est alarmant: nos sols sont morts. Comprendre que le sol est devenu le facteur limitant des rendements agricoles et de de notre capacité à nourrir la planète est la prise de conscience que nos politiques devraient faire très rapidement. Espérons que ces derniers pourront enrichir le débat sur le réchauffement climatique, les problèmes d'énergie et d'eau par un débat approfondi sur la vie de nos sols. L'avenir agricole et donc alimentaire de la planète en dépend...

Schoenenbourg, Clos Windsbuhl et Rosacker

Il faut sauver Clos ouvert!


La passion permet, dit-on, de soulever des montagnes. Mais elle ne résiste pas toujours aux tremblements de terre. Au Chili, le vigneron Louis-Antoine Luyt et ses deux associés du Clos Ouvert, en font ces temps-ci la douloureuse l'expérience.

Fin février, leur vallée de la Maule a été frappé par un séisme dévastateur de magnitude 8,8. Le drame a fait plus de deux-cents morts dans le village même où ces précurseurs du bio chilien avaient choisi de vivre leur rêve. Il a broyé des maisons et pratiquement réduit à néant leurs espoirs.
"Ils ont presque tout perdu, raconte Marie Lapierre, avec qui Louis-Antoine a fait ses armes avant de partir tenter l'aventure du Nouveau Monde. Leur maison tient à peine debout et une bonne partie de la cave a été détruite. Ils essaient de sauver tout ce qu'ils peuvent. Mais 12.000 litres sont déjà perdus."
Au milieu des gravats, les trois français se sont d'abord inquiétés pour leurs voisins chiliens. Dans le village de Cauquennes, ravagé, l'hôpital s'est effondré. On opérait il y a quelques jours encore dans la salle du restaurant local. Désormais, au delà de l'urgence humanitaire, les trois français tentent de sauver leur petite entreprise. Leur unique espoir: ne pas rater les vendanges... Amasser au moins la petite récolte qui permettrait de passer l'année. Les vendanges, au Chili, c'est désormais une question de jour.

Pour les aider, eux et leurs voisins, à se reconstruire une vie et un avenir, les amis du Beaujolais nous font passer les coordonnées de l'association France-Cauquenes. Elle a été créée spécialement pour participer à la reconstruction des infrastructures essentielles.

Après, après seulement, le plaisir de parler du vin pourra reprendre ses droits... Et Louis-Antoine pourra reparler du Chili comme il le faisait joliment dans cette vidéo...




Depuis cet article, les choses ont un peu changé. L'un des associés de Louis-Antoine est rentré en France (il s'en est expliqué sur le blog de "Clos ouvert" le 1er aout dernier). Mais l'aventure continue. Louis-Antoine s'est reconstruit dans cette vallée de la Maule, où il poursuit ses rêves avec assiduité. On peut prendre de ses nouvelles (en espanol...) sur son site, "le vin perdu".