samedi 20 novembre 2010

Le temps des bulles

Je vous ai déjà mentionné que je raffole des vins effervescents. Festifs et passe-partout, ils accompagnent autant le repas qu'une soirée au coin du feu.

Par habitude, je me réfugie souvent vers des valeurs sûres. Des bouteilles de champagne de grand renom, que je paie un fort prix et qui sont chaque fois très bien.

Mais beaucoup d'autres régions à travers la France et autour du monde font de merveilleux vins effervescents. Je vous présente ici une sélection de vins mousseux et de champagnes que j'ai eu l'occasion de découvrir. Des cuvées délicieuses et abordables qui sauront vous séduire :

Le coup de coeur de cette dégustation est sans aucun doute le Crémant de Bourgogne de la maison Louis Picamelot.
Devant de grands champagnes, cet assemblage de 62% de pinot noir, de 25% chardonnay et de 13% aligoté a fait des malheurs.
Une robe tirant sur le jaune vif.
Un nez très beurré.
Une longueur en bouche soutenue et remplie d'arômes de biscuits.

À 18,50$, c'est un choix judicieux.

Louis Picamelot Brut Crémant de Bourgogne, Code SAQ : 11140640, 18,50 $

Pour mon deuxième choix, on se déplace au Luxembourg.
Un tout petit pays niché entre la Belgique, la France et l'Allemagne.
Les vignerons y font des vins intéressants sur les rives de la Moselle.

Ici le domaine de Bernard Massard présente sa cuvée l'Écusson brut.
Un assemblage de chardonnay, de pinot blanc, de riesling et de pinot noir très bien fait.
Une robe aqueuse.
Un nez de fruits à chair blanche, de pêche en particulier.
Une bouche vivifiante, assez longue et un peu sucrée. Une bouteille sans prétention et festive!
(Un rosé effervescent de la même maison est aussi disponible au Québec. Après dégustation, je l'ai trouvé moins intéressant que le blanc.)

Cuvée de L'Écusson Brut mousseux, Code SAQ : 00095158, 17,15 $

Et pourquoi ne pas sortir de l'ordinaire en vous offrant cette bouteille de champagne rosé. C'est original, mais c'est aussi très bon. La maison Taittinger en propose un sérieux et délicieux.
Une robe d'une teinte rosée plutôt intense.
Un nez sur la rose et la framboise.
Une bouche rafraîchissante avec des bulles fines.
C'est magnifique et assez long.

Fait à base de chardonnay et de pinot noir, on ajoute à cet assemblage un peu de vin rouge avant l'expédition pour lui donner cette robe prononcée.
Un prix moins accessible que les deux bouteilles précédentes, mais la Champagne étant ce qu'elle est, il faut payer le prix!

Taittinger Cuvée Prestige Brut rosé Champagne, Code SAQ : 00372367, 68,75 $

Pour rester dans une cuvée tout à fait originale, la bouteille Brut nature de la maison Drappier, au nez, ressemblait à un vin du Jura. Il était rempli de pignons de pin.
On l'aurait crû presque oxydé.
Était-ce dû à la bouteille laissée trop longtemps ouverte?
Quoi qu'il en soit, c'était moins léger, mais très intéressant.

Dans cette cuvée, la liqueur de dosage ajoutée avant l'expédition n'est pas sucrée. Pour les amateurs de vin secs, ce champagne sera une découverte. De plus, il est un des moins cher disponible à la SAQ.
Je l'imagine très bien servi en fin de repas avec des fromages.

Drappier Brut Nature Pinot noir Zéro Dosage Champagne, Code SAQ : 11127234, 42,50 $

Un autre produit intéressant: un champagne millésimé.
Les bouteilles de champagne ou de vins mousseux sont souvent un mélange de différentes vendanges.
Ici, la maison Henriot propose une cuvée tirée de la vendange 1996.
Et encore une fois, c'est surprenant!
Une robe plus dorée.
Un nez très expressif sur le caramel.
La bouche n'est pas légère du tout. C'est rempli de fruits jaunes et de caramel.
Un champagne de repas beaucoup plus que d'apéro.

Henriot Brut Champagne 1996 , Code SAQ : 10839627, 75,50 $


La Loire fait aussi de très beaux crémants à des prix abordables.
Le Château Moncontour offre avec sa cuvée prédilection, un 100% chenin blanc délicieux.
Ce crémant millésimé a une robe plutôt dorée.
Son nez est très expressif, mais difficile à décrire: poire ou coing? Une pointe végétale? Quoi qu'il en soit, il a piqué ma curiosité et m'a séduit une fois dégusté.
En bouche, c'est un peu sucré et assez long.

Un produit que je servirais avec du foie gras lors d'un souper du temps des fêtes. Moins lourd qu'un vin liquoreux, ce sera un accord réussi.

Château Moncontour Brut Vouvray mousseux 2008 , Code SAQ : 00430751, 19,75 $


Cette courte sélection démontre bien que les vins les plus chers ne sont pas toujours les plus
délicieux.

Avec le froid qui se pointe, pensez à faire des provisions. Le temps venu, vous serez heureux de célébrer avec des bulles.

Encore plus de champagnes? Jacques Benoît vous en conseille dix.
Et d'autres mousseux? Alain Brault de Vinquebec.com en a plusieurs pour vous.
Consultez aussi ses choix de champagnes.

mercredi 17 novembre 2010

L'air du Stradivario

Longtemps, le barbera a été snobé. On a utilisé ce cépage rouge du nord-ouest de l'Italie comme appoint dans plusieurs assemblages.


Mais certains vignerons ont démontré que vendangé plus tard, le barbera peut donner de grands vins. Et pour lui faire honneur, voici leStradivario Barbera d'Asti 2000 de la maisonBava.


Dans la région d'Asti, on dit le barbera plus raffiné que celui d'Alba, une région plus au sud.


Le barbera donne des vins de moins longues garde que le nebbiolo, planté sur les communes voisines. Mais, une nouvelle catégorie existe depuis 2000, le superiore. Il est généralement de plus longue garde.


Quatre générations se sont succédées à la tête du vignoble piémontais Bava. La famille témoigne par cette cuvée de leur savoir-faire et de leur connaissance du terroir. Ils sont présents sur le vignoble depuis 1600.


Je vous ai présenté à plusieurs reprises des vins qui avaient déjà mûri une décennie. Ici, ce Barbera d'Asti est à point et présente encore des signes de jeunesse.


Il a accompagné avec beaucoup de grâce l'échine de porc qui nous a été servie sur une purée de panais et de céleri-rave. Voici:


Une robe couleur rubis dévoile un premier nez aux odeurs de poussière et de morilles.


Après une valse dans le verre, le vin s'ouvre délicatement sur du cèdre et de la confiture de fruits rouges.


En bouche, il est encore jeune. Les framboises, les fraises tagadas et le poivre rose d'entrée de bouche cèdent rapidement la place à la crème.


La finale est soutenue par une acidité fondue. C'est soyeux et bien équilibré.


Ne soyez pas surpris si, en fin de bouteille, vous trouvez de petites matières solides appelées le dépôt. Comme il est inscrit sur l'étiquette, ce vin est non-filtré.


Certes, le Stradivario vous fera peut-être grincer des dents en passant à la caisse. Mais les 46$ que l'on en demande ne sont pas exagérées considérant sa qualité et son âge.


Faites comme nous et dégustez-le dans un restaurant apportez votre vin. Vous vous réjouirez d'avoir payé ce prix et non le double dans un restaurant traditionnel.


Et de toute manière, sa splendeur une fois en bouche vous fera rapidement oublier son prix!


Stradivario Bava Barbera d'Asti Superiore 2000 , Code SAQ : 00519066, 46,25 $

samedi 13 novembre 2010

Clos de los Siete...4 ans plus tard

Il y a derrière le Clos de los Siete un savoir-faire, de savantes techniques viticoles et une fortune considérable.

Michel Rolland est un oenologue connu dans toutes les régions viticoles du monde. On le dit capable de faire du vin dans tous les sols, peu importe la région.

Son nom est aussi synonyme de standardisation du vin: des millésimes qui se ressemblent, des terroirs que l'on ne met plus en valeur et un usage excessif de la barrique.

De façon générale, j'achète peu de bouteilles produites par ce pape du vin. En 2006, toutefois, je m'étais laissée séduire par les critiques. Pour 24$, disait-on, on obtenait un millésime 2005 qui se comparaissait avantageusement à des bouteilles de 40$.

À l'époque, j'ai été déçue par la lourdeur du bois. C'était très «Nouveau-Monde». Un vin fermé, rempli de lourds souvenirs de son passage en barrique. Pas de finesse, pas de souplesse, un gros vin costaud.

J'avais gardé une bouteille de cet assemblage de malbec, merlot, syrah et cabernet sauvignon pour en suivre l'évolution. Quatre années ont passé, voici le moment du jugement final: est-ce qu'il a bien vieilli?

Sa robe est noire et bien brillante.
Son nez est définitivement sur les épices: clous de girofle et poivre noir.
En bouche, le bois et les arômes de bleuets se font la lutte avec la vanille.
Ses 15% d'alcool se font sentir sur une certaine lourdeur.
Constat général: c'est meilleur qu'en 2006, plus ouvert, mais encore très costaud.

Deux jours après son ouverture, le peu de vin qu'il reste dans la bouteille est encore plus surprenant.
Moins lourd, il dévoile un côté un peu plus végétal et des arômes de cassis et de fruits noirs.

Définitivement, ce Clos des sept - pour les sept vignerons bordelais qui possèdent des parcelles du vignoble argentin utilisées pour cette cuvée - aurait pu vieillir encore quelques années. Une structure intéressante, des tannins solides et un côté mature en font une belle bouteille.

Si vous aimez les vins bien boisés, faites le plein du millésime 2008. Il sera à point pour accompagner un gros steak saignant dans cinq ou dix ans.

Clos de los Siete Mendoza 2008 , Code SAQ : 10394664, 24,05 $