vendredi 11 mai 2012

Magazines sur les vins

Si vous lisez ce blogue, c’est que vous aimez lire sur les vins, nous avons donc décidé de vous offrir un article sur quelques magazines intéressants qui nous parlent de ce merveilleux nectar et de ceux qui le font.

La Revue du Vin de France est un incontournable. C’est principalement un magazine papier mais le site Web offre aussi un contenu intéressant, en particulier dans la rubrique actualité. Un petit extra en passant, voici le lien vers la liste des meilleurs millésimes des vins de Bourgogne.

Si vous lisez aussi en anglais, ne manquez pas le prestigieux magazine britannique Decanter. Le site Web contient énormément de contenu gratuit et est très bien écrit. La nouvelle du jour du 10 Mai est la remarque du célèbre vigneron Michel Chapoutier selon qui le Riesling ne devrait pas sentir le pétrole. On est bien d’accord mais attendez-vous à des protestations venues d’Alsace…

Au Québec, on a la chance de pouvoir lire gratuitement le très beau magazine Cellier de la SAQ. En plus de la version papier disponible à votre succursale favorite, on peut le consulter en ligne ou le télécharger en format PDF. Le numéro d’été est un spécial sur l’Espagne, Olé !

Pour finir, je m’en voudrais de ne pas mentionner le magazine en ligne Vin Québec. Il nous propose de nombreux vins disponibles à la SAQ avec une notation claire et un texte écrit dans un style simple et limpide. Le plus drôle est que la nouvelle du jour est la remarque de Michel Chapoutier qui fait la une de Decanter :)

Bonne lecture et à votre santé !

Club Vinearius

Image du magazine Cellier de la SAQ

Coup de "foudres" à Cairanne


Le chai des Richaud est paisible. Le rideau est tiré. L'endroit désert. Curieusement silencieux après l'agitation de l'automne. En ce début mai, Marcel passe la plupart de son temps à la vigne. C'est l'heure des derniers traitements de "bouse de corne" (fortifiant) et des premières pulvérisations de soufre (protection contre les maladies).
Dans la semi-obscurité du chai, les futures Terres d'Aygues prennent leurs aises. Les cuves, remplies à ras-bord laissent déborder un filet d'un rouge grenache. La trace claque sur le ciment gris.
"Ici, je stocke le vin que j'embouteillerai d'ici un mois ou deux, explique Marcel en soulevant le couvercle bordeaux. Les terres limoneuses qui bordent la rivière ont plutôt bien donné cette année. 2008, tu sais, c'est une année légère. On a eu beaucoup d'eau. Et ça rend plutôt pas mal"
Et il joint le geste à la parole en plongeant deux petites bouteilles au coeur de la cuve. Pas écrasée de soleil, c'est sûr, ces Terres d'Aygues. Sans lourdeur et joliment parfumées dans le verre. De ces notes de fruits rouges qui sont la signature des vins de Marcel.
"C'est pas immense, mais c'est joli", commente le vigneron, heureux du résultat.
Déjà nous voilà dans l'escalier de bois qui descend vers l'immense cave, creusée par le vigneron et son père dans la terre de Cairanne. C'est que l'artiste tient à montrer ses dernières merveilles, ses "bijoux", comme il dit : deux énormes foudres dédiés à la patine des Ebrescades. Le jus prélevé est complexe, déjà, mais à peine marqué par le bois.
"C'est ce qui est formidable avec ces foudres, commente Richaud, des étoiles dans les yeux. Ils sont fabriqués avec un chêne merveilleux, d'un très beau grain. Pour moi qui ai commencé à vinifier dans des vieux foudres à bière, presque des passoires, c'est un luxe formidable. Le vin respire. Il s'oxygène doucement, sans manipulation, sans brutalité. En fait, le foudre fonctionne comme un poumon. Tu vois, on dit souvent que le bois "masque", "brutalise"... Mais quand on n'en abuse pas, c'est aussi un révélateur d'excellence!".
Démonstration quelques mètres plus loin, autour d'un demi-muids rempli de Cairanne 2007. Alors que ses petites soeurs sont déjà en bouteille (le 2007 est en vente depuis quelques mois), ce jus-là s'est vu offrir une rallonge. La matière y a gagné en souplesse. La bouche en fruit. Sur cette cuvée à 15 degrés, le bois joue les modérateurs.
"Cette barrique là fera exclusivement des magnums, confie Marcel. C'est une belle manière de continuer à offrir de l'espace au vin. Pour lui permettre de s'accomplir."
A la surface, Marco s'agite. L'incontournable bras droit de Marcel a hâte de repartir. Le vigneron opine. Il faut terminer les derniers traitements de "corne" avant la pluie. En bio, la vigne n'attend pas.

Un manga, sinon rien...


Adieu Parker, Dussert-Gerber, Bettane&Dessauve... Adieu Guide Hachette, RVF et LPV... Qu'on se le dise, ce qui fait vendre le vin: c'est la BD! Plus précisément le mangavino, l'une des dernières trouvailles de l'empire du Soleil Levant pour initier des millions de japonais aux charmes discrets de l'oenologie.

Terminés donc les "guides des vins de France", après "Sommelier", qui avait fait un tabac il y a dix ans, voici les "Gouttes de Dieu", signées Tadashi Agi et Shu Okimoto. Quinze épisodes parus et près de deux millions d'exemplaires déjà vendus au Japon (le premier vient de sortir en France).

Sur l'Archipel, l' engouement est tel que l'on voit de plus en plus de nippons venir déguster avec leur manga sous le bras, recherchant en cave les vins préférés de leurs héros. Et quels vins! Au cours du premier tome de la bagarre des deux jumeaux pour conquérir l'héritage de leur père oenologue (c'est le "pitch", comme on dit), on goûte un Richebourg de la Romanée Conti 90, Un Vosne-Romanée les Jachées 2000 du Maître Bizot (désormais l'un des must japonais), et l'on compare les vertus des Pommard Rugiens-Bas 99 et 2000, avant d'ouvrir, selon le rituel, un Mouton-Rotschild 82.

Les auteurs, malins, profitent même de leur succès pour initier les japonais aux fondamentaux du vin: millésimes, appellations, décantation, tout y passe. Jusqu'à des notes de dégustation... Sans concession.

Il faut dire que le Manga fait vendre.

Son apparition dans le troisième épisode a valu aux bordelais du Chateau Mont-Pérat 2001 (Côtes de Blaye) une rupture de stock permanente chez les cavistes japonais. A Taïwan, raconte Le Point et Business Week, les ventes du Colli di Conegliano Rosso, Contrada di Concenigo ont augmenté de 30% après que le héros de la série en ait dégusté un verre. L'importateur Mercian, leader du vin au Japon, a augmenté ses ventes de Beaujolais Nouveau de 18% grâce à des étiquettes inspirées des "Gouttes de Dieu", tandis qu'en Corée, la publication des aventures de Shizuku faisait exploser les ventes de Bourgogne.

Bigre! On attend avec impatience un Mangavino sur les vins d'auteurs...