vendredi 7 décembre 2012

La notion de terroir

L’origine et la découverte du terroir


Le mot « terroir » dérive du latin « terra », mais déjà les Romains l’indiquaient comme « locus » ou « loci », c’est-à-dire un lieu ayant le « genius » destiné à la production d’un produit de qualité exquise. Les Egyptiens, les Juifs, les Grecs et les Romains employèrent en premier le nom du lieu d’origine pour indiquer le vin sur le « pittaccium » en argile qui était apposé sur les amphores en terre cuite qui contenaient le vin. De cette façon, naquit la dénomination d'origine.

Le premier exemple de délimitation géographique et territoriale nous vient de Pline qui avait étudié de façon approfondie le plus ancien cru Romain, c’est-à-dire la Falernum. Le nom de « genius loci » a été encore confirmé pendant le Moyen Age et jusqu.au moment où des règlements et des lois ont établi les premières délimitations de ces lieux. En 1700, fut délimitée par décret la zone de production du Tokay Hongrois, suivie par celles du Chianti (1716) et Porto (1755).

L'essence du terroir fut toutefois exaltée en 1855 à Bordeaux avec la publication de la liste des « crus ». Normalement le mot « cru » se définit comme le participe passé du verbe « croître », c’est-à-dire crû sur ce terroir spécifique mais, selon l'interprétation de certains latinistes d'anciennes abbayes françaises, cela signifie « célèbre », c.est à dire ayant une renommée auprès des consommateurs. C’est justement à travers les « crus » que les français ont inventé le terme « terroir », désormais utilisé dans tout le monde de la viticulture.

La notion de « terroir »

Empiriquement, les agriculteurs ont défini le « terroir » comme étant les zones les plus aptes à produire des cultures de qualité, typiques de ce « terroir ». Ainsi, la sélection des terroirs se faisait a posteriori en « évaluant » les caractéristiques organoleptiques, aromatiques et sensorielles des produits agricoles. Les dictionnaires, quant à eux, donnent toujours deux notions complémentaires pour le mot « terroir » :

- une notion d'espace géographique : étendue de terre ayant des potentialités agronomiques particulières,
- une notion de territoire qui fait allusion à la présence de l'homme, qui seul est capable de valoriser les aptitudes agricoles d.une région.

Ainsi, le concept de « terroir » intègre deux groupes de facteurs fondamentaux : les facteurs naturels (climat, sol, roche) et les facteurs humains. Le terroir est donc un système complexe, constitué d.une chaîne de facteurs (facteurs naturels du milieu, climat du millésime, cépage, facteurs humains d'intervention) allant jusqu’au produit final.

Le terroir, fondement de l'Appellation d'Origine

La loi de 1919 définie l.A.O.C. comme suit : « constitue une appellation d’origine, la
Dénomination d'un pays, d.une région, d.une localité servant à désigner un produit qui en est originaire et dont la qualité ou les caractères sont dus au milieu géographique, comprenant des facteurs naturels et des facteurs humains ». Ainsi, la notion d'Appellation d'Origine découle de celle du « terroir ». Cependant, à l'échelle de la parcelle, la majorité des Appellations d’Origine sont constituées d’un plus ou moins grand nombre d'unités de terroirs, dont les propriétés peuvent engendrer des différences importantes sur les caractéristiques du produit.


Méthodes d'étude des terroirs viticoles

Approche historico-administrative :
Les vignobles actuels sont le reflet d.une adéquation entre un climat régional, un cépage et un territoire dont les potentialités sont exprimées par des vignerons. Cette adéquation est le fruit de l'observation empirique de plusieurs générations de viticulteurs et le facteur humain est par conséquent déterminant dans ce type de démarche. La théorie du « noyau d'élite » et celle du « noyau historique », considèrent qu'un vignoble possède un noyau central dans lequel les conditions naturelles et humaines sont les plus favorables à la qualité.

Approche statistique :
Plusieurs approches nouvelles, de type croisement multidimensionnel de données numérisées disponibles (banques de données du milieu naturel développées par le Bureau de Recherche Géologiques et Minières), permettent de caractériser les terroirs. L'identification de terroir est réalisée grâce à une ACP (Analyse en Composantes Principales) sur divers critères (pente, exposition, altitude, insolation et lithologie), puis une classification permet l'élimination progressive des unités les plus mal classées. Cependant, cette approche ne traite pas les caractéristiques agronomiques des sols, et les résultats obtenus dépendent beaucoup de la qualité des données de base. Plusieurs chercheurs ont aussi tenté de relier la qualité de la vendange ou du vin à certaines variables d'état (pH, granulométrie, teneurs en calcaire et en éléments fertilisant du sol).

Approche climatique :
Certains chercheurs ont établi divers indices bioclimatiques permettant de caractériser le climat régional. Aussi, d'autres auteurs ont tenté d'aborder le climat à l’échelle ou d'analyser l’effet du millésime sur le développement de la vigne et la qualité de la vendange.

Méthode systémique :
Cette approche prend en compte le fonctionnement de la vigne dans son terroir. Ainsi, des études sont menées dans le Bordelais sur les conditions d’alimentation en eau de la vigne en relation avec la qualité de la vendange et certains auteurs considèrent la chaîne terroir/vigne/vin dans son ensemble.

Méthode de la Chambre d’Agriculture de l’Aude :
Une unité de terroir est définie, dans un bioclimat particulier, par une zone comprenant plusieurs types de sols présentant un ou des points communs majeurs sur le plan des caractéristiques agronomiques (l’élément majeur étant la réserve en eau du sol). Il a aussi été montré l’importance du carbonate de calcium actif dans la typicité sensorielle des vins.

Méthode utilisée pour le fromage de l.A.O.C. Comté :
La première démarche a consisté à vérifier et valider l’existence de crus organoleptiques de Comté grâce à la constitution d’un jury terroir, la seconde a eu pour objectif de rattacher ces crus à une identité terroir en étudiant spatialement les données du milieu naturel s’exprimant dans la chaîne climat, roche, sol et végétation. Les auteurs montrent qu.il existe une corrélation spatiale entre les crus sensoriels de Comté et leurs terroirs et malgré un long parcours technologique, le produit final porte la signature de son terroir.


Méthode d’étude intégrée développée par l’INRA d’Angers
L’Unité de Recherche sur la Vigne et le Vin conduit des travaux sur la notion de terroir, l’effet terroir et son déterminisme, et développe aussi un volet sur l’adaptation de l’itinéraire agro-viticole et au terroir. Pour aborder avec une démarche scientifique ces divers aspects, le concept d’Unité Terroir de Base (UTB) a été élaboré. L.UTB correspond à un territoire suffisamment homogène sur le fonctionnement du système terroir-vigne-vin et présentant une surface suffisante pour la valorisation par la viticulture.

Les divers volets étudiés sont :

- identification, caractérisation et cartographie d.UTB associant trois grandes composantes du milieu naturel (géologique, agro-pédologique, paysage climatique associé)
- caractérisation agro-viticole multicritères des UTB
- caractérisation analytique des vendanges et des vins
- étude du déterminisme de l’effet terroir pour dégager et hiérarchiser les variables pertinentes
- recherche sur l’adaptation de l’itinéraire agro-viticole et œnologique à l’UTB
- valorisation par l’élaboration d’un référentiel cartographique informatisé directement utilisable par le vigneron.

Conclusion
La notion de terroir est complexe car elle résulte d’une multitude de facteurs ayant des interactions complexes entre eux. Aussi, les méthodologies d’étude des terroirs sont très variables en fonction de la région étudiée et du but de l’étude.
Le but est d’acquérir une meilleure connaissance et maîtrise des caractéristiques sur les différents terroirs. Ainsi, il est indispensable d’étudier en détail les facteurs environnementaux, pédologiques et climatiques qui caractérisent le mieux les différents terroirs étudiés.

Source :
THESE « LE TITRE DE DOCTEUR DE L’INSTITUT NATIONAL POLYTECHNIQUE DE TOULOUSE » Spécialité : Sciences Agronomiques par Mlle CADET Alexandra

Ces fromages qu'on assassine 2

Un film de Joël Santoni et Jean Charles Deniau
avec Périco Légasse et Erik Svensson
Rédacteur en Chef Alexandre Le Guienne
Une coproduction : Bo Filmsl ! /France 3.

A la manière d’un road-movie cette enquête nous entraîne en Europe et aux Etats-Unis, sur les traces des différents protagonistes de cette « guerre du goût et des saveurs », au cœur d’un conflit gastronomique entre producteurs traditionnels et firme industrielle.

Il s’agit en effet d’une véritable mise à mort. D’un côté, les firmes mondialisées qui, sous de fausses raisons sanitaires, veulent tuer les fromages au lait cru au profit des fromages standardisés, microfiltrés, pasteurisés, aromatisés... De l’autre, les petits producteurs de fromages authentiques. Ils représentent moins de 10% du marché. Un combat difficile : plus de 50 fromages français ont disparu ces dix dernières années, mais tout n’est pas perdu car les résistances sont fortes… Un peu partout en France, en Europe et même aux Etats-Unis – pays par excellence de l’hygiénisme alimentaire - des producteurs, des affineurs, des fromagers, font de la préservation du goût et des saveurs, leur combat de tous les jours. Pour eux, un fromage est d’abord un bien culturel.
Charles de Gaulle a dit un jour : ”on ne peut pas gouverner un pays qui offre 365 variétés de fromages ». Les français se sont toujours vantés d’avoir plus de fromages que les autres pays et des fromages plus vrais et plus forts.
Croûtes fleuries ou lavées, pâtes molles, pressées ou cuites, chaque fromage est rattaché à une région, un terroir, à des mentalités tranchées et parfois opposées.
Mais il y a fromages, et fromage.
Dans les linéaires des grandes surfaces sont apparus des aliments standardisés, aseptisés, fabriqués à la chaîne dans les usines de groupes alimentaires. Ainsi le groupe Lactalis (le fameux camembert « Président ») se porte bien : numéro deux mondial des produits laitiers, premier fabricant de fromage en France, un empire de 112 usines et de 30 000 salariés, chaque jour ses chaînes produisent 450 000 fromages.
Le fromage « qui pue », objet de dégoût pour les anglo-saxons, est devenu un élément emblématique dans le débat sur l’exception française.
Dans le sillage de « Mondovino », ce documentaire propose une enquête inédite sur le monde des fromages, à travers un travail d’investigation et de découverte.
Il met en lumière deux mondes qui s’affrontent : d’un côté les défenseurs du goût et de la diversité, de l’autre les firmes multinationales, les lobbies et la mondialisation.

C’est ce conflit que Périco Légasse, journaliste gastronomique et Erik Svensson, jeune suédois d’origine française, notre candide, ont exploré à bord de leur camping-car. Ils ont parcouru près de 20.000 kilomètres en France, en Italie, en Belgique, aux USA… Le constat qu’ils ont fait au retour de cette investigation prolongée dans l’univers des fromages est loin d’être négatif. Ils mettent notamment à bas quelques idées reçues. Nous vous en livrons une : les fromages au lait cru n’ont rien à redouter de la commission de Bruxelles...

Les principaux protagonistes :

François Durand 45 ans : c’est le dernier producteur de camembert fermier au lait cru. Ses camemberts sont fabriqués avec le lait de ses propres vaches et qu’il n’est pas chauffé. Il reste à 37 la température de sortie du pie de la vache.
Philippe Olivier : fromager à Boulogne-sur-Mer. Il est issu d’une grande famille de fromagers, installés depuis un siècle entre Dieppe, Rouen et Boulogne. Epicurien sans complexe, intarissable sur l’histoire des fromages, c’est un combattant acharné de la préservation des fromages de terroir et bien sûr du lait cru.
Philippe Lepetit : L’un des héritiers de la célèbre marque de camembert au lait cru, fondée en 1872. Par l’effet des successions (plus de 40 héritiers) l’entreprise Lepetit a été absorbée par le groupe Lactalis. Pour Philippe Lepetit, la pasteurisation du lait (72 ) à tué le vrai camembert.
Céline Lesure : directeur associé agence de publicité DDB, elle expose la vision marketing des fromages, fait l’éloge des fromages pasteurisé. En résumé : tout est bon pour séduire le client, de la nostalgie du terroir, aux mauvaises odeurs dans les réfrigérateurs en passant par la peur des microbes pathogènes dans les fromages.
Jacques Puisais : philosophe du goût, il a créé l’université du goût à Tours.
A l’origine il s’agissait d’apprendre à des étudiants les différentes saveurs de nos produits de terroir. Aujourd’hui, nous en sommes loin, l’université n’a plus qu’un but : enseigner aux étudiants la satisfaction des désirs des consommateurs. Pour Jacques Puisais, la France subit un lavage de cerveau alimentaire.
Alain Dubois : L’un des plus grands fromagers français, aujourd’hui à la retraite. Pendant des années il a fourni la table de la Présidence de la République en fromages. Ils étaient bien sûr tous au lait cru !Assez pessimiste, il craint que dans quelques années la grande industrie n’invente le surimi de fromage.
Marcel Taillé : l’un des derniers producteurs de Salers sur le plateau de Salers en Auvergne. Il vit avec son troupeau sept mois par ans, du printemps à l’automne et produit sur place selon une méthode ancestrale.
Paul Georgelet : producteur de Chabichou et de Mothais fermiers dans le Poitou, propriétaire d’un troupeau de 500 chèvres en stabulation. Pour répondre à la demande des consommateurs qui désirent manger des fromages de chèvres à Noël, il désaisonne, c’est-à-dire qu’il change le cycle de reproduction de ses animaux pour qu’ils produisent du lait en fin d’année. Malgré cela, il reste attaché au terroir et à la qualité. Pour lui la grande distribution est le phylloxera de notre société.
L’ Abbaye de Thamié : le dernier monastère à produire un fromage de montagne au lait cru. La fromagerie est dirigée par un moine épicurien, le Frère Nathanaël.
Carlo Fiori : fromager à Arona, sur le lac Majeur en Italie. Sa cave est un véritable Musée du fromage. Il possède le plus vieux fromage du monde (produit naturel du caillage du lait dans une panse de brebis) et il nous apprend que le mot César (Caesar) en latin veut tout simplement dire fromager. Celui qui porte ce nom de César est le plus important personnage de la communauté.
Hervé Mons : fromager affineur à Roanne. Dynamique, ambitieux et très « homme d’affaires » il a une vision globale du monde du fromage. Il exporte plus d’une centaine de sortes de fromages dans le monde entier et il s’attaque, sans vergogne et avec succès, au marché hyper hygiéniste de l’Amérique.
Eric Poudelet : responsable de la sécurité alimentaire à la Commission européenne à Bruxelles, c’est à priori le méchant qui brime les petits producteurs de fromages au lait cru. Idée reçue, désinformation. Si on l’écoute, la commission ne veut brimer personne et surtout pas les producteurs de fromages au lait cru, bien au contraire. Selon lui les fromages circulent plus librement que les hommes dans l’Europe de Schengen depuis 2006 et les multiples dérogations permettent l’utilisation des caves, des instruments et des fûts en bois, dans la fabrication de certains fromages.
Andy Kehler : (Etats-Unis) producteur de fromages au lait cru dans le Vermont, une grande région d’élevage, il s’est mis à la fabrication des fromages au lait cru. Aidé par Hervé Mons, il est venu apprendre en France et en Angleterre. Il fabrique une sorte de Chaource et de Fourme d’Ambert de grande qualité tout en respectant les normes américaines : aucun fromage au lait cru ne peut être mis sur le marché s’il n’a pas été affiné plus de 60 jours.
Alain Domini : producteur d’Ossau Iraty au lait cru (fromage de brebis des Pyrénées atlantiques), cet ex-agent de la SNCF est un puriste. De la traite à la main de ses 145 brebis, à la vente, il fait tout en agriculture biologique. Il n’y a pas d’engrais dans ses pâturages, pas de pesticides, pas d’anti-limaces etc...

Les régions et villes traversées :
Picardie Nord Pas de Calais, Ile de France, Normandie, Centre Indre et-Loire, Poitou-Charentes, L’Auvergne, La Bourgogne, Le Jura, Rhône-Alpes, Les pays de Loire, Le Languedoc-Roussillon, Les Pyrénées Atlantiques. Italie, Belgique, USA, New York (USA), Vermont (USA).

Source :http://fr.youtube.com/watch?v=mWVpaYFbmaY http://programmes.france3.fr/documentaires/index-fr.php?id_article=82&page=documentaires-archives-articles-detailles3

Ces fromages qu'on assassine 1

Road-movie entre Europe et Etats-Unis, au coeur d’une « guerre du goût et des saveurs », un conflit gastronomique entre tradition et industrie...


Un film de Joël Santoni et Jean Charles Deniau
avec Périco Légasse et Erik Svensson
Rédacteur en Chef Alexandre Le Guienne
Une coproduction : Bo Filmsl ! /France 3.

A la manière d’un road-movie cette enquête nous entraîne en Europe et aux Etats-Unis, sur les traces des différents protagonistes de cette « guerre du goût et des saveurs », au cœur d’un conflit gastronomique entre producteurs traditionnels et firme industrielle.

Il s’agit en effet d’une véritable mise à mort. D’un côté, les firmes mondialisées qui, sous de fausses raisons sanitaires, veulent tuer les fromages au lait cru au profit des fromages standardisés, microfiltrés, pasteurisés, aromatisés... De l’autre, les petits producteurs de fromages authentiques. Ils représentent moins de 10% du marché. Un combat difficile : plus de 50 fromages français ont disparu ces dix dernières années, mais tout n’est pas perdu car les résistances sont fortes… Un peu partout en France, en Europe et même aux Etats-Unis – pays par excellence de l’hygiénisme alimentaire - des producteurs, des affineurs, des fromagers, font de la préservation du goût et des saveurs, leur combat de tous les jours. Pour eux, un fromage est d’abord un bien culturel.
Charles de Gaulle a dit un jour : ”on ne peut pas gouverner un pays qui offre 365 variétés de fromages ». Les français se sont toujours vantés d’avoir plus de fromages que les autres pays et des fromages plus vrais et plus forts.
Croûtes fleuries ou lavées, pâtes molles, pressées ou cuites, chaque fromage est rattaché à une région, un terroir, à des mentalités tranchées et parfois opposées.
Mais il y a fromages, et fromage.
Dans les linéaires des grandes surfaces sont apparus des aliments standardisés, aseptisés, fabriqués à la chaîne dans les usines de groupes alimentaires. Ainsi le groupe Lactalis (le fameux camembert « Président ») se porte bien : numéro deux mondial des produits laitiers, premier fabricant de fromage en France, un empire de 112 usines et de 30 000 salariés, chaque jour ses chaînes produisent 450 000 fromages.
Le fromage « qui pue », objet de dégoût pour les anglo-saxons, est devenu un élément emblématique dans le débat sur l’exception française.
Dans le sillage de « Mondovino », ce documentaire propose une enquête inédite sur le monde des fromages, à travers un travail d’investigation et de découverte.
Il met en lumière deux mondes qui s’affrontent : d’un côté les défenseurs du goût et de la diversité, de l’autre les firmes multinationales, les lobbies et la mondialisation.

C’est ce conflit que Périco Légasse, journaliste gastronomique et Erik Svensson, jeune suédois d’origine française, notre candide, ont exploré à bord de leur camping-car. Ils ont parcouru près de 20.000 kilomètres en France, en Italie, en Belgique, aux USA… Le constat qu’ils ont fait au retour de cette investigation prolongée dans l’univers des fromages est loin d’être négatif. Ils mettent notamment à bas quelques idées reçues. Nous vous en livrons une : les fromages au lait cru n’ont rien à redouter de la commission de Bruxelles...

Les principaux protagonistes :

François Durand 45 ans : c’est le dernier producteur de camembert fermier au lait cru. Ses camemberts sont fabriqués avec le lait de ses propres vaches et qu’il n’est pas chauffé. Il reste à 37 la température de sortie du pie de la vache.
Philippe Olivier : fromager à Boulogne-sur-Mer. Il est issu d’une grande famille de fromagers, installés depuis un siècle entre Dieppe, Rouen et Boulogne. Epicurien sans complexe, intarissable sur l’histoire des fromages, c’est un combattant acharné de la préservation des fromages de terroir et bien sûr du lait cru.
Philippe Lepetit : L’un des héritiers de la célèbre marque de camembert au lait cru, fondée en 1872. Par l’effet des successions (plus de 40 héritiers) l’entreprise Lepetit a été absorbée par le groupe Lactalis. Pour Philippe Lepetit, la pasteurisation du lait (72 ) à tué le vrai camembert.
Céline Lesure : directeur associé agence de publicité DDB, elle expose la vision marketing des fromages, fait l’éloge des fromages pasteurisé. En résumé : tout est bon pour séduire le client, de la nostalgie du terroir, aux mauvaises odeurs dans les réfrigérateurs en passant par la peur des microbes pathogènes dans les fromages.
Jacques Puisais : philosophe du goût, il a créé l’université du goût à Tours.
A l’origine il s’agissait d’apprendre à des étudiants les différentes saveurs de nos produits de terroir. Aujourd’hui, nous en sommes loin, l’université n’a plus qu’un but : enseigner aux étudiants la satisfaction des désirs des consommateurs. Pour Jacques Puisais, la France subit un lavage de cerveau alimentaire.
Alain Dubois : L’un des plus grands fromagers français, aujourd’hui à la retraite. Pendant des années il a fourni la table de la Présidence de la République en fromages. Ils étaient bien sûr tous au lait cru !Assez pessimiste, il craint que dans quelques années la grande industrie n’invente le surimi de fromage.
Marcel Taillé : l’un des derniers producteurs de Salers sur le plateau de Salers en Auvergne. Il vit avec son troupeau sept mois par ans, du printemps à l’automne et produit sur place selon une méthode ancestrale.
Paul Georgelet : producteur de Chabichou et de Mothais fermiers dans le Poitou, propriétaire d’un troupeau de 500 chèvres en stabulation. Pour répondre à la demande des consommateurs qui désirent manger des fromages de chèvres à Noël, il désaisonne, c’est-à-dire qu’il change le cycle de reproduction de ses animaux pour qu’ils produisent du lait en fin d’année. Malgré cela, il reste attaché au terroir et à la qualité. Pour lui la grande distribution est le phylloxera de notre société.
L’ Abbaye de Thamié : le dernier monastère à produire un fromage de montagne au lait cru. La fromagerie est dirigée par un moine épicurien, le Frère Nathanaël.
Carlo Fiori : fromager à Arona, sur le lac Majeur en Italie. Sa cave est un véritable Musée du fromage. Il possède le plus vieux fromage du monde (produit naturel du caillage du lait dans une panse de brebis) et il nous apprend que le mot César (Caesar) en latin veut tout simplement dire fromager. Celui qui porte ce nom de César est le plus important personnage de la communauté.
Hervé Mons : fromager affineur à Roanne. Dynamique, ambitieux et très « homme d’affaires » il a une vision globale du monde du fromage. Il exporte plus d’une centaine de sortes de fromages dans le monde entier et il s’attaque, sans vergogne et avec succès, au marché hyper hygiéniste de l’Amérique.
Eric Poudelet : responsable de la sécurité alimentaire à la Commission européenne à Bruxelles, c’est à priori le méchant qui brime les petits producteurs de fromages au lait cru. Idée reçue, désinformation. Si on l’écoute, la commission ne veut brimer personne et surtout pas les producteurs de fromages au lait cru, bien au contraire. Selon lui les fromages circulent plus librement que les hommes dans l’Europe de Schengen depuis 2006 et les multiples dérogations permettent l’utilisation des caves, des instruments et des fûts en bois, dans la fabrication de certains fromages.
Andy Kehler : (Etats-Unis) producteur de fromages au lait cru dans le Vermont, une grande région d’élevage, il s’est mis à la fabrication des fromages au lait cru. Aidé par Hervé Mons, il est venu apprendre en France et en Angleterre. Il fabrique une sorte de Chaource et de Fourme d’Ambert de grande qualité tout en respectant les normes américaines : aucun fromage au lait cru ne peut être mis sur le marché s’il n’a pas été affiné plus de 60 jours.
Alain Domini : producteur d’Ossau Iraty au lait cru (fromage de brebis des Pyrénées atlantiques), cet ex-agent de la SNCF est un puriste. De la traite à la main de ses 145 brebis, à la vente, il fait tout en agriculture biologique. Il n’y a pas d’engrais dans ses pâturages, pas de pesticides, pas d’anti-limaces etc...

Les régions et villes traversées :
Picardie Nord Pas de Calais, Ile de France, Normandie, Centre Indre et-Loire, Poitou-Charentes, L’Auvergne, La Bourgogne, Le Jura, Rhône-Alpes, Les pays de Loire, Le Languedoc-Roussillon, Les Pyrénées Atlantiques.
Italie, Belgique, USA, New York (USA), Vermont (USA).

Source :http://fr.youtube.com/watch?v=mWVpaYFbmaY http://programmes.france3.fr/documentaires/index-fr.php?id_article=82&page=documentaires-archives-articles-detailles3