jeudi 20 décembre 2012

LES INCONTOURNABLES DU VDMA

A quelques jours des Réveillons, les bulles sont de sortie. C'est le moment d'une petite escapade dans l'Aube, l'autre pays du Champagne. Hélène et Bertrand Gautherot y élèvent avec une même passion leurs enfants et leurs vignes. Fidèles à leurs convictions. Fidèles, tout court.


Dans les bras de Sorbée.

Longtemps il a fallut se battre pour dégotter une bouteille de Vouette-et-Sorbée. 10.000 quilles les bonnes années... La maison était vite à sec. Désormais, avec la construction d'une nouvelle cave, enfouie sous la colline de Bar-sur-Aube, les Gautherot peuvent voir (un peu) plus grand. Mais l'état d'esprit reste le même: ici, on sert d'abord les habitués. Ceux qui ont soutenu la démarche dés les premiers millésimes.

Ce matin-là, Bertrand Gautherot, yeux pétillants et bonnet éternellement vissé sur le crâne, attend justement un des piliers du club: le caviste japonais Hideaki Kito, un des premiers à être tombé amoureux de ses cuvées.
"J'ai toujours voulu faire du raisin, raconte ce fils de vigneron. Mais mon père a pris son temps pour me passer la main. Alors j'ai fais un détour par l'industrie du luxe...Tu vas pas le croire, mais j'étais concepteur d'étuis de rouge à lèvres en élastomère. Je faisais travailler les chimistes et je vendais du cosmétique...".
Loin de ses bases et de ses convictions, c'est sûr. Lorsqu'enfin son père lui passe le relai, il tourne donc le dos sans aucun regret à l'univers du luxe. Nous sommes en 93. Lui le "bio de bio" va enfin pouvoir faire vivre ses idées, grandeur nature. Son credo est simple mais radical: il faut tout changer, tourner le dos à l'industrie et faire enfin un Champagne fidèle à sa nature:
"Je venais d'un univers où tout est en toc. Fabriqué. Je me suis dis: "attends! On est en Champagne, championne du monde des engrais et des pesticides à l'hectare... Et on dit qu'on vend du beau? Du bon? Ca ne colle pas... C'est malhonnête". C'est comme ça que j'ai basculé. J'ai arrêté tous les traitements. J'ai eu envie de rendre la vigne à la Terre et d'accepter ce qu'elle me donnerait"
Année après année, Bertrand et Hélène bousculent les habitudes locales. D'abord, il font du raisin bio pour la coopérative. Puis il achètent des vaches et rêvent à haute voix du grand retour du cheval dans les vignes. Les animaux fournissent le compost. Bientôt, ils passent à la tisane d'ortie pour fortifier les ceps et Bertrand, qui bricole sans cesse de nouveaux engins, met au point un brumisateur artisanal pour vaporiser de la silice et du cuivre dans les vignes. Rien que du naturel. A dose homéopathique.
"Et du temps! Beaucoup de temps passé à la vigne... Précise-t-il. La bio-dynamie, c'est pas un but en soi... C'est un chemin. Le but c'est de faire du bon sans jamais cesser de faire du vrai. Surtout ne pas tricher..."
99, nouveau tournant. Sur les conseils,d'Anselme Selosse, une des stars du cru, les Gautherot sautent le pas: ils décident de vinifier eux-même leurs raisins. En 2001, c'est le premier millésime de Vouette-et-Sorbée (la maison porte les noms des deux lieudits où poussent la plupart des vignes). La première cuvée est baptisée "Fidèle". Puis viennent "Blanc d'Argile" et la "Saignée de Sorbée".

Rien que de l'extra-brut, of course. Pas question de sucrer le vin. Pas plus qu'il ne faut, en tout cas, pour faire naître les bulles. Pas question non plus d'ajouter la fameuse liqueur d'expédition... Là dessus aussi, Bertrand est un puriste:
"En fait c'est toujours la même chose, explique-t-il. A la fin, avant de mettre le bouchon, la plupart des producteurs "rectifient" le vin. On dit qu'ils le "dosent". On fait ça avec une liqueur, qui va donner un goût sucré, un goût maison. Moi, je pense que c'est le terroir, le goût maison... Donc je fais des vins crus, pratiquement des produits frais. Si on le laisse vivre, c'est vachement généreux un vin! Formidablement généreux..."
Et voilà comment, en une décennie, Bertrand et Hélène ont réussi à conquérir leur monde. Des cavistes passionnés, de grande tables... Et le Japon de monsieur Kito. Cette année encore, cet habitué aura son compte de bouteille. Quitte "à faire râler l'importateur officiel", plaisante Hélène. Question de Fidélité. Et là-dessus, on l'a compris, la Maison ne plaisante pas.

A propos des Gautherot, on peut lire aussi "Comme un gamin", "Vaillant champenois" et "Pegase aux vignes", sans oublier "Tisanes d'orties et autres contes".

Dégustation Champagne BOLLINGER et AYALA

La "Special Cuvée" de BOLLINGER 
fête ses 100 ANS

Soyez rassurés ce n'est pas un millésime 1911 car, comme la plupart des maisons de Champagne, Bollinger élabore la grande majorité de ses champagnes en brut sans année, ce qui veut dire qu'elle ne précise pas le millésime sur la bouteille. Elle ne conçoit des cuvées millésimées que sur les très grandes années. La dernière cuvée millésimée de la maison Bollinger est 2002. 
Donc, la "SPECIAL CUVEE" est un assemblage de plusieurs millésimes et de raisins issus de plusieurs origines ou terroirs et c'est en 1911 que le maitre de chai de la maison décide de mettre en place ce type d'élaboration du champagne et il la dénomme ainsi à l'anglaise pour l'un de ses importateurs britanniques. Cette cuvée est élaborée à partir de trois cépages pinot noir, pinot meunier et chardonnay issus de près de trente crus différents. Ceci permet notamment de conserver une typicité aromatique et gustative d'une année sur l'autre. 
Pour fêter dignement l'évènement la maison a réalisé un coffret spécial. N'oublions pas que hormis 100, Bollinger a aussi un autre chiffre préféré le 7, qui est celui du plus grand agent secret du monde, 007 que l'on nomme James... James Bond !

votre caviste s'associe à BOLLINGER pour cette fête 
avec une dégustation OFFERTE
le mardi 20 décembre 2011 à la cave de l'Argenterie

ASSEMBLAGE DU VILLEGEORGE 2011


Mercredi 14 Décembre : il est à peine 10h, Jacques Boissenot est déjà là avec Jean-Denis. Jean Cordeau arrive ensuite, puis Emilie Roullé et son ordinateur puis enfin le reste de l’équipe.
Il y a une semaine exactement, dans ce même lieu (salle de dégustation de Villegeorge), les mêmes personnes ont participé à la sélection du Château Duplessis 2011 ; mais les vins sont très différents : Duplessis se situe en AOC Moulis sur des terroirs argilo-calcaires et le vignoble de Villegeorge s’étend des terrains de graves de l’AOC Haut Médoc. Le style de ces deux crus est presque opposé : la finesse et l’élégance de Villegeorge, la puissance et la vivacité de Duplessis. Mais chacun de ces crus a ses adeptes fidèles.
Les 8 lots de vin de gouttes et les  6 lots de presse forment une ligne bien droite sur la table ; chacun sa place : il faut déguster dans l’ordre de la feuille de dégustation préparée par Emilie où sont indiqués le numéro de la cuve ou l’identité du lot, son origine (parcelle et cépage) et son volume.
Chacun déguste les vins en silence : d’abord Jacques Boissenot, puis moi-même, Emilie, Jean-Denis et le reste de l’équipe. Les mines sont concentrées, les notes viennent préciser les impressions gustatives. Quand tout le monde a fini, notre expert délivre ses conseils. Une ou deux cuves sont tangentes. On commence par l’assemblage du cœur du grand vin (les meilleures cuves) puis on fait 8 essais différents. Jean-Denis attrape les pipettes et les éprouvettes, Emilie lui donne les pourcentages : le lot A est suivi du B et ainsi de suite.
On goûte, on compare et on tranche : 2011 de Villegeorge ne représentera que 46% de la récolte totale. Il n’est pas question de dévaloriser ce cru ou de changer son style. Il sera élégant et charmeur, on y retrouvera ce petit nez de violette qui le caractérise. 55% de Merlot et 45 % de Cabernet Sauvignon, un bel équilibre qui lui permettra à la fois de bien se déguster jeune et de vieillir avec grâce par la suite.

Il n’y en aura pas pour tout le monde, qu’on se le dise !