samedi 28 août 2010

Question de millésime

Nous avons reçu le week-end dernier une bouteille pour souligner la naissance de notre fils. La bouteille : Arthur Chardonnay Domaine Drouhin Orégon 2007.

J'ai proposé de mettre la bouteille en cave quelques années et, avec un peu de chance, nous pourrions la déguster avec lui quand il aura l'âge de raison. Jérôme, qui nous a offert la bouteille, m'a demandé comment savoir si nous pourrions la garder si longtemps.

Il y a plusieurs façons. Voici quelques pistes.

La première est de suivre, après chaque vendange, le résultat des dégustations dans les régions viticoles qui nous intéressent. Dans les mois qui suivent, un portrait du millésime commence à se préciser. On peut ainsi savoir qu'en Orégon, en 2007, les vins étaient de bonne qualité, mais de garde moyenne.

On s'intéresse aussi aux producteurs. Est-ce que le vigneron a trié sa récolte pour ne garder que les meilleurs raisins? Est-ce qu'une partie de ses vignes a reçu de la grêle? Les réponses permettent d'évaluer les meilleurs années et de connaître les potentiels de garde.

La deuxième est de se fier aux experts. Ces Robert Parker et compagnie dressent un portrait global des régions et de leurs produits. Ils publient périodiquement un tableau des millésimes qui nous indiquent si l'on doit garder ou boire les vins. Plusieurs vignerons révèlent aussi sur leur site internet leurs perspectives concernant la garde de leurs vins.

La troisième, et la plus intéressante, est de goûter le vin. Quand on achète plusieurs bouteilles d'un même vin, on déguste la première pour évaluer son potentiel de garde. Que se cache-t-il derrière les tannins? De la barrique, du fruit, rien? Et ce blanc, saura-t-il davantage s'ouvrir? Garder son équilibre? Avec l'expérience, on finit par être capable d'évaluer chaque bouteille, en considération avec la région, le producteur, etc.

Ne connaissant que très peu l'Orégon, j'ai consulté le tableau des millésimes de Robert Parker. J'ai appris que mon petit Arthur ne pourra boire cette bouteille avec nous. Car le millésime 2007 est déjà prêt à être dégusté.

Dommage pour Arthur, mais bonne nouvelle pour Jérôme, qui pourra la savourer avec nous.

Le Domaine Drouhin en Orégon est la propriété de la maison Joseph Drouhin. Cette famille possède un nombre considérable de grands et de premiers crus en Bourgogne. Ses chardonnays sont honnêtes et de belle qualité.

Je vous en donnerai des nouvelles.

jeudi 26 août 2010

Le Sainte-Croix de Manon


Il y a quelques semaines, je vous ai parlé de mon vin de tous les jours, le Sainte-Croix.

Aujourd'hui, je vous présente le vin à petit prix de mon amie Manon, le Mezzacorona Reserva Teroldego Rotaliano 2006.

Fervente dégustatrice, elle nous a servi ce vin en fin de soirée. La bouteille était ouverte depuis la veille. Très épicé, long, suave, bien fait…bref, un excellent vin! Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'elle m'a dit le prix: 14,95$.

Un bon italien à ce prix-là valait l'achat de quelques bouteilles. Mais lorsque j'en ai ouvert une chez moi, j'ai été un peu déçue. Fermé un certain moment, il a fallu le passer en carafe pour en faire sortir les arômes.

Alors, c'est ce que nous avons fait pour accompagner notre fougasse maison : roquette, basilique, tomates, jambon de Bayonne, mozzarella et basilic du jardin. Après deux heures en carafe, voici le résultat:

Une robe violacée, assez opaque.

Un nez de bleuets, de mûres et même un côté cassonade, prunes, très enveloppant.

En bouche, on est toujours sur le bleuet. Je dirais même une tartine de confiture aux bleuets. Puisqu'il y a une odeur de grillé, de bois, de vanille. Tout cela est bien agréable!

On a de la longueur à souhait. Une finale épicée, qui me rappelle le ras-el-hanout- ce mélange d'épices marocain très parfumé qui peut contenir jusqu'à 50 épices. Avec cette épice, on peut faire un dessert exquis dont je vous donnerai la recette dans quelques jours.

Bref, Manon avait vu juste, ce vin est honnête et présente un bel équilibre.

Spécialiste des vin italiens, elle connait bien le Trentin-Haut-Adige, cette région du nord de l'Italie dans laquelle on trouve la chaîne des Dolomites. Bordée au nord par l'Autriche et à l'ouest par la Suisse, c'est un lieu montagneux et propice aux vins blancs. Sa production augmente d'ailleurs constamment : chardonnay, pinot gris, muscat.

Mais c'est un cépage indigène rouge qui se démarque ici, le teroldego. Exclusif à ce terroir, le teroldego est vinifié seul et a obtenu en 1971 sa propre DOC (Denominazioni di Origine Controllata), la Teroldego Rotaliano,

Une découverte idéale pour les journées où l'art de « dolce far niente », est à l'honneur.

Merci Manon!

Mezzacorona Reserva Teroldego Rotaliano 2006 , Code SAQ : 00964593, 14,95 $

lundi 23 août 2010

La fraise en confiture

Tel que promis, on revient sur la fraise.

Son arôme se décline en deux volets. La fraise que l'on cueille fraîche est celle que l'on retrouve dans les rosés. Un Tavel du Sud de la France ou dans notre verre de seyval noir du Québec par exemple. Mais aussi dans certains vins rouges comme un gamay du Beaujolais ou dans un merlot.

Puis la fraise confite, que l'on retrouve particulièrement dans les pinots noirs bourguignons ou néozélandais. Dans une confiture bien cuite et dense, la fraise rappellera les effluves d'un verre de porto.

Il reste encore de délicieuses fraises d'automne au marché. Il n'est donc pas trop tard pour vous lancer dans la confection de la meilleure confiture de fraises du monde.

Voici donc, la recette de Nicole:

12 casseaux de fraises (peu importe la quantité, l'important c'est d'avoir la même quantité de sucre)

Laver les fraises, les égoutter, les équeuter.

Peser les fraises et ajouter la même quantité de sucre sur ces dernières.
(Si elles sont très grosses, je vous suggère de les couper en deux.)
Laisser reposer toute la nuit.

Ne pas cuire plus de quatre livres à la fois.

Dans un chaudron épais, partir à feu doux.
Lorsque le sucre est fondu, mettre le feu moyen-élevé.
À ce stade, ne plus brasser.

Monter la température à 220℉ (vérifier avec un thermomètre à bonbons) et laisser bouillir à ce degré pendant huit minutes.

Retirer du feu et laisser reposer.

Enlever doucement l'écume et laisser refroidir avant d'empoter.

À vos chaudrons! Et merci Nicole.