dimanche 13 mai 2012

L’été est à notre porte… alors vive le rosé !


Avec l’été qui approche un petit blog sur le rosé s’imposait.
Et puis c’est l’occasion de faire un petit clin d’œil à ma région natale : la Provence.



Qu’est ce qui colore le vin?

Il faut savoir avant tout que ce sont des colorants naturels (anthocyanes), présents dans la peau du raisin qui apportent la couleur au moût (*). La température de la récolte peut aussi influencer sur la diffusion des anthocyanes dans le jus.
De ce fait, plus le moût est en contact avec la peau des raisins, plus le jus sera coloré. Lorsque l’on sépare les deux la coloration est stoppée.

(*) moût = le jus de raisin épais non fermenté obtenu après foulage ou pressurage des grappes de raisin.


Comment fait-on du rosé?

On ne mélange pas du vin blanc et du vin rouge pour faire du rosé!
On fait du rosé à partir de raisins noirs (à jus blanc).

Deux méthodes principales sont utilisées:

Le rosé de presse (ou pressurage direct): on presse directement les raisins, le contact avec la peau pendant le pressurage apporte une couleur rosé légère au jus (le temps de contact avec la peau est court), et libère aussi les précurseurs d’arômes.
Dans le sud de la France et notamment en Provence c’est une méthode très utilisée.
Rosé de presse = rosé pâle en couleur (saumonée, chair, pêche, pétale de rose...)

Le rosé de saignée: après avoir foulés  les raisins (on fait éclater les raisins pour en faire sortir le jus  et la pulpe), on fait macérer le moût (macération pelliculaire) 2h à 20h.  Après quelques heures de macération (qui permet de colorer et favoriser l’extraction des arômes), on soutire une partie (ou totalité) du jus, c’est la saignée. On vinifie alors de la même manière.
Rosé de saignée = rosé plus intense en couleur (groseille, brique, framboise...) + légers tanins

Dans les deux méthodes on vinifie ensuite le rosé de la même manière qu’un vin blanc, on passe ainsi à l’étape de la fermentation alcoolique.  Le contrôle de la température est très important (fermentation à basse température: 16 à 20°C).
Une exception: le champagne rosé. Pour faire du champagne rosé on autorise la méthode dite de coupage, on assemble du vin blanc et du vin rouge. Mais de plus en plus de vignerons champenois utilisent la méthode de saignée.

(Schéma extrait du site www.vinsdeprovence.com)


J’ai souhaité être le plus simple possible dans les explications, car à toutes ces étapes peuvent s'en ajouter d'autres telles que l’éraflage, le débourbage, la fermentation malolactique, l'élevage sur lies…  Mais là on part sur un cours d’oenologie! Pour cela faites appel à mon partenaire: SAVORI



Conseils de service :
Un bon rosé ne se sert pas glacé ! Il se sert frais (11/12°C), afin de garder ses arômes et son équilibre.
Un rosé n’est généralement pas un vin de garde (exceptés quelques rosés de gastronomie), favorisez les rosés de l’année (2011 pour les rosés que vous achèterez cet été), avec les années un rosé s'oxyde et perd sa fraicheur et ses arômes.


Accords mets vins autour du rosé

Le rosé n’est pas « sous-produit », un bon rosé a demandé autant de travail qu’un vin blanc pour le vigneron. Même si on l’apprécie à l’apéritif, il va pouvoir accompagner de nombreux plats.

Avec un rosé sec, de presse (pâle en couleur) privilégiez les poissons grillées, les salades "fraicheur" (attention quand même à la vinaigrette!), les viandes blanches, sushis, les fromages de chèvre frais...

Avec des rosés plus concentrés (rosés de saignée en général), vous pourrez accompagner vos grillades estivales bien entendu, des tapas, mais aussi des plats plus orientaux ou épicés (tajines, cuisine thaï...).

Petit conseil:
Jouez avec la couleur : l’accord avec un plat peut aussi se faire avec la couleur des mets et du vin. Le saumon est un parfait exemple avec le rosé, et puis c’est la saison du homard qui commence : sa couleur s’harmonisera avec la couleur d’un rosé de saignée.











Quelques coups de coeur rosé à la SAQ (tous en millésime 2011):

Cellier des Quatre Tours - Coteaux d'Aix en Provence: 14,60 $
Domaine Houchard - Côtes de Provence: 15,15 $
Château de Lancyre - Pic St Loup (Languedoc): 15,40
Domaine du Ridge - Québec: 15,90 $
Domaine de la Mordorée - Tavel: 24,80 $

Boutique St-Hilaire à Gatineau : Entrevue avec M. Michel St-Hilaire


Avec plus de 25 ans d’expérience comme conseiller en vins, Monsieur Michel St-Hilaire est un expert en la matière. Il est propriétaire de la boutique d’accessoires de vin qui porte son nom, située à Gatineau, dont nous avons parlé en octobre dernier. Nous avons discuté avec lui de l’évolution du marché des vins au Québec et voici un résumé de nos échanges.

C.V. Est-ce que les gens s’intéressent plus au vin?

M.S.H. Oui, le vin est de plus en plus populaire. On voit une évolution notable, les gens sont plus connaisseurs, ils vont avoir des bouteilles de réserve, un cellier. Ils font aussi beaucoup de recherches sur Internet et quand ils arrivent à la boutique, ils sont souvent très informés.

C.V. Vendez-vous uniquement aux spécialistes du vin?

M.S.H. Non, tous les gens qui s’intéressent aux plaisirs de la table désirent également améliorer leur façon de proposer le vin à leurs convives. Ils vont donc rechercher des verres de qualité, des carafes, des aérateurs, avoir un cellier pour conserver quelques bouteilles. Ils souhaitent reproduire l’expérience du restaurant à domicile.

C.V. Est-ce que la clientèle du Québec est différente?

M.S.H. Pas vraiment, en raison de notre situation géographique, nous avons beaucoup de clients de l’Ontario mais aussi une clientèle étrangère qui profite d’un voyage pour magasiner chez nous. Nous avons d’ailleurs eu récemment des clients d’Espagne, du Portugal et de France qui ont acheté des Decantus. Tous sont à la recherche de nouveautés.

C.V. Vous avez parlé du Decantus, est-ce que vous en vendez beaucoup?

M.S.H. Oui, c’est un gros vendeur. Il convient bien au fonctionnement d’aujourd’hui, on a de moins en moins la patience de laisser le vin une heure en carafe et le Decantus donne un résultat équivalent. Lorsqu’on le fait essayer, la différence d’arôme et de goût est très nette. Je l’ai d’ailleurs fait essayer à plusieurs amis sommeliers qui au départ étaient plutôt réticents, il y a des gens conservateurs dans le monde du vin. Mais ensuite ceux qui l’ont utilisé le recommandent à d’autres. Beaucoup de gens viennent à la boutique après l’avoir essayé au restaurant ou chez des amis. Ils veulent des explications techniques sur l’aération du vin ou sur la diminution des sulfites. Là, on a fait de bonnes ventes pour la Fête des Mères.

C.V. C’est donc que les femmes s’intéressent au vin?

M.S.H. C’est certain. Mais on s’attend à en vendre aussi pour la Fête des Pères !

C.V. Merci de l’entrevue Monsieur St-Hilaire, on vous souhaite beaucoup de succès.

À votre santé !

Club Vinearius

Château Belles graves ouvre ses portes les 2 et 3 juin



CHATEAU BELLES-GRAVES
Xavier PITON
1 allée de Belles Graves
33500 NEAC
Tél 05.57.51.09.61
Fax 05.57.51.01.41



Activités :  terroir et paysage, lecture d'un panorama.

Chaque jour un nouveau château.


A demain.

Les viticulteurs de LALANDE DE POMEROL ouvrent leurs portes les 2 et 3 juin de 10h à 19h. Téléchargez la liste des participants