jeudi 4 octobre 2012

Vins du nouveau monde ou de l’ancien?


Vous avez sûrement entendu parler de la fameuse dégustation à l’aveugle de 1976. Aussi nommée Jugement de Paris, elle a consacré pour la première fois la supériorité de vins californiens sur de grands vins français.


La publication de ces résultats eut de nombreuses répercussions. La première fut bien sûr une augmentation des prix du vin de Californie, mais la principale fut un encouragement à produire des vins de qualité pour tous les nouveaux pays du monde vinicole. 


Ce nouveau monde du vin est constitué des pays suivants : États-Unis, Chili, Argentine, Australie, Afrique du Sud et Nouvelle Zélande. On y cultive un petit nombre de cépages nobles, Sauvignon et Chardonnay pour les blancs, Cabernet Sauvignon, Pinot noir (et quelques autres) pour les rouges. 


On trouve désormais un choix fort intéressant de ces vins, qui sont souvent typés « nouveau monde », ce que je résumerais à de puissantes saveurs fruitées, un taux d’alcool élevé, des notes boisées et peu d’acidité. Leur différenciation est clairement liée au cépage dominant. 


Par contre, les vins de l’ancien monde (France, Italie, Espagne) offrent des palettes de saveurs plus variées, avec des propriétés subtiles et plus de place aux nuances acides.  Ils se différencient selon la région de production, utilisent une très grande variété de cépages et peuvent se montrer fort différents selon le vigneron ou le millésime (pour une même combinaison cépage - région). 


L’augmentation de la concurrence mondiale amène une amélioration de la qualité des vins produits, un bénéfice pour tous les consommateurs. Si dans ces pages nous laissons une vaste place aux vins français, c’est en raison de leur grande diversité et de leur forte diffusion au Québec. Nous parlons également des vins du nouveau monde qui nous paraissent intéressants et vous donnons rendez-vous au Chili vendredi prochain.


À votre santé !


Club Vinearius

Notez que chaque article est marqué d’une étiquette précisant la provenance des vins présentés afin de faciliter la navigation selon vos goûts personnels.

Photo Flickr par thejourney1972

Les vendanges 2010 - Lundi 4 Octobre: une demi journée de récolte et un atelier vinification au Château La Tour de Bessan

Nous commençons à 8h, la température est élevée contrairement à la semaine précédente, il fait 18 C. Le ciel est couvert .

Tour quotidien de nos cuves, nous stoppons les remontages sur les premières cuves ; notre numéro 2 part en échantillon au laboratoire : elle est en fin de fermentation alcoolique. Les dernières cuves prennent de la densité, se structurent. Jean-Luc et Hedi démontent le roulement du conquet ; il est commandé et la pièce devrait arriver demain.
A Villegeorge, la troupe finit la première benne quand nous arrivons sur place ; les mines sont reposées (en particulier pour les vendangeurs extérieurs à nos équipes qui ont pu bénéficier de deux jours de repos). On me demande des nouvelles de la soirée de samedi ; je remercie de la part de nos hôtes, repartis heureux de cette journée de vendanges communes. Elisabeth, juchée sur la remorque, effectue le tri de la récolte ; elle est tout sourire et déclare s’être beaucoup amusée !
Un tour au cuvier pour déguster nos deux cuves en attendant que la troisième soit remplie.
A 11h45, notre troupe a fini la Vieille Vigne de Villegeorge ; la remorque est vidée quand la pluie commence à tomber. Ce sont d’abord quelques gouttes, puis une belle averse. Coup de fil à Thierry puis Emilie. Nous décidons d’arrêter pour la journée. Sage décision car la pluie et les rafales de vent ne cessent guère toute l’après-midi. Une pluie bénéfique pour la nature : la Jalle de la Morère à Moulis était totalement à sec (ce qui est assez rare à cette époque de l’année).
A 15h30, nos touristes accompagnés d’une charmante guide arrivent directement au cuvier pour l’atelier de vinification. Ils viennent du Château Loudenne où ils ont pu vendanger et déjeuner (avec les vins des 4 Médocaines). Je leur explique la vinification en français tandis que leur accompagnatrice (qui connait bien les lieux) traduit avec aisance mes propos en anglais. Il y a beaucoup de francophones dans ce groupe : nos fidèles québécois (nous n’avons pas de groupe de touristes sans notre équipe du Québec) ainsi que des brésiliens qui parlent parfaitement français. Les questions sont nombreuses, parfois déroutantes : est-ce que le vin devient limpide quand il n’y a plus de sucre ? Le sucre ne se voit pas mais se mesure, cela nous semble évident. Je reprends les différentes étapes de clarification du vin sous l’oreille attentive de nos hôtes. Une jeune québécoise me demande si le vin est prêt ! Ils sont en train de goûter du moût de Merlot en fermentation : il y a encore beaucoup de sucre non fermenté. Je lui réponds qu’il faut finir les vendanges et les vinifications avant de parler réellement de vin. La deuxième cuve goûtée a presque terminé ses sucres (il en reste une dizaine de gramme), l’alcool se perçoit bien ainsi que les tannins. Une jeune asiatique me pose des questions sur le nom de ce jus et me demande d’épeler le mot français : « moût ». Ce n’est pas encore du vin ; je rappelle qu’il faut être patient : au moins deux ans entre la récolte et la mise à disposition des bouteilles. Notre jeune québécoise s’interroge sur l’âge des vignes ; elle ouvre de grands yeux quand je lui dis que nous travaillons sur 20 ans pour établir un vignoble : arrachages et replantations doivent être faits régulièrement pour maintenir l’équilibre et pouvoir produire de grands vins. Un échange intéressant qui nous permet de partager notre savoir-faire et notre passion avec des amateurs qui nous font le plaisir de venir en curieux, parfois du bout du monde, pour découvrir les coulisses du vin.
Demain, nous espérons (la météo le dit) que le temps reviendra au beau et que nous pourrons enfin commencer la récolte à Duplessis. Sinon je crains qu’Habib ne s’impatiente : il gère avec beaucoup de sérieux les vinifications à Moulis et c’est la seule des trois propriétés à ne pas avoir une seule cuve remplie.

Les vendanges 2010 - Dimanche 3 Octobre

Aujourd’hui, seules les équipes des chais de La Tour de Bessan (Jean-Luc, Heidi et Romain) et Villegeorge (Jean-Denis et Mickaël) sont là. Emilie et moi faisons une station dans chaque cuvier pour faire le planning du jour en dégustant avec les maîtres de chais, chacune des cuves rentrées. Celle du Fouquet’s, première cuve de Cabernet Sauvignon arbore déjà une teinte superbe, comparable à celle des Merlots ; l’analyse nous confirme les résultats des prélèvements avant récolte : 12 6 ! Un très beau degré pour ce cépage moins riche en sucres naturels que le Merlot. Romain s’endort debout, Jean-Luc lui donne son après-midi afin qu’il commence la semaine en bon état physique ! Ensuite, un petit tour de vignes centré sur les parcelles de Merlot à ramasser ; nous devons établir le planning pour le lendemain.
C’est décidé, nous ramasserons lundi matin la vieille vigne de Villegeorge ; la troupe devrait la vendanger dans la matinée. Ensuite nous irons à Duplessis : deux jours de vendanges pour ramasser les Merlots qui sont mûrs.
Le temps est au beau et il fait chaud l’après-midi : 29 C !