samedi 8 décembre 2012

Quand la "belle province" fait la difficile...


Longtemps l'exportation a été le ballon d'oxygène des vins natures. Face à un marché français boudeur, les vignerons avaient trouvé à l'étranger des bras accueillants. Des clients fidèles. Mais crise oblige, l'étau se resserre.
"Chaque année, les japonais à eux seuls nous prenaient au moins 3 palettes (1800 bouteilles, ndla), raconte un vigneron de Bourgogne. Il y a un an, notre nouvel importateur américain nous promettait monts et merveilles. Et puis la crise est arrivée... Et les réponses sont devenues évasives... Puis négatives. Là, franchement, on tire la langue".
Et lorsqu'ils ouvrent la porte, les importateurs "se couvrent". Ainsi Jean-Baptiste Senat vient-il de voir sa Nine échouer aux portes de la très officielle SAQ, la société d'Etat qui détient le monopole des vins vendus au Québec. Motif: pas assez de "notoriété produit".
"C'est le jeu, on le sait, mais là, c'est le pompon! explique le languedocien. Nous ne sommes pas refusés parce que le vin n'est pas bon (30,18/45). Ni parce qu'il est trop cher. Nous décrochons même le meilleur rapport qualité-prix du lot avec un score de 23,45/25... Non, nous sommes refusés à cause "d'une déficience presse du produit"."
En clair: pour vendre un vin, il faut qu'il soit déjà star et couvert d'articles.Un concept très favorable aux Grands Crus et aux grosses cavaleries. Un peu moins aux indépendants. Mais alors ce n'est plus la bouteille qu'on juge... C'est l'attachée de presse?

Le résultat est là, en tout cas: pas assez de notoriété, pas d'importation SAQ. Pas d'import officiel, pas de vente en magasin. Donc aucune chance de faire découvrir ses vins. Donc pas de notoriété... La boucle est bouclée. Aux Amériques, on appelle ça un "catch 22".

A propos des marchés étrangers, lire aussi "Asian connection".
Et sur le vin au Quebec le blog de Matthieu Turbide.


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