lundi 19 novembre 2012

Crayères de Champagne

Il faut le faire au moins une fois dans sa vie... C'est classé tout de même au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Alors la décision est prise, on part en Champagne! (Je vous rassûre, pour un weekend seulement!).

Evidemment improviser une visite de cave un samedi est une chose un peu compliquée. Après moultes coups de fil, la maison Taittinger à Reims veut bien nous ouvrir ses portes, moyennant bien sûr 14 la visite (business is business!).

C'est parti pour une heure de visite dans les entrailles du sous-sol reimois avec la visite des fameuses Crayères.

Movie time!

Mais ça se mérite. D'abord passage obligé dans la salle home cinema pour une présentation Hollywood de la maison familiale fondée en 1931. 250 ha en propre, 1000 vendangeurs, 4+10 km de caves souterraines pour stocker 3+9 millions de cols, 50 000 visiteurs par an, 70% export bla bla bla... Wow, ça pète!

Bon passons aux choses sérieuses: on descend par un escalier à vis dans les caves souterraines sur 3 niveaux (-12m, -18m et -23 mètres pour la plus profonde). La température descend progressivement avec la profondeur (8 degrés Celsius à -23m) et le taux d'humidité lui augmente (80% au fond). 

5 remueurs travaillent à plein temps chez Taittinger pour s'occuper de la cave historique sous la maison mère à Reims. On y stocke deux cuvées (la prestigieuse Comtes de Champagne, un 100% Chardonnay à 110€ la bouteille (!) et le Brut Réserve). Ils parcourent les 4 km de galeries et surveillent 3 millions de bouteilles. 100% de remuage manuel dans cette cave (un bon remueur peut apparemment remuer 40 000 bouteilles par jour!). Le reste du stock est tenu dans une autre cave plus moderne (10 km de galeries pour 19 millions de bouteilles, 100% giropalettes).



Les crayères sont des grottes souterraines creusées par les romains au IVème siècle après JC dans la craie tendre et exploitées un temps par les moines bénédictins. Il y règne une atmosphère de recueillement et d'inspiration mystique. On est loin du frou frou, des strass et des paillettes qui règnent en surface. Un silence absolu y règne. On n'a même pas froid, juste captivé par ses millions de bouteilles impeccablement rangées, qui reposent en paix dans un éclairage orangé au sodium...

La (mini) dégustation

On finira notre immersion dans ce monde à part par la dégustation du Brut Sans Année (BSA pour les intimes) cuvée Réserve (31€ svp!). Un assemblage 45% Chardonnay, 35% pinot noir et 20% pinot meunier. La droiture du Chardonnay prend agréablement le dessus mais les 9 g/l de sucres résiduels me gênent. Ici pas de place pour les non dosés, encore moins pour les non sulfités "nature". Quel dommage, mais on a frappé à la mauvaise porte pour ce genre de demande.

Bien sûr la dégustation s'arrête là. Les autres cuvées se dégustent avec les yeux et le porte-feuille! On est loin de la convivialité bourguignonne!

Conclusion

Les champennois sont imbattables du point de vue marketing. Ils savent véritablement vendre du rêve. Se perdre dans les dédales de craie à 20 mètres sous terre restera en effet une expérience inoubliable et pourra justifier aux yeux de certains acheteurs le prix prohibitif, incisif des cuvées. A copu sûr, il nous faudra revenir pour déguster des champagnes non dosés, "nature", droits comme des "I" dans une maison à taille humaine. Oui, je fais le rêve qu'elles existent...

(Toutes les photos ici).

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